La Tarentule au ventre noir

Disponible en 4K UHD et Blu-ray

© Carlotta Films

Du mondo au giallo, il n’y a qu’un pas et quelques lettres. Sous-genres majoritairement italiens, tous deux connaissent leur âge d’or dans les années 1960 puis 1970 et partagent un rapport complaisant à la mort, pensé pour nourrir les pulsions scopiques les plus diverses de leur public. Plus largement, ils s’inscrivent dans une logique de réemploi. Le premier se définit par l’utilisation d’images documentaires à des fins ouvertement sensationnalistes ; le second, pour sa part, se fonde sur un recyclage systématique de codes hyper-balisés – tueur ganté de cuir, échos expressionnistes, violence graphique, nudité, enquête policière – qu’il ne cesse de recomposer et de faire varier selon les attentes du marché et du spectateur.

Continuer à lire … « La Tarentule au ventre noir »

Maria

Actuellement au cinéma

©ARP-FilmNation

Pour un acteur ou une actrice, jouer dans un biopic est devenu un passage obligé dans le processus de starification. C’est l’occasion de construire son propre mythe tout en renforçant celui d’une autre figure d’envergure, dont le patronyme ou le nom de baptême sert bien souvent de titre au film. Pablo Larraín a offert cette occasion à Natalie Portman dans Jackie (2016) puis à Kristen Stewart dans Spencer (2022). C’est maintenant au tour d’Angelina Jolie de prêter son image à une icône du XXe siècle, la cantatrice Maria Callas, dans (le bien nommé) Maria.

Continuer à lire … « Maria »

Rencontre avec Kirill Serebrennikov  

© Arnaud Combe

Après La fièvre de Petrov et La Femme de Tchaïkovski, le cinéaste russe fait son retour avec la sulfureuse figure d’Édouard Limonov qui sied parfaitement à son cinéma. Fidèle à son style, Serebrennikov transcende les conventions du biopic pour offrir un portrait éclaté, en perpétuelle métamorphose du poète russe. Nous avons rencontré Kirill Serebrennikov pour revenir plus en détail sur son dernier film.

Pourquoi avoir choisi de porter à l’écran la vie d’Edouard Limonov ? Qu’est-ce qui fait de lui un personnage éminemment romanesque ?

C’est une proposition que j’ai reçue de mes producteurs italiens au début des années 2020, celle d’adapter le roman Limonov d’Emmanuel Carrère. Ce projet a maturé longtemps avant de pouvoir véritablement prendre forme. Nous avons démarré le tournage à Moscou avant que la guerre n’éclate et vienne suspendre le tournage pendant près de six mois. Finalement, le projet a dû être relancé en Europe, après l’exil de chacun. Le parcours du film, marqué par ces retards et ses longs déplacements, se révèle aussi complexe et tumultueux que celui de Limonov lui-même. 

Il s’agit donc d’une adaptation du roman d’Emmanuel Carrère mais vous avez toutefois fait le choix d’éclipser la représentation du tournant crypto-fasciste qu’il amorce à la sortie de ses deux ans de prison au mitan des années 2000. Qu’est-ce qui a motivé cette décision d’éluder cet aspect controversé de son existence ? 

Je tiens à souligner que mon film ne se veut pas un biopic, mais une adaptation du roman d’Emmanuel Carrère, publié en 2011, à une époque où Limonov n’avait pas encore amorcé son rapprochement avec Vladimir Poutine, notamment sur les questions de politique étrangère et de nationalisme, dans le contexte de l’Ukraine et de la Crimée. Bien que la dernière partie du film aborde le virage nationaliste de Limonov, il est essentiel de préciser que le Parti national-bolchévique qu’il a fondé a été interdit, et que la mention même de ce parti est prohibée en Russie. À cet égard, il convient de noter que la scène finale dans le bunker, a été tournée à Moscou, dans un contexte où l’on ne nous permettait pas de montrer l’emblème authentique du PNB, sous peine de représailles. Nous étions pleinement conscients que si nous avions enfreint cette interdiction, nous aurions risqué l’arrestation sur le lieu même du tournage. La partie liée à l’émigration et aux années d’exil m’intéressait davantage. Par conséquent, le film se concentre sur l’épopée new-yorkaise et la rupture avec Elena Shchapova, sa deuxième femme. 

Le personnage est remarquablement incarné par Ben Wishaw. Qu’est-ce qui a motivé le choix d’engager cet acteur pour incarner ce sulfureux personnage ?  

Continuer à lire … « Rencontre avec Kirill Serebrennikov  « 

Il Boemo

Au cinéma le 21 juin 2023

© Nour Films

C’est par une transaction que s’ouvre Il Boemo. Un misérable billet, glissé vers ce qu’il reste du célèbre Josef Myslivecek, compositeur adulé quelques années plus tôt, désormais aux abois, déchu, rongé par ses balafres syphilitiques qui l’on reconduit hors du « monde », dans l’ombre, sans le sou. Contre les affres du réel, et surtout de la bonne société viciée, hypocrite et matérialiste, que peut l’artiste et son amour de la beauté ? Hélas, pas davantage que ce qu’implique la condition d’un jeune métayer de Bohême en prises avec les élites d’une Venise décadente.

Continuer à lire … « Il Boemo »

Parsifal

Opéra Bastille

© Vincent Pontet

Pour un public d’habitués – ou, devrions-nous l’espérer, de passionnés – la nouveauté peut effrayer. Peu étonnant donc que la direction musicale de Parsifal par Simone Young peine à convaincre dans son entièreté. Pourtant, elle est loin d’être sans mérites : ses accélérations subites donnent ponctuellement une forme d’exaltation à la partition mystique de Wagner. Oscillant entre prudence réfléchie et impétuosité enfantine, le jeune Parsifal attend de devenir héros. L’orchestre est attentif, prompt à rendre aux emportements de fouge musicale toute l’intensité qu’ils réclament. 

Continuer à lire … « Parsifal »

James Gray à l’opéra

640_les_noces_de_figaro_vincent_pontet_1.jpg
Le cinéaste américain met en scène Les Noces de Figaro, son premier opéra ©Vincent Pontet

La fin d’année est chargée pour James Gray. Après avoir livré son odyssée de l’espace intime Ad Astra au mois de septembre, il met en scène un opéra pour la première fois, Les Noces de Figaro, qui se jouera du 26 novembre au 8 décembre au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris. Nous avons assisté à la conférence de présentation du spectacle, donnée vendredi 22 novembre en compagnie du metteur en scène.

Continuer à lire … « James Gray à l’opéra »