De l’autre côté de Soho : le nouveau film d’Edgar Wright nous transporte dans le Londres des années 60. De nos jours, Ellie (Thomasin McKenzie) s’installe dans une chambre précédemment occupée par Sandie (Anya Taylor-Joy). À travers les années, un étrange lien s’installe entre les deux femmes.
Lors de la conférence de presse d’Illusions perdues à la Mostra de Venise, Xavier Giannoli admettait ne pas faire consciemment le lien entre les personnages de ses différents films, alors qu’ils sont tous traversés par des thématiques qui l’obsèdent, comme le sentiment d’imposture que l’on retrouve chez l’escroc d’À l’origine (2009), l’anti-héros de Superstar (2012), la chanteuse sans talent de Marguerite (2015)… Cet aveu d’inconscient manifeste la cohérence d’une œuvre qui rend compte avec des sujets très divers, bien qu’inégalement traités, d’une ample étude de caractères.
Le premier plan dévoile un plan. Un plan d’architecte en deux dimensions, détaillant la configuration d’un appartement. Cette information géographique pose un cadre concret comme pour s’en débarrasser et se consacrer entièrement à sa poétisation ; une fois imprimé, le plan sera d’ailleurs déformé par un bug, la réalité plate prendra une autre tournure.
Les débats autour de la création de la tour Eiffel sont presque aussi connus que le monument lui-même : ce ne fut pas une mince affaire pour Gustave Eiffel de parvenir à imposer son projet, sa folie, de dépasser une à une les problématiques matérielles et les contestations. Las de se concentrer sur l’aspect politique et technique de la construction, ce biopic romancé préfère s’attarder sur une histoire d’amour avec une imagerie illustrative.
Cora, jeune esclave dont la mère a disparu, travaille dans une plantation de coton ; elle et ses compagnons d’infortune profitent d’une relative autonomie permise par leur maître. Mais à la mort de celui-ci, le domaine tombe sous le joug de son frère, autrement cruel. Quand son ami Caesar lui propose de s’enfuir, Cora accepte ; un mystérieux chemin de fer souterrain permettrait de passer discrètement d’un état à un autre. Alors que Cora et Caesar entament un long périple à travers le pays, un inquiétant chasseur d’esclave se lance à leur poursuite.
Dans la banlieue romaine, un groupe de familles vivote sous la chaleur estivale. Ours d’Argent du meilleur scénario au festival de Berlin, Storia di vacanze frappe paradoxalement par sa mise en scène.
À travers douze segments racontant la vie sentimentale d’une trentenaire, le cinéaste norvégien Joachim Trier réalise un beau film sur une tranche de vie en équilibre, avec la révélation Renate Reinsve, prix d’interprétation au festival de Cannes.
Au cours de la réalisation de Shoah (1985), Claude Lanzmann a filmé tant d’entretiens que tous n’ont pas trouvé leur place à l’intérieur de son œuvre fleuve. C’est le cas d’Un vivant qui passe, dont le texte transcrit en 1994 est aujourd’hui lu par Sami Frey sur les planches du théâtre de l’Atelier.