Le cinéma d’Alain Guiraudie est souvent associé aux territoires qu’il filme : une enquête qui remue les milieux gays naturistes du cap d’Agde, une histoire d’amour périurbaine aux alentours d’Albi ou encore une forme de mysticisme de la solitude dans la Lozère. Ce film ne fait pas exception. Voici la comédie noire dans la ville grise.
Le Batman de Matt Reeves s’annonçait prometteur : plus sombre, plus moderne, plus dense esthétiquement. La première séquence est à l’image de ces promesses. Ce que Batman inspire c’est avant tout de la peur. Il n’est pas justice, il est vengeance. C’est dans cet état d’esprit que nous apparait le Batman de Robert Pattinson. Encore faut-il l’entrevoir, tapi dans l’ombre. Figure imposante et terrifiante. Gotham perpétue une incassable chaine de paranoïa et de violence : les honnêtes gens ont peur des criminels, les criminels ont peur de la chauve-souris. Mais qui aura le plus peur ?
« Le cinéma de… » propose à une personnalité qui n’est pas issue du monde du cinéma de se confier sur ses goûts à travers un questionnaire. Pascal Ory, historien et membre de l’Académie Française, est notre invité ce mois-ci. Son dernier ouvrage, l’essai historique De la haine du juif, est paru l’année dernière.
« Le cinéma de… » propose à une personnalité qui n’est pas issue du monde du cinéma de se confier sur ses goûts à travers un questionnaire. Rebeka Warrior, actuellement en tournée avec Mansfield.TYA pour l’album Monument ordinaire, est notre invitée.
Anne ne veut pas faire de sa vie un sacrifice. Elle ne peut pas garder l’enfant qu’elle porte et doit trouver une solution, alors que ses examens approchent et que l’avortement, en 1963, est illégal.
Les films-concepts sont souvent séduisants, promesses d’une tension forte et d’une mise en scène capable de réinventer leur point de départ. Loin de cet idéal du genre, Méandre en résume toutes les limites et ferait presque passer Cube (Vincenzo Natali, 1997) pour un chef-d’œuvre.
Des nouvelles de Guy Marchand ! L’inénarrable acteur et chanteur sort ce mois-ci son quatorzième album, Né à Belleville, dans lequel il interprète avec sa belle voix profonde des titres originaux, accompagné par un groupe de jazz. L’occasion de lui passer un coup de téléphone pour interroger son rapport au passé et au présent, lui qui a laissé une trace indélébile dans le paysage cinématographique (Loulou de Maurice Pialat, Garde à vue de Claude Miller), télévisuel (8 saisons de Nestor Burma) et musical (depuis la sortie de La Passionata en 1965 avant le tube Destinéeen 1982). Conversation en toute sincérité.
A quelle envie répond l’enregistrement de votre nouvel album ?
À l’envie de faire de la musique, à un moment de ma vie. Et pour ne pas toujours rester sans rien faire ! La musique a toujours été une envie. Ce disque est né d’une rencontre avec le musicien Ludovic Beier, un virtuose, qui aimait bien ma voix grave et m’a demandé si j’étais disponible. Alors j’ai sauté sur l’occasion.
C’est un album très autobiographique, que vous avez appelé Né à Belleville… À quoi ressemblait le Paris dans lequel vous avez grandi ?
La rue de Belleville d’aujourd’hui ne ressemble pas tout à fait à celle de mon enfance, mais elle n’a pas tellement changé non plus. Le cinéma a disparu, et le théâtre de Belleville a été remplacé par un supermarché, un vrai scandale. Mais la rue est toujours là, elle monte tout le temps jusqu’à Télégraphe, tout en haut. J’y ai mes premiers comme mes derniers souvenirs.
C’est là-bas que votre rencontre avec la musique a eu lieu ?
En Pennsylvanie, l’avortement des mineures ne peut pas avoir lieu sans l’aval des parents. Lorsqu’Autumn, 17 ans, découvre qu’elle est enceinte, elle n’a d’autre choix que de quitter sa région natale pour rejoindre New York où l’opération semble moins contraignante.
Au début des années 1930, le journaliste gallois Gareth Jones (James Norton) vient de publier un reportage sur Adolf Hitler, rencontré au cours d’un voyage en avion. Avec aplomb, il ambitionne d’interroger Joseph Staline, alors que la presse internationale loue la modernité du système nouvellement mis en place en Russie. Il se pose une question décisive : d’où vient tout l’argent qui transforme le pays, paré pour une guerre éventuelle ? Visa en poche pour se rendre à Moscou, il s’apprête à découvrir les terribles dessous du régime.
Les films de Martin Provost parviennent toujours à exhumer les histoires de personnalités oubliées, moins connues que nombre de leurs contemporains, pour leur offrir un écrin romanesque et saluer leur mémoire. On se souvient de Séraphine (2008), qui racontait l’histoire d’une peintre internée dans un asile, et de Violette (2013), biographie sur vingt ans de la romancière Violette Leduc. Cette fois, ce n’est pas une personne mais une institution dont le réalisateur nous rappelle l’existence : les institution ménagères, où les jeunes filles apprenaient à devenir des épouses modèles.