Consent

Harold Pinter Theatre

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Clare Foster (Zara), Stephen Campbell Moore (Edward) et Lee Ingleby (Tim) © Johan Persson

La pièce écrite par Nina Raine en 2017 avait connu un grand succès lors de sa première production au National Theatre la même année. Elle est ce mois-ci reprise au théâtre Harold Pinter pour dix semaines seulement. L’auteur britannique met en scène deux couples mariés Jake et Rachel d’un coté, Edward et Kitty de l’autre. Au quatuor d’amis s’ajoutent Zara et Tim. La plupart travaille ensemble dans le monde de la justice et vont être confrontés à Gayle, une jeune femme victime de viol. Cette affaire va être le point de départ de plusieurs débats mouvementés au sein du groupe. Leurs vies personnelles commencent alors à tomber en morceaux sous les répercussions de leurs problèmes professionnels. Les personnages voient leur certitudes se détruire et sont mis au défi d’avoir assez de courage pour se remettre en question. 

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The Child in Time

Sur Canal+ le 28 mai 2018

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Benedict Cumberbatch (Stephen Lewis) © BBC One

Basé sur le livre de Ian McEwan du même titre, The Child in Time raconte l’histoire de Stephen Lewis, un écrivain pour enfants dont la vie bascule lorsque sa fille de quatre ans disparaît. Le téléfilm de Julian Farino, connu pour son travail sur la série Entourage, produit par la BBC se centre sur les différentes étapes du deuil et leur répercutions sur la vie personnelle et professionnelle des protagonistes.  Continuer à lire … « The Child in Time »

Le Limier

Sur Arte le 28 mai 2018

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Après le tournage de Cléopâtre, Mankiewicz avait déclaré qu’il ne réaliserait plus qu’un film avec deux acteurs dans une cabine téléphonique. C’est presque chose faite avec Le Limier, huis-clos avec lequel il termine volontairement sa carrière (il meurt vingt ans plus tard). Dans cet ultime film, le réalisateur d’Ève et Jules César resserre son terrain de jeu cinématographique à l’extrême, à la limite de la théâtralité. Le Limier est une tragédie en trois actes. Trois coups de théâtre, un lieu, deux personnages. L’un est un écrivain reconnu et bourgeois, l’autre est un coiffeur issu d’une famille d’immigrés italiens. Andrew Wike (Laurence Olivier) et Milo Tindle (Michael Caine) se rencontrent pour la première fois mais se connaissent pour une simple (mais déconcertante) raison : Milo vient demander à Andrew la permission d’épouser sa femme Marguerite dont il est l’amant. Pourquoi devaient-ils se rencontrer ? Andrew a invité Milo dans sa somptueuse demeure pour lui proposer un marché : simuler un vol de bijoux. Milo les revendra et pourra alors répondre aux goûts luxueux de sa nouvelle compagne, et Andrew empochera l’argent de l’assurance.

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Leto

Au cinéma le 5 décembre 2018

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©Kinovista/Bac Films

Sur une plage, des jeunes dansent autour d’un feu. Ils chantent, échangent, improvisent des refrains sur leurs guitares. Une euphorie de musique et de liberté à laquelle se joint un garçon de 19 ans : Viktor Tsoï, aux faux airs de Jimmy Page et Jim Morrison, qui s’apprête à devenir une légende du rock soviétique au moment de la pérestroïka. On est à Leningrad, en 1981, et les élans créatifs de la jeunesse sont freinés par l’austérité régnante, l’anti-américanisme et la censure. Face à cela, Viktor, véritable icône nationale (il est encore très aimé aujourd’hui en Russie), romantique et amoureux de musique, incarne avec Mike, rocker qui le prend sous son aile, à la fois son influence et son rival, et Natasha, leur muse, tous incarnés avec grâce et charisme, une génération pressée d’exister et décidée à ne jamais cesser de s’exprimer.

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Rencontre avec : François de Brauer

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© Victor Tonelli

Dans La Loi des prodiges, François de Brauer incarne seul et minutieusement une panoplie de personnages pour nous raconter l’histoire de Rémi Goutard, un député qui cultive une haine sans pareil des artistes. Un spectacle merveilleux porté par un comédien épatant, qui affichait complet à Paris au théâtre de La tempête le mois dernier et entame actuellement une tournée en France.

Est-ce qu’il y a beaucoup d’éléments autobiographiques dans le spectacle ? 

Fatalement quand tu écris, il y a toujours une part autobiographique pour que cela soit ancré dans quelque chose d’intime, même si tu pars dans des univers délirants. En plus, le seul en scène c’est très particulier, c’est exposer sa sensibilité radicalement. Si tu ne fais pas ça en tant qu’auteur et interprète, tu passes un peu à coté de l’exercice du seul en scène je trouve. J’ai improvisé par rapport à ces codes autobiographiques parce que j’ai été un spectateur totalement idolâtre de Philippe Caubère. C’est un acteur et auteur qui travaille sur ce mode la, il joue beaucoup de personnages tout en racontant sa vie. Alors assez rapidement, j’avais envie de me démarquer de ce maître et de raconter une histoire qui ne soit pas la mienne. Vraiment créer des personnages, les caractériser, structurer une histoire sur une longue période de vie. J’avais envie de ce côté épopée et biopic. Ça me paraît être la convention d’aujourd’hui pour faire un seul en scène d’être dans l’autobiographie. C’est un peu une facilité, dans le sens où tu te débarrasses du soucis d’imaginer. Moi je n’avais pas envie de me faciliter le travail et même, au contraire, je voulais me compliquer la tâche en me disant que j’allais imaginer toute une histoire. J’avais aussi des prétentions d’écriture de fiction depuis longtemps que je n’arrivais pas à mener à bien. Mais je crois que c’est parce que je n’avais pas encore trouvé ma manière d’écrire, qui se fait en jouant. 

