Annette

Au cinéma le 7 juillet 2021

Adam Driver et Marion Cotillard. ©UGC Distribution

Henry McHenry (Adam Driver), acteur de stand-up, et Ann (Marion Cotillard), cantatrice, vivent un amour fusionnel. Leur relation est d’une telle intensité que lorsque des sentiments contraires s’immiscent dans l’harmonie – la jalousie, la méfiance -, le revers est douloureux. Au sommet de son inventivité formelle, Leos Carax revient avec un film musical qui renoue avec la tradition des opéra-rocks.

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Rencontre avec : Yoann Gasiorowski

© Chloé Caye

Entré à la Comédie-Française en 2018, Yoann Gasiorowski est acteur et musicien ; il apparaît cette saison dans pas moins de trois spectacles musicaux : Music-Hall, Mais quelle Comédie ! et Le Bourgeois Gentilhomme.

As-tu commencé par une formation musicale ou théâtrale ? 

J’ai commencé par une formation musicale. Je faisais du solfège et de la batterie dans un conservatoire de région. Et puis à un moment donné, j’ai du choisir entre plusieurs activités périscolaires et j’ai choisi le théâtre. Je me souviens très bien du jour où j’ai annoncé à mon professeur au conservatoire que j’arrêtais le solfège car je voulais faire du théâtre. J’ai continué à faire de la batterie chez moi, ce qui m’a permis de me perfectionner. C’est d’ailleurs assez singulier car, généralement, c’est plutôt un instrument qui se travaille en groupe. Mais au fur et à mesure, le théâtre a pris plus de place. Je crois que dès lors que j’ai été pris au conservatoire de ma région, dans une formation théâtrale de deux ans, je me suis dit qu’il fallait que j’arrête les cours à l’université pour me consacrer au théâtre. C’était deux années formidables. On rencontrait des intervenants excellents : Richard Sammut, Anne Théron, Cyril Teste… Je ne voulais pas que ça se termine après seulement deux ans, donc je me suis demandé comment faire pour que ça continue. Ce n’était pas vraiment dans l’idée d’en faire un métier mais simplement pour que ces rencontres ne s’arrêtent pas.

Dans Mais quelle Comédie ! tu lis au public une lettre que tu as écrite plus jeune à l’administrateur pour lui demander d’intégrer la Troupe de la Comédie-Française. Est-ce une histoire véridique ?

Oui, c’était une lettre assez audacieuse ! Après Saint-Étienne, j’ai été comédien au théâtre de Dijon où il y avait cet esprit de troupe, que je retrouvais. Car, avant de commencer la musique, ma mère, actrice, m’emmenait souvent voir sa troupe, dans notre village. J’y allais enfant et je voyais un groupe d’adultes qui se retrouvait tous les ans pour jouer. Déjà, ma pensée du théâtre était façonnée par l’idée de troupe. À Dijon, j’ai retrouvé cette sensation d’appartenir à un lieu dans lequel je venais faire un relai. Et j’ai alors écrit une lettre à la Comédie-Française. Je savais très bien que cette lettre était une goutte d’eau dans un océan mais j’ai voulu tenter. Leur faire entendre ce que je vivais, ce que je ressentais. C’est Serge Bagdassarian et Marina Hands (les metteurs en scène de Mais quelle Comédie !, NDLR) qui m’ont convaincu que lire cette lettre allait réellement dans le sens du spectacle.

Ce n’est pas trop surréaliste de relire une telle lettre sur la scène de la salle Richelieu, devant un public, maintenant que tu fais partie de la Troupe ? 

Si, c’est très intimidant car c’est extrêmement intime. Ce sont des sensations que tu n’as pas forcément envie de partager avec neuf cent personnes d’un coup. En répétition, je ne me posais pas trop la question, je ne me projetais pas. Mais la première fois que je l’ai lue devant des gens, j’étais effectivement assez bouleversé. Parce que je ne pouvais pas parler plus de moi qu’en lisant cette lettre. Elle a vraiment été déterminante dans ma vie.

Cela a donc toujours été la visée du spectacle, raconter intimement chaque comédien et son rapport à la Troupe ? 

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Mais quelle Comédie !

Comédie-Française

Serge Bagdassarian © Vincent Pontet

Mais quelle Comédie ! est un spectacle né grâce à la web-télé de la Comédie-Française : durant les confinements, la Troupe, à travers des épisodes diffusés sur Youtube, proposait à son public des lectures, des saynètes. Mais surtout, des moments d’échange. Les comédiens, isolés, se racontaient individuellement et collectivement. La web TV traduisait ce besoin de se sentir troupe, même virtuellement. Mais quelle Comédie ! répond toujours à ces désirs mais les transpose sur scène, devant un public affamé de théâtre.

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Désigné coupable

Au cinéma le 14 juillet 2021

Tahar Rahim (Mohamedou Ould Slahi). © Metropolitan Film Export

Après les événements du 11 septembre, le gouvernement américain cherche à désigner des fautifs. À tout prix. Mohamedou Ould Slahi (Tahar Rahim) devient alors le bouc émissaire de cette tragédie. Sans preuve, inculpation, procès ou jugement, il est retenu à Guantanamo. 

