Enola Holmes 2

Disponible sur Netflix

© Alex Bailey/Netflix

Deux ans après la sortie de son premier volet, le personnage haut en couleurs d’Enola Holmes fait son retour sur Netflix. Cette fois-ci, avec une enquête encore plus farfelue que la précédente, inspirée de la véritable lutte des allumettières londoniennes au début du siècle dernier. Un fond historique qui permet la réaffirmation de la relecture féministe de l’emblématique légende holmésienne. 

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Rencontre avec : Henrika Kull

© dafilms

Réalisatrice allemande, Henrika Kull était à Paris à l’occasion de la sortie de son deuxième long-métrage, Seule la joie. Nous avons pu la rencontrer et l’interroger sur cette histoire d’amour atypique entre deux travailleuses du sexe dans une maison close berlinoise.

Le film se déroule dans une maison close. Pourquoi avez-vous été attirée vers ce décor particulier ?

J’ai fait des études de sociologie et, en tant que sociologue, on est toujours intéressé par différents milieux. Ce n’est pas pour éprouver des sensations fortes, mais pour me rapprocher de ces gens, pour leur parler, pour essayer de comprendre un processus de stigmatisation à la fois très élémentaire et très complexe. Mon premier film était un court documentaire sur une maison close et après j’y suis revenue, pendant des années. L’endroit m’intriguait. Je ne cherchais pas à y trouver une histoire, mais quand j’y étais, je me disais que cet endroit devait figurer dans un film.

Comment travaille-t-on avec des acteur.rice.s au milieu d’un décor réel, c’est à dire avec en arrière-plan des non pas des figurants mais des personnes qui font leur travail ?

C’était un premier rôle pour les deux. Katharina, l’actrice de Sascha, avait déjà joué, mais jamais dans un long-métrage. En général, j’aime travailler avec des gens qui n’ont pas beaucoup d’expérience. On travaille ensemble sur la biographie des personnages, on va très loin dans leur histoire personnelle. C’est impossible de tourner de façon normale dans un environnement réel, avec des gens réels et toute une vie qui continue à se dérouler autour de nous. La façon de jouer est spécifique, très différente de ce que l’on trouve généralement dans un film de fiction.

Les corps représentés à l’écran sont différents de ceux que l’on a l’habitude de voir dans un film : Celui de Maria est tatoué, celui de Sascha, âgé par rapport aux standards de beauté de l’industrie. Même ceux des clients sont très variés. Qu’est-ce qui vous a donné envie de filmer ce genre de corps ?

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Seule la joie

Au cinéma le 2 novembre 2022

© Outplay

Un fast-food berlinois. En fond, des discussions inaudibles et des bruits de couverts. Deux femmes sont assises à une table. L’une d’elles, brune, un anneau dans le nez et des tatouages sur les bras, récite un poème.  »Mon mot pour famille n’est pas leur mot pour famille / Mon mot pour poésie n’est pas leur mot pour poésie. / […] Et je suis une femme en ce sens que je suis faite par dépit. » C’est dans ce décor trivial que la poésie est la plus belle, libre de prendre son envol et de sublimer le lieu comme les personnages.

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X

Au cinéma le 2 novembre 2022

© Kinovista

1979, en plein cœur de la campagne texane, un groupe de cinéastes amateurs désire réaliser l’œuvre qui fera d’eux des stars. Deux problèmes se posent : le couple auquel ils louent la maison du tournage se révèle bien antipathique, et ils veulent tourner un film pornographique.

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Jacky Caillou

Au cinéma le 2 novembre 2022

© Arizona Distribution

Jacky Caillou. Quelle est cette œuvre au titre qui interpelle ? En amont de la projection, notre imagination divague déjà, tachant de concevoir ce que provoquerait un mélange entre le tuning et la culture beauf qu’évoque ce prénom d’une part, et le reflet de simplicité et d’innocence assimilé au prosaïque élément, nom antonomastique, d’autre part. Notre intuition est – presque – bonne (amateurs d’automobile, férus de véhicules à l’esthétique douteuse, friands de voitures aux accessoires inaccoutumés, passez votre chemin), le film repose pleinement sur des jeux d’oppositions.

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Close

Au cinéma le 2 novembre 2022

© Kris Dewitte

C’est entre des champs remplis de fleurs, le lycée et une chambre que se déroule l’histoire d’une amitié sans bornes, comme on peut en connaître au sortir de l’enfance, à la lisière du monde adulte. Rémi et Léo ont treize ans, l’âge des possibles, des jeux empreints de réalité : ils se dissimulent dans une cachette, croient entendre des voix, puis enfourchent leur vélo et filent sur la route, le souffle court, emportés par le vent.

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Le Serment de Pamfir

Au cinéma le 2 novembre 2022

© Condor Distribution

Dmytro Sukholytkyy-Sobchuk réalise avec Le Serment de Pamfir, sa première fiction, une descente aux enfers dans les confins d’une Ukraine rurale.

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Amsterdam

Au cinéma le 2 novembre 2022

© The Walt Disney Company

« A lot of this really happened » s’écrit en lettres blanches au début du nouveau film de David O. Russell, une fantaisie d’abord bienvenue qui prend finalement la forme d’une certaine désinvolture de l’auteur face à son sujet et provoque l’ennui.

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Mascarade

Au cinéma le 1er novembre 2022

© Les Films du Kiosque – Pathé films – Sofinergie Capac – TF1 Films Productions – Fils Prod – Hugar Prod – Umedia

Depuis son superbe Monsieur & Madame Adelman, premier long-métrage surprenant de justesse, Nicolas Bedos semble sur une pente glissante, comme si chaque nouvel exercice, aussi intéressant soit-il, cherchait à retrouver sans succès la recette de cet unique coup d’éclat. Passé un OSS 117 inégal ressemblant plus à un film de commande qu’autre chose, l’auteur revient enfin à un projet original et se dirige cette fois-ci vers la Côte d’Azur, son univers bourgeois et ses petits jeux de manipulation.

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Lacombe Lucien

1974 / Ressortie à l’été 2023

© IMDb

Le cinéma est une affaire de point de vue et Louis Malle, cinéaste éclectique aux mille regards, l’a toujours compris. En 1974, trois ans après le déjà controversé Le Souffle au cœur, le cinéaste français provoque une nouvelle polémique avec Lacombe Lucien, portrait d’un jeune paysan travaillant pour la Gestapo durant la Seconde Guerre Mondiale. Le cinéaste, poussé à l’exil, quitte la France. Son œuvre, elle, continue d’animer les débats et n’a encore aujourd’hui rien perdu de sa force.

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