Un poète passe un séjour de longue durée dans un hôtel. On pourrait croire qu’il est ici pour trouver l’inspiration, d’autant plus que l’étendue enneigée qui encercle le bâtiment est propice au calme et au travail, ressemblant à une page blanche. En réalité, cet homme attend ses deux fils car il sent la fin de sa vie approcher.
Alors que Yakov tente de s’émanciper de la communauté juive orthodoxe, il accepte, par besoin financier, d’assurer la veillée funèbre d’un autre membre décédé de cette communauté.
La comparaison entre le film La Isla Minima (2014) d’Alberto Rodriguez et la série True Detective était inévitable. Si des similitudes dans l’ambiance visuelle aussi bien que dans l’intrigue sont indéniables, La Isla Minima avait su se démarquer brillamment de la série à succès sortie la même année. Impossible d’en dire autant de Lands of Murders de Christian Alvart.
Signe d’un changement contemporain, les films de taxis sont devenus des films de VTC. Les réalisateurs s’attacheraient, désormais, non plus à faire le portrait d’une ville à travers une multiplicité de rencontres, mais à constater la situation précaire des chauffeurs privés. C’est le cas de Frédéric Farrucci dont le premier film, La Nuit venue, raconte le destin d’un conducteur chinois sans papiers.
« Algérie 1994. » L’ensemble des informations de contextualisation du film est contenu dans ce panneau par lequel s’ouvre Abou Leila. On n’en saura pas plus, si ce n’est que le titre fait référence au nom d’un dangereux terroriste que deux hommes doivent retrouver dans le Sahara. Entre quête impossible et peinture d’une époque où le terrorisme atteignait un point de non-retour, le film nous mène sur les rives de la folie et du danger.
Sans être fondamentalement honteux, The Old Guard n’est rien de plus qu’un film d’action terriblement anecdotique, consensuel et aseptisé, pensé avant tout comme le point de départ d’une hypothétique franchise que comme un film à part entière.
Un sac Louis Vuitton contenant une somme remarquable d’argent est retrouvé dans les vestiaires d’un sauna : c’est le point de départ de Lucky Strike, premier long métrage de Kim Yong-Hoon. Ce sac est l’unique constante du film : il en est le début et la fin. Les personnages se succèdent mais l’argent demeure. Si lui reste intact, c’est un destin bien néfaste qui attend ceux qui s’y intéressent.
C’est un sentiment de décalage assez plaisant lorsqu’on regarde un film se déroulant dans un monde enneigé alors que l’on est en été. Le temps de la projection, on se retrouve aux antipodes de notre environnement réel. C’est le cas, d’un point de vue climatique mais pas seulement, de Malmkrog de Cristi Puiu, dont l’action se situe au cœur de la Transylvanie, en plein hiver. Nous ne verrons pas beaucoup l’extérieur glacé, mais nous resterons à l’intérieur du manoir tout aussi froid de Nikolai, riche propriétaire qui a pour habitude de recevoir des amis aristocrates, avec lesquels il s’entretient sur des sujets de société. Le parti-pris est aride, intransigeant : filmer leurs discussions durant plus de trois heures.
En 1974, le groupe suédois ABBA remporte l’Eurovision. Devant son poste de télévision, le jeune Lars est subjugué. Depuis ce jour, il n’aura plus qu’une seule idée en tête : participer lui aussi à ce concours musical.Avec son amie d’enfance Sigrit, Lars répète jour et nuit la chanson qu’ils espèrent un jour interpréter sur scène. Dans leur petit village en Islande, les deux musiciens sont la risée des autres habitants et la honte de leurs familles. Jusqu’à ce que, sur un concours de circonstances assez grotesque, ils soient sélectionnés à l’Eurovision pour représenter leur pays.
Présenté en compétition à Sundance, le curieux Jumbo, premier long-métrage de la cinéaste belge Zoé Wittock, débarque enfin dans nos salles. Un objet de curiosité qui s’annonce déjà comme la petite bizarrerie de cet été et confirme, malgré certaines faiblesses, l’inventivité d’un certain cinéma francophone.