De nos frères blessés

Au cinéma le 23 mars

Vincent Lacoste et Vicky Krieps © Diaphana

Avec De nos frères blessés, Hélier Cisterne réalise son deuxième long métrage après Vandal (2013). À l’origine du film, un roman et un homme : dans son premier livre du même nom, l’écrivain Joseph Andras exhumait la trajectoire oubliée (et pourtant peu ordinaire) de Fernand Iveton, un pied noir qui s’est battu pour l’indépendance de l’Algérie dans les années 1950.

Continuer à lire … « De nos frères blessés »

L’Histoire de ma femme

Au cinéma le 16 mars 2022

Gijs Naber et Léa Seydoux © Pyramide Films

« Femme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes », eût pu tout aussi bien écrire Baudelaire dans son poème L’Homme et la mer. Cette vérité, le capitaine Jakob Storr la découvrira tout au long de ses années de mariage et au-delà, sans jamais parvenir à la conjurer. L’Histoire de ma femme est une histoire d’abîmes, une histoire trouée, fruit du regard d’un mari qui, à l’image de ces vues à travers des hublots, semble poser un cache sur le réel.

Continuer à lire … « L’Histoire de ma femme »

Medusa

Au cinéma le 16 mars 2022

©  Wayna Pitch

Le second long métrage d’Anita Rocha da Silveira propose un savant mélange de genres pour dénoncer un extrémisme masqué. Que se passe t-il lorsque les femmes – armées d’une puissante volonté émancipatrice – se retournent vers leurs semblables ? Une perte de sens, de valeurs, de cohésion. Glaçant. 

Continuer à lire … « Medusa »

À plein temps

Au cinéma le 16 mars 2022

© Haut et Court

Second long métrage du réalisateur franco-québécois Éric Gravel, À plein temps est une de ces perles dissimulées qui se révèlent peu à peu à l’œil du spectateur.

Continuer à lire … « À plein temps »

Ma Nuit

Au cinéma le 10 mars 2022

© Epicentre films

La recette est simple : après avoir choisi une histoire de romance éculée, incorporez des thèmes universels qui, si formulés élégamment, donnent l’illusion de l’intime, incluez des marqueurs d’époque, opposez plans composés à caméra portée, diluez quelques questions de sociétés pour montrer votre éveil aux problématiques contemporaines, saupoudrez de quelques gros plans d’une jeune actrice inconnue et inexpressive. Voilà, votre film pseudo-générationnel est prêt !

Continuer à lire … « Ma Nuit »

The Housewife

Au cinéma le 9 mars 2022

© Art House

Toko, femme au foyer, est une épouse réservée et obéissante. Son mari la délaisse et lui délègue la responsabilité de leur fille. Lorsque Toko tombe par hasard sur un ancien amant, qui l’incite à reprendre son métier d’architecte, tout son mode de vie se voit remis en question.

Continuer à lire … « The Housewife »

La Légende du roi crabe

Au cinéma le 23 février 2022

Gabriele Silli © Shellac Sud

Au cinéma, il arrive que l’on déniche quelques bijoux insoupçonnés. La Légende du roi crabe, servi par un titre peu séduisant et une visibilité médiatique proche du néant, comme il est de coutume hélas pour ce cinéma aux ambitions non commerciales, est de ces œuvres inattendues qui ravissent, étonnent, procurent cette émotion rare que vise toute œuvre d’art. Dans ce qui est leur premier long-métrage de fiction, les réalisateurs Alessio Rigo de Righi et Matteo Zoppis parviennent, au sein de la forme a priori mineure du conte traditionnel, à générer une indéniable force romanesque.

Continuer à lire … « La Légende du roi crabe »

Rencontre avec : Alain Guiraudie

© France Télévision

Alain Guiraudie déboule sur la scène du cinéma français au début des années 2000. À travers une exploration pittoresque du territoire français, il nous propose des personnages aussi touchants qu’inquiétants. Le cinéaste provoque visions mystiques et rires francs avec la même impudence. Son nouveau long-métrage Viens je t’emmène sort ce mercredi au cinéma.

Quel était le point de départ de Viens je t’emmène ? Était-ce plutôt les attentats ou cette notion de vivre-ensemble ? 

