Judith (Virginie Efira) mène deux vies bien rangées. L’une avec un chef d’orchestre français et deux garçons, l’autre avec un compagnon qui habite Genève avec une fille. Son métier de traductrice lui permet de prétexter des déplacements réguliers en évitant de créer le soupçon… Mais combien de temps pourra-t-elle poursuivre cette existence dédoublée ?
Laetitia Casta et Louis Garrel incarnent à l’écran un couple proche de celui qu’ils forment dans la vie. Dans La Croisade, joyeuse comédie utopiste en salles depuis hier, leurs personnages se retrouvent confrontés à l’engagement écologique de leur fils : il a vendu les objets de valeur de ses parents pour mener à bien un projet collectif qui vise à lutter contre le réchauffement climatique. Discussion autour de ce film qui ose aller au bout de son idée, et d’un fossé entre deux générations.
La Croisade a été présenté au festival de Cannes dans une nouvelle section dédiée à l’écologie. Cet engagement était-il à l’origine de votre propos ?
Louis Garrel : Faire des films militants n’est pas mon cheval de bataille. C’est Jean-Claude Carrière qui m’a dit un jour : « J’ai écrit une scène d’ouverture, dis-moi ce que tu en penses. » J’ai trouvé la scène brillante, c’est la première que l’on voit dans le film. À la fin de la scène arrive le thème : des enfants qui se passionnent pour le changement climatique. J’ai rétorqué à Jean-Claude : « Mais c’est faux ! Des enfants qui tout à coup penseraient à l’écologie, ça n’existe pas. C’est une invention de scénariste. » J’en ai parlé autour de moi, mes amis trouvaient aussi l’idée gênante, on n’y croyait pas. Dans son coin, Jean-Claude a continué à travailler le scénario et, un jour, on a entendu parler de Greta Thunberg. Elle a fait la grève puis 500 000 enfants se sont mobilisés dans un même mouvement. Incroyable. Ce qui est fou, c’est qu’aujourd’hui tout le monde dira « évidemment que les enfants sont impliqués », ce qui n’était pas du tout le cas il y a trois ans !
Laetitia Casta : C’est un sujet qui obsédait Jean-Claude à la fin de sa vie, une vraie conviction. Louis n’est pas lui-même engagé et j’aime beaucoup la fusion d’écriture qui s’est produite entre eux. Avec d’un côté Louis très romantique et de l’autre Jean-Claude très terre à terre.
La Croisade aurait pu être un film d’anticipation, mais c’est devenu une comédie d’actualité.
Huit ans après la fin de la trilogie, Lana Wachowski est de retour avec Matrix : Resurrections. Keanu Reeves, Carrie-Ann Moss, quelques visages familiers et, surtout, des nouveaux venus à qui l’on doit beaucoup.
Le romancier Arthur Dreyfus capte la relation névrotique qui lie l’historien du cinéma Noël Herpe à sa mère, Michelle Herpe-Voslinsky, en les mettant en scène à travers un dialogue riche en rebondissements. Une curieuse thérapie de couple.
Il interprète l’alter ego du cinéaste Paolo Sorrentino dans La Main de Dieu, aujourd’hui sur Netflix, et pour lequel il a reçu le prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir à la Mostra de Venise. Filippo Scotti est notre invité.
Quelle était votre relation au cinéma de Paolo Sorrentino avant de savoir que vous travailleriez avec lui ?
J’étais très jeune lorsque j’ai vu mon premier film de Paolo Sorrentino, L’Ami de la famille (2006). Ensuite, j’ai regardé tous ses films, je savais très bien qui il était. C’était un choc pour moi de me retrouver à travailler avec lui. Non seulement on m’avait donné le premier rôle, mais en plus j’avais la pression de jouer pour un grand réalisateur dont j’étais l’un des fans. Cette pression n’a duré que quelques jours, je suis ensuite passé à autre chose.
Comment s’est déroulé le casting de La Main de Dieu ?
J’ai reçu un mail en juin 2020 pour le casting d’un film dont le nom du réalisateur n’était pas précisé. J’avais ma petite idée : ma sœur avait lu quelques temps plus tôt un entretien avec Paolo Sorrentino dans lequel il parlait d’un film sur Naples. On s’est dit que ça pourrait être lui… Par ailleurs, il y avait un détail significatif. Normalement, au casting, on nous demande toujours d’enlever nos boucles d’oreille et de se raser la barbe ; là, il n’était pas question des boucles d’oreille et pour la barbe, si on avait des favoris, on pouvait les garder. Un indice supplémentaire. J’ai donc fait un premier essai, puis un deuxième en présence de Paolo Sorrentino, et trois autres ont suivi. En tout, il a dû y avoir cinq rendez-vous en l’espace d’un mois. C’était difficile et très beau à la fois, parce qu’à chaque fois Paolo me demandait de « sortir une vérité » sans trop me préoccuper du texte, pour voir qui j’étais vraiment.
C’est un rôle très intime pour Paolo Sorrentino. Dans quelle mesure est-ce qu’il vous a partagé ses souvenirs de jeunesse ?
Le cinéma de Paolo Sorrentino prend la forme d’une foule de fantasmes. Il projette une multitude de visions oniriques, étonnantes ou sulfureuses pour saisir le réel de biais, même lorsque les sujets sont directement politiques. Pour la première fois, le réalisateur revient sur l’origine de telles images, et de sa vocation elle-même : sa jeunesse dans les années 1980, qu’il dévoile à travers une superbe autobiographie.
La fin des années cinquante et le début des années soixante marquent à la fois un tournant majeur dans l’histoire de la comédie musicale classique américaine et son extinction. Les artistes sont désireux de développer des thématiques sociales et politiques plus fortes. Ainsi, les théâtres de Broadway verront dès 1960 émerger des comédies musicales ayant pour thèmes les minorités, la violence, la guerre, la pauvreté. Mais c’est bien quelques années plus tôt, en 1957, que West Side Story est pour la première fois jouée. Pari risqué pour Arthur Laurents, Leonard Bernstein, Jerome Robbins et le jeune Stephen Sondheim qui conçoivent ce Roméo et Juliette moderne, vu par le prisme de la problématique raciale. Le spectacle est novateur, peut-être trop : il ne rencontre qu’un succès modéré sur scène. Pourtant en 1961, son adaptation filmique devient un chef-d’œuvre instantané. Cette année, une nouvelle adaptation signée Steven Spielberg voit le jour. Pourquoi ? On ne saurait vous dire.
Kobe, 1941. Yusaku, entrepreneur et cinéaste à ses heures perdues, vit avec sa femme Satoko dans une maison de style occidental qui fait jaser à l’heure d’un nationalisme exacerbé. Ses voyages d’affaire sur le continent attirent l’attention des autorités, et un ancien ami d’enfance devenu militaire vient sommer Satoko de lui donner des informations : son mari serait-il un espion ?
George (Jesse Plemons) et Phil (Benedict Cumberbatch) tiennent un ranch dans le Montana. Le premier est discret, gentil. Le second est brutal, acariâtre. Lorsque George épouse Rose (Kirsten Dunst), la dynamique qui régissait la fratrie est mise en péril, au grand regret de Phil.
Une fois par mois, « Le cinéma de… » propose à une personnalité qui n’est pas issue du monde du cinéma de se confier sur ses goûts à travers un questionnaire. Vitalic, dont le nouvel album Dissidænce Episode 1 vient de sortir, est notre invité.