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First Cow

Au cinéma le 20 octobre 2021

First Cow: Orion Lee, John Magaro
© MUBI

Cookie, jeune cuisinier, voyage avec un groupe de trappeurs à travers l’Oregon. Sur sa route, il rencontre King Lu, immigré Chinois en fuite. Ils se lient d’amitié, et rejoignent une petite colonie où vient d’arriver la première vache du territoire. Les talents de cuisinier du premier et surtout l’instinct commercial du second les poussent à traire la vache en secret pour lancer une vente de gâteaux.

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Blanc sur blanc

Sur MUBI le 30 juin 2021

Blanc sur blanc
© El Viaje Films

Pedro, photographe, est envoyé en Terre de feu à l’occasion du mariage d’un propriétaire terrien. Dans cet espace désolé balayé par les vents et la neige, le photographe attend que son employeur se montre, incertain de ce qu’on attend de lui. Le temps passe, et Pedro fait peu à peu connaissance avec les habitants de ce monde en train de se construire.

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My Zoé

Au cinéma le 30 juin 2021

Sophia Ally (Zoé) et Julie Delpy (Isabelle). ©Electrick Films/Tempête sous le crâne/UGC Images

Les héroïnes de Julie Delpy, qu’elle incarne elle-même, observent souvent un parcours classique avant de commettre une déviance. Un trajet ordinaire qui verse dans l’impensable. C’était exemplairement le cas de la Comtesse Bathory (La Comtesse, 2009), qui commence par ressembler à une princesse contrariée en amour avant de se muer en figure gothique sadique. Dans un autre registre, Isabelle, la mère de la Zoé du titre, emprunte une route toute aussi surprenante, alors que son quotidien s’annonçait lambda…

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Gagarine

Au cinéma le 23 juin 2021

Gagarine: Alséni Bathily
Alséni Bathily incarne Youri, son premier rôle au cinéma. © Haut et court

La cité Gagarine à Ivry-sur-Seine, ainsi baptisée en hommage au célèbre cosmonaute présent lors de son inauguration en 1963, est sur le point d’être démolie. Vieille et vétuste, elle n’en est pas moins un foyer imprégné des souvenirs des nombreuses familles qui y ont passé leurs vies. Youri, un jeune homme de la cité passionné d’astronomie, décide de tout faire pour empêcher sa destruction.

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Rencontre avec : Bruno Podalydès

Bruno Podalydès. © Maxppp / Chibane Baziz

On aime son inventivité, ses comédies d’observation fines et poétiques, l’univers personnel qu’il nourrit depuis plus de vingt ans. Aujourd’hui sort son neuvième long-métrage, Les 2 Alfred, brillante et drolatique satire des nouvelles technologies et de l’esprit start-up. Bruno Podalydès est notre invité cette semaine.

On pourrait croire que Les 2 Alfred prend sa source dans l’open space de Comme un avion (2015).

Je pense que l’idée vient de plus loin, mais j’ai constaté que j’ai reproduit le même schéma d’alvéoles que dans Comme un avion. J’avais remarqué dans des boîtes de graphisme que les personnes étaient isolées comme dans des cellules, des sortes de boxes. Dans Les 2 Alfred, les serres de The Box reproduisent cette idée. Elle sont paradoxales : c’est un open space entièrement transparent et, en même temps, les gens sont isolés. L’expression de « dictature de la transparence » est un peu galvaudée, mais elle est quand même là.

C’est d’abord le lieu qui vous intéressait ?

Oui, depuis que je fais des films d’entreprise, j’aime voir comment s’agencent les bureaux. Ça raconte beaucoup de la mentalité de l’entreprise : soit c’est un open space qui donne l’apparence d’une absence de hiérarchie, soit plus on monte dans les étages, plus on monte chez les cadres supérieurs jusqu’au président directeur général, soit il y a une culture de l’isolation progressive, soit au contraire une soi-disant hyper fluidité… Ça me plaît de voir comment, architecturalement, une entreprise s’organise.

Comment avez-vous trouvé votre décor ?

Je souhaitais trouver une entreprise qui avait une singularité dans l’architecture, et on est finalement parti d’un espace vide pour l’organiser nous-même. Toutes ces boîtes, en général, se trouvent dans des banlieues, des usines réaffectées, des friches industrielles. Là, en bordure d’un dépôt SNCF, ça me semblait plausible. Dans mon scénario, je mets très peu d’indications de lieu pour rester ouvert au moment des repérages. Quand je trouve le bon endroit, je réécris le scénario. Je fais ça à chaque fois, c’est très nourricier de m’adapter aux lieux, ça crée des nouvelles situations.

Il y a un langage très particulier dans les open space des start-up. Comment avez-vous travaillé le vocabulaire des personnages ?

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La Nuée

Au cinéma le 16 juin 2021

Suliane Brahim dans « La Nuée ». © The Jokers – Capricci

Il est rare de voir un film de genre hexagonal sélectionné à la Semaine de la Critique. Peut-être parce que La Nuée, premier film de Just Philippot, tient plus de la chronique familiale dramatique qu’autre chose. Et c’est plutôt une bonne nouvelle.

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