Les films-concepts sont souvent séduisants, promesses d’une tension forte et d’une mise en scène capable de réinventer leur point de départ. Loin de cet idéal du genre, Méandre en résume toutes les limites et ferait presque passer Cube (Vincenzo Natali, 1997) pour un chef-d’œuvre.
Figure incontournable du shônen (le manga pour adolescents), l’arrivée sur grand écran de Conan Edogawa ravivera sans doute la nostalgie de bon nombre de grands enfants, déjà impatients de résoudre avec lui sa prochaine enquête. Las, il faudra pour cela passer outre les très nombreuses faiblesses d’un film en retard sur son temps.
Pour venger sa meilleure amie qui s’est donnée la mort après avoir été violée, Cassandra (Carey Mulligan) entreprend de donner une bonne leçon à la gente masculine. Pour ce faire, elle feint d’être considérablement alcoolisée, jusqu’à ce qu’un homme profite de son état. Elle lui révèle alors sa sobriété et l’oblige à se rendre à l’évidence : il s’apprêtait à la violer.
Serions-nous au début du premier épisode de Twin Peaks ? Un corps inerte est étendu sur la plage. Est-ce le cadavre de Laura Palmer ? En aucun cas : c’est un type enroulé dans son sac de couchage, en train de dormir sur le sable. Il s’appelle Manu et son pote Jean-Gab vient le chercher pour une mission. Une vraie mission de mafieux : il faut remettre une valise remplie de billets à un homme mystérieux.
« Si t’avais été acteur dans les années soixante, t’aurais pas arrêté d’enchainer les films ». Jérémie est comédien mais sa carrière ne décolle pas. Il est en couple mais la jalousie le prive de tout bonheur. Une certaine lassitude commence à se faire sentir, sans pour autant être accompagnée d’une quelconque résignation. Révélé au grand public dans la série Dix pour cent, l’acteur Nicolas Maury se transforme en auteur-réalisateur. Son premier film Garçon Chiffon est un roman d’apprentissage filmé, doux et mélancolique.
Une femme (Mélanie Laurent) se réveille dans une unité cryogénique sans aucune possibilité d’en sortir. Est-elle malade, victime d’une expérience scientifique, prisonnière de son plein gré ? Elle l’ignore et se trouve d’autant plus isolée qu’elle a oublié son identité. Deux objectifs conduisent alors en même temps le suspense: déceler les raisons de son enfermement à travers la reconstitution du puzzle de son vécu, et trouver une solution pour s’en sortir alors que la réserve d’oxygène décroît à grande vitesse…
On avait fini par l’oublier. Celui qui avait signé RoboCopet Total Recalln’était pas américain mais néerlandais. Cela nous est revenu quand l’éternel franc-tireur, plus vraiment en odeur de sainteté à Hollywood qui avait pourtant fait sa gloire, a décidé de revenir dans son pays natal. Un retour plus ou moins forcé mais qui témoigne aussi de sa volonté farouche de rester libre, envers et contre tous. La preuve, en ironie : pour fêter ses retrouvailles avec les Pays-Bas, il signe en 2006 ce film qui raconte une page très sombre et honteuse de l’histoire du pays, à savoir les années d’Occupation. Gonflé, le type. Paul Verhoeven n’a décidément pas froid aux yeux. Il ne s’arrête pas devant l’obstacle, il peut foncer et changer de vie, pourvu que la nouvelle en vaille la peine. C’est un peu la morale de Rachel Stein (Carice van Houten), formidable héroïne, à la fois Mata Hari, justicière et femme fatale.
Mal connu et peu commenté, La Chair et le Sang est un pivot dans l’œuvre de Paul Verhoeven. Les Pays-Bas, où il a réalisé ses premiers films, ne lui permettaient plus de satisfaire ses ambitions de metteur en scène, contrairement aux Etats-Unis qui s’apprêtaient à l’accueillir. Ce film malade du milieu des années 1980 est une transition entre ces deux moments : il vise l’ampleur d’une grande fresque historique située en Europe, issu d’une production américaine, réalisé avec une équipe technique internationale et tourné en Espagne, tandis que sa distribution fait le pont entre les deux continents (Jennifer Jason Leigh et Rutger Hauer sont les protagonistes).
Après RoboCop et Totall Recall, Paul Verhoeven continue sa tournée américaine. Mettant en suspend pendant quelques années les intrigues de science-fiction, il s’attaque au thriller érotique. Et le cinéaste touche juste car, malgré les vives réactions qu’il suscita pour ses scènes sulfureuses, Basic Instinct fut un succès critique et commercial absolument fulgurant.
Troisième et dernière œuvre de science-fiction de Paul Verhoeven, Starship Troopers (1997) clôt dans la carrière du réalisateur un mouvement entamé avec Robocop (1987) puis Total Recall (1990). Si continuer à explorer le genre au-delà l’aurait sans doute condamné à se répéter, Verhoeven parvient dans cette ultime tentative à un aboutissement conceptuel parfaitement logique. Trouvant fasciste le roman que lui présente son scénariste Edward Neumeier (Étoiles, garde à vous ! de Robert A. Heinlein), et plutôt que de vider le récit des éléments qui le dérange, Verhoeven prend la très intelligente décision d’au contraire les exacerber pour en faire le propos même de son film.