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Ithaque, Notre Odyssée 1

Théâtre de l’Odéon

Saison 2018-19 Théatre de l'OdeonITHAQUE Our Odyssey 1 by Christiane Jatahy  inspired by Homer’s work with Karim Bel Kacem, Julia Bernat, Cédric Eeckhout, Stella Rabello, Matthieu Sampeur, Isabel Teixeira
© Elizabeth Carecchio

On avait déjà pu voir le travail de Christiane Jatahy à la Comédie Française l’année précédente avec La Règle du Jeu, basée sur le film de Renoir. la metteur en scène brésilienne revient cette année avec Ithaque, Notre Odyssée 1 à L’Odéon. Nouvelle pièce encore une fois dite « immersive », ayant pour origine l’Odyssée d’Ulysse. Cependant pour Ithaque, ce n’est pas vraiment une immersion au sens propre du terme, les spectateurs ne sont pas introduit dans un autre univers ou époque et ne participent pas à l’intrigue. Ici, ils sont uniquement pris comme témoins et les acteurs s’adressent à eux dans leur capacité de spectateurs. Pas de quatrième mur donc pour cette transposition de l’Odyssée à notre époque. 

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La mort de Staline

Au cinéma le 4 avril 2018

 

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Rupert Friend (Vasily Stalin), Michael Palin (Vyacheslav Molotov), Jeffrey Tambor (Georgy Malenkov), Steve Buscemi (Nikita Khrushchev), Jason Isaacs (Field Marshal Zhukov) © IFC Films

Basée sur le comic book du même titre, écrit par Fabien Nury et Thierry Robin, la comédie raconte l’histoire de La mort de Staline et les moyens employés par sa garde rapprochée afin d’obtenir le poste vacant de Secrétaire Général de l’URSS. Le film, typiquement « British », d’Armando Iannucci est délicieusement déjanté et différent.

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Amadeus

National Theatre

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Adam Gillen (Wolfgang Amadeus Mozart) et Lucian Msamati (Antonio Salieri) © Marc Brenner

Grâce à son succès l’année dernière, la pièce Amadeus, écrite par Peter Shaffer, est reprise au National Theatre cette année. La biographie romancée de Mozart et l’histoire de sa relation avec son rival Salieri, avait déjà inspirée le réalisateur Milos Forman pour son film Amadeus, sorti en 1984. Le film, dont Shaffer avait écrit le scénario, avait connu un grand succès, remportant huit Oscars, dont celui de meilleur film, ainsi que le César du meilleur film étranger. Difficile, donc, de ne pas, dans un certain sens, proposer une reproduction de l’oeuvre cinématographique sur scène. Plus difficile encore de s’en inspirer tout en créant quelque chose de nouveau. C’est pourtant pari gagné pour le metteur en scène Michael Longhurst.

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L’Île aux chiens

Au cinéma le 11 avril 2018

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© Twentieth Century Fox

Lorsqu’une épidémie de grippe canine frappe la ville de Megasaki le maire decide de mettre tous les chiens en quarantaine à l’écart sur une île. Atari, un jeune garçon, se lance alors dans un périple afin retrouver son fidèle chien Spots. Après Fantastic Mr. Fox, le deuxième long métrage d’animation du réalisateur américain est une vraie réussite. Le film qui a ouvert le festival de Berlin cette année, et permis à Wes Anderson de remporter le prix du meilleur réalisateur, est une fable touchante qui plaira à tous les ages.

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Rencontre avec : Michaël Hirsch

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Michaël Hirsch © Studio Ledroit Perrin

Michaël Hirsch régale le public du Studio des Champs-Elysées avec son spectacle Pourquoi ?, un seul en scène enjoué sur un personnage qui se pose constamment des questions. Pour l’occasion, le comédien a accepté de répondre aux nôtres.

Quel a été ton parcours ?

Je suis né et j’ai fait toute ma scolarité à Metz, jusqu’à mes vingt ans. Puis j’ai fait une prépa HEC et une école de commerce à Reims. Je me suis rendu compte, pendant mon année de césure, qu’en fait ce n’était pas trop ce que j’avais envie de faire. J’adorais raconter des histoires mais pour une cause qui me paraissait juste. Ça faisait déjà un petit bout de temps que je faisais du théâtre et j’avais commencé à écrire dès le moment où j’avais mis le pied dans l’entreprise, comme si quelque chose en moi n’était pas tout à fait comblé. Puis sur un concours de circonstances, en école de commerce, mon directeur est tombé sur des textes que j’écrivais, il m’a demandé si c’était ce que je voulais faire de ma vie et j’ai répondu que je ne savais pas exactement. Alors il a ouvert le grand amphithéâtre de l’école pour moi et m’a dit « voila, ton premier spectacle tu le joueras à l’école ! ». C’était super car c’était une manière de dire à mes parents merci beaucoup de m’avoir payé mes études mais finalement ce n’est pas vraiment ce que je veux faire. Donc à la fin de mon école de commerce, d’un commun accord avec moi-même et mes parents, je suis allé à Paris pour suivre les cours de Jean-Laurent Cochet. C’est un maître du théâtre, il considère le métier de comédien comme celui d’un artisan, un métier de faiseur et j’adorais cette idée !

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