Si James Bond 007 contre Dr. No a esquissé les bases de l’univers bondien et Bons Baisers de Russie confirmé le savoir-faire d’EON Productions, c’est bel et bien Goldfinger qui acheva le mythe de l’espion britannique et entérina pour de bon sa mythologie. Retour sur le meilleur opus de l’ère Sean Connery.
Dix ans de prison n’ont pas fait passer à « Duke » Anderson l’envie de faire sauter des portes de coffres-forts. À peine a-t-il purgé sa peine que celui-ci met sur pied un nouveau coup : braquer un immeuble de luxe entier et ses riches locataires. Ce qu’il ne sait pas, c’est que la quasi-totalité de ses faits et gestes sont enregistrés.
Il est toujours difficile pour un acteur de se trouver cantonné à une seule et unique performance. Disparu avant-hier à 90 ans, Sean Connery l’avait bien compris et ne recula donc devant rien pour faire oublier James Bond. Quitte à devenir, le temps d’un bijou de polar signé Sidney Lumet, un antihéros particulièrement torturé.
La sortie de Peninsula, suite du mémorable Dernier train pour Busan (Yeon Sang-ho, 2016), replace les zombies au centre d’une actualité cinématographique qui leur fait de plus en plus de place. Le film de mort-vivant est un genre en renouveau : quatre films sélectionnés au festival de Cannes en 2019 les plaçait au cœur de leur propos. Depuis ses premières apparitions dans le cinéma de série Z (chez Edward Wood notamment) ou d’auteur (Vaudou de Jacques Tourneur, en 1943), le zombie inspire toujours plus de spectacle et de déclinaisons, parfois originales, pour le meilleur et pour le pire. S’il est souvent et pertinemment employé comme une allégorie pour dire les maux d’une société en crise, qu’il nous plonge dans la culture haïtienne ou dans un monde apocalyptique, il matérialise aussi une vision de l’homme qui le renvoie à sa propre décomposition. Mettons à l’honneur les films qui ont su exploiter cette figure en parcourant dix titres emblématiques, parmi ceux qui ont tracé des lignes définitives ou qui ont réussi à prendre d’autres directions.
« Le café et les cigarettes, ça va bien ensemble ». Cette sage sentence prononcée avec conviction par Roberto Begnini dans le premier des onze courts-métrages qui constituent Coffee and Cigarettes propose un bon résumé de l’ensemble du film : une suite de rencontres entre deux ou trois personnages autour d’une table, de deux tasses de cafés (ou plus) et de quelques cigarettes. Le casting est alléchant ; ce sont pour la plupart les acteurs fétiches du réalisateur qui viennent se prêter au jeu consistant à incarner, en le réinventant plus ou moins, leur propre personnage. Et le cocktail de nicotine, de caféine, et d’autodérision moulinées à la sauce Jarmusch fait des merveilles.
Avec Carol, nommé six fois aux Oscars en 2016, le prodige Todd Haynes accouchait d’un mélodrame intime et poignant, une œuvre d’une rare sensibilité portée par deux actrices en état de grâce.
Les obstacles auxquels se heurte un biopic, genre ayant donné des résultats pour le moins inégaux dans l’histoire du cinéma, semblent souvent les mêmes. On pourrait les synthétiser en une formule, le « paradoxe du biopic » : comment dramatiser la vraie vie d’un individu, si passionnante soit-elle, de façon à en tirer une œuvre ayant un intérêt cinématographique qui aille au-delà du documentaire ? Mais si elle est dramatisée, est-ce encore sa vraie vie ? Et si ce n’est plus sa vraie vie, est-ce encore un biopic ?
Le souffle court, les traits tirés, le regard mouillé de nostalgie : Cate Blanchett excelle en Blue Jasmine, qui demeure encore à ce jour le dernier grand film de Woody Allen.
« Les plus belles couleurs du monde ! » C’est ainsi que Jean Cocteau, président du jury à Cannes en 1954, manifesta son enthousiasme pour La Porte de l’Enfer, à qui il attribua la Palme d’or – alors appelée Grand Prix.
Le Nouvel Hollywood peut se définir comme la réponse américaine à la Nouvelle Vague française. Après une période de basse fréquentation des salles de cinéma dès la fin des années 50, les années 70 donnent à l’industrie un nouveau souffle en revendiquant une opposition au classicisme. Alors que des films comme Bonnie & Clyde (Arthur Penn, 1967), Le Lauréat (Mike Nichols, 1967) ou Easy Rider (Dennis Hopper, 1969) sont considérés comme les œuvres fondatrices de ce mouvement, ceux de Jerry Schatzberg se retrouvent régulièrement – et injustement – relégués au second plan.