Alors ça, ça m’est toujours dur d’y répondre… Pourtant, la question revient beaucoup ! Je pense que je voulais faire un film sur l’époque. On ne peut pas dire que mes films soient d’une actualité brûlante donc là, je m’étais dit qu’il fallait en parler. Je pense aussi que les attentats ont été un gros traumatisme et je me demande toujours pourquoi on arrive pas à en parler, de ces traumatismes. Pourquoi on a mis tant de temps à parler du sida, par exemple ? Moi le premier, d’ailleurs. Je n’ai jamais vraiment traité le sujet, je l’ai évoqué. Les attentats, depuis New York en 2001, ce sont aussi des événements qui impriment nos vies. Tout comme la réduction des libertés qu’ils entrainent… C’était important d’en parler mais pas que de ça. De toute façon, je ne sais pas prendre un sujet et le traiter, ça ne m’intéresse pas vraiment. L’idée était de parler de l’époque, avec mon regard à moi, un peu singulier.

Il est en effet difficile de rattacher vos films à un genre précis. On aurait du mal à les définir exclusivement comme des comédies, des films à enquête ou encore comme des satires sociales. Comment l’expliquez-vous ? 

Je pense que j’ai toujours hésité. Depuis que j’ai commencé à avoir l’idée de faire du cinéma, j’ai toujours hésité entre faire des films sociaux ou politiques. Le cinéma politique m’a toujours intéressé, ainsi que les comédies ou les films fantaisistes… Dans mes goûts, quand j’étais jeune adolescent, il y avait Yves Boisset ou Costa-Gavras d’un côté et Luis Buñuel et David Lynch de l’autre. Luis Buñuel était un vrai exemple pour moi, dans le sens où il arrivait à relayer du social, une forte teneur politique avec quelque chose de l’ordre du surréalisme, de la fantaisie et de la joyeuse déconnade aussi ! Je pense que c’est ça qui m’a conduit à ce mélange. Très tôt je me suis dit : « il me faut de l’air, il me faut un ailleurs, il me faut un cinéma qui me laisse entrevoir un peu plus que juste une réalité sociale ». Notre petit quotidien, c’est assez chiant ! J’ai envie d’être sérieux, j’ai envie de me marrer : j’ai envie des deux.

Cela prend parfois une forme ludique, presque comme un conte.

Oui, il faut s’amuser. Vous savez, normalement, il y a des séquences obligatoires pour qu’on comprenne la chose. Mais j’essaie de m’en passer. Car je me suis toujours dit que si des séquences qui m’emmerdaient, je ne les écrirais pas.

Une chose dont vous semblez ne pas pouvoir vous passer c’est le territoire. Il occupe une place centrale dans votre cinéma : Pas de repos pour les braves dans le sud-ouest, Albi avec Le roi de l’évasion ou le Cap d’Agde pour L’inconnu du lac, et Rester vertical en Lozère. Là nous sommes à Clermont-Ferrand, pourquoi avoir choisi cette ville ? 

Continuer à lire … « Rencontre avec : Alain Guiraudie »

Viens je t’emmène

Au cinéma le 2 mars 2022

Jean-Charles Clichet et Noémie Lvovsky © Les Films du Losange

Le cinéma d’Alain Guiraudie est souvent associé aux territoires qu’il filme : une enquête qui remue les milieux gays naturistes du cap d’Agde, une histoire d’amour périurbaine aux alentours d’Albi ou encore une forme de mysticisme de la solitude dans la Lozère. Ce film ne fait pas exception. Voici la comédie noire dans la ville grise. 

Continuer à lire … « Viens je t’emmène »

The Batman

Au cinéma le 2 mars 2022

Les nouveaux interprètes de Catwoman (Zoë Kravitz) et Batman (Robbert Pattinson) © Warner Bros Pictures

Le Batman de Matt Reeves s’annonçait prometteur : plus sombre, plus moderne, plus dense esthétiquement. La première séquence est à l’image de ces promesses. Ce que Batman inspire c’est avant tout de la peur. Il n’est pas justice, il est vengeance. C’est dans cet état d’esprit que nous apparait le Batman de Robert Pattinson. Encore faut-il l’entrevoir, tapi dans l’ombre. Figure imposante et terrifiante. Gotham perpétue une incassable chaine de paranoïa et de violence : les honnêtes gens ont peur des criminels, les criminels ont peur de la chauve-souris. Mais qui aura le plus peur ?

Continuer à lire … « The Batman »