
Au début des années 1930, Billy Wilder fuit Berlin alors qu’Hitler accède au pouvoir. Avant de s’exiler définitivement pour les Etats-Unis, il s’installe un moment à Paris. Journaliste et scénariste occasionnel jusque-là, il a le temps de réaliser son premier long-métrage, en 1934. Celui-ci apparaît comme une exception dans sa filmographie : Mauvaise Graine est le seul film que le cinéaste a co-réalisé (en l’occurrence avec le méconnu Alexander Esway), et surtout tourné en français. Si l’on on admet qu’il s’agit d’un film décevant au regard de ce qui viendra ensuite, le ton de ce premier long-métrage n’en est pas pour autant désagréable. Il commence par un panneau qui le place sous le signe de la légèreté : « Les gens heureux n’ont pas d’histoire. Il faut croire que ce n’est pas exact. Henri Pasquier est très heureux. La seule chose qui lui manque, c’est un nouveau klaxon… » L’histoire s’annonce donc assez anecdotique. Henri Pasquier, un fils de bonne famille, rejoint une bande de voleurs d’automobiles après avoir été privé de la sienne par son père… Certains acteurs plongent dans la caricature, les scènes s’enchaînent parfois avec maladresse, le dénouement est convenu. Mais Danielle Darrieux, âgée de 17 ans, insuffle au film un charme réel en interprétant la soeur de l’un des larrons, dont s’éprend le personnage principal. Le film vaut moins pour les enjeux de son récit que pour le plaisir cinéphile de déceler les premières aspirations du génial auteur qu’est Billy Wilder. Avec le peu de moyens dont il dispose (voir l’interminable séquence de la charrette), il parvient à tirer son épingle du jeu à travers quelques séquences de vitesse dans les rues du Paris. On sent alors un certain désir d’ivresse joyeuse…
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