Rencontre avec : Pascal Bonitzer

Pascal Bonitzer. © David Silpa / Newscom / Sipa

Le cinéaste et scénariste Pascal Bonitzer nous a fait l’amitié de nous recevoir chez lui pour revenir sur l’ensemble de sa carrière. Et évoquer la situation actuelle, très inquiétante pour le cinéma d’auteur.

La disparition de Jean-Claude Carrière nous a replongé dans le livre sur le scénario que vous avez écrit avec lui. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

C’est très simple, il était président de la Fémis et je dirigeais le département écriture. On se croisait souvent, mais je ne le connaissais pas intimement. À un moment donné s’est posée la question de faire un livre sur le scénario pour les étudiants, édité par la Fémis. On l’a écrit parallèlement : j’ai écrit ma partie, il a écrit la sienne et les deux choses sont assez différentes. C’était quelqu’un de très chaleureux, aimable et sympathique.

Vos visions de la pratique du scénario étaient-elles assez proches ?

Il était évidemment beaucoup plus chevronné que moi, et de plus je n’avais pas encore fait mes premiers films. En réalité, je n’ai été scénariste à part entière qu’à partir du moment où j’ai réalisé mes films. Je ne me considérais pas comme un scénariste qui apportait ses histoires à des metteurs en scène, mais comme quelqu’un qui essayait de partager l’univers des metteurs en scène avec qui je travaillais. En un sens, c’était un peu le cas pour Jean-Claude Carrière avec Luis Buñuel, mais il avait une expérience beaucoup plus large que la mienne.

Avant d’être scénariste, vous avez été critique de cinéma. En quoi est-ce que cela a influencé votre façon d’écrire ?

Oui, j’ai été critique aux Cahiers, revue qui avait une vision très particulière du cinéma. Il y avait d’abord cette philosophie première qui était la politique des auteurs, et considérant que le scénario n’était pas princeps par rapport à la mise en scène, que le véritable auteur du film était le metteur en scène. Quand je suis entré aux Cahiers du cinéma, en 1969, c’était une période de remise en cause globale de tous leurs principes antérieurs. Il y avait une présence très forte de la théorie – théorie structuraliste, psychanalyse lacanienne, critique barthésienne – et la revue était très politisée. En tant qu’étudiant à Nanterre en 68, j’étais en phase avec cela, tout en étant aussi un cinéphile très maniaque. Ma culture s’est faite dans les cinémas d’art et d’essai, j’avais découvert les Cahiers à 14 ans…

Malgré la politique des auteurs, vous vous tournez d’abord vers le scénario plutôt que la mise en scène.

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La Fête du court métrage

Jusqu’au 30 mars 2021

La fête du court métrage | ADRC

Le festival La Fête du court métrage, qui se tient en ligne du 24 au 30 mars, donne gratuitement accès à plus de 150 films courts. Sa sélection éclectique, subdivisée en de multiples catégories, offre une « galaxie » (selon les termes du festival) de films de tous genres et origines, pour tous les goûts et tous les publics.

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Les meilleurs films de Pedro Almodóvar

La Voix humaine, le nouveau (court) métrage du cinéaste. © Iglesias Mas

Il vient de partager son court-métrage La Voix humaine, réalisé entre deux confinements, et commence cette semaine le tournage de son prochain film, Madres Paralelas, dans lequel Penélope Cruz le retrouvera pour la huitième fois. Depuis plus de 40 ans, Pedro Almodóvar construit une œuvre dramatique personnelle et stylisée de manière unique, qui raconte autant les mutations de son Espagne natale qu’il adopte une liberté de ton et de représentation inouïes. Retour sur dix grands films du maître.

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Sacrées Sorcières

En VOD le 17 mars 2021

Anne Hathaway incarne la Grandissisme Sorcière. ©2020 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved

Roald Dahl inspire les cinéastes américains aux univers liés à l’enfance. Après Charlie et la Chocolaterie de Tim Burton (2005) et Le Bon Gros Géant de Steven Spielberg (2016), Robert Zemeckis adapte Sacrées sorcières, aidé à l’écriture par Guillermo del Toro et Alfonso Cuarón du côté de la production. Initialement prévu pour une sortie en salle, que l’on pouvait supposer attractive pour un large public familial, il sort finalement en vidéo à la demande cette semaine.

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The Quarry

Sur MyCanal le 18 mars 2021

The Quarry: Michael Shannon
Michael Shannon. © 2020 The Quarry Film, LLC

Texas, 1986. Un homme en fuite pour des raisons inconnues (Shea Whigham) assassine un prêtre en route pour sa nouvelle affectation et décide de prendre sa place. Dans la petite ville où il s’installe, il fait la connaissance de la communauté des fidèles et du shérif local (Michael Shannon). Personne ne semble se douter de la supercherie…

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Cherry

Sur Apple TV le 1er avril 2021

Tom Holland (Nico Walker / Cherry) © Apple TV

Les rescapés de l’univers Marvel s’essayent au drame avec Cherry, le roman autobiographique de Nico Waker. Les frères Russo à qui l’on doit la saga Captain America et les deux derniers Avengers : Infinity war et Endgame, retrouvent Tom Holland, l’actuel interprète de Spiderman, pour nous dresser le portrait d’une Amérique désespérée. 

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Small Axe

Disponible sur Salto

Small Axe – Mangrove © Salto

Ce n’est pas un mais bien cinq longs-métrages que Steve McQueen nous offre cette année. Diffusés sur la BBC, ces épisodes (Mangrove, Lovers rock, Red, white and blue, Alex Wheatle et Education) constituent la mini-série Small Axe.

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Daft Punk, la fin d’un voyage entre musique et cinéma

Analyse

Daft Punk a fait des adieux très cinématographiques. ©Daft Arts

22 février 2021, planète Terre. Dans une vidéo intitulée « Epilogue » postée sur sa chaîne Youtube, Daft Punk annonce, avec la classe et la sobriété qui le caractérisent, sa séparation. Après 28 ans passés, l’air de rien, au sommet de la musique électronique, les deux robots les plus célèbres de la pop ont tiré leur révérence. Et si, pour de nombreux fans, la nouvelle a fait l’effet d’un choc, il faut pourtant entrevoir ce court-métrage minimaliste sous un autre angle que celui de l’effet de surprise. Et ce parce qu’il n’est précisément pas un court-métrage.

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Rencontre avec : Denis Lavant

Denis Lavant publie son troisième livre, autobiographie marquée par son amour pour la poésie. ©Luc Valigny Agence Figure

Denis Lavant est un acteur précieux. Rare, et énigmatique. De son lien très fort qui l’unit à Leos Carax depuis les année 1980 jusqu’à ses prestations théâtrales dans la peau de Francis Bacon ou des personnages de Beckett, il se montre à chaque fois sous un jour différent. Difficile d’être plus caméléon. À l’occasion de la parution de son autobiographie Echappées belles (davantage journal poétique que récit chronologique), nous avons eu envie de le rencontrer, pour mieux le connaître et interroger son rapport au jeu. Rencontre avec le plus insaisissable des comédiens français.

Vous souvenez-vous de la toute première fois que vous êtes monté sur une scène ?

Lorsque j’étais au lycée Lakanal, je faisais du théâtre dans un groupe animé par un professeur d’histoire-géographie, Michel Fragonard. On jouait notamment des pièces de Michel de Ghelderode, un grand auteur belge qui a un univers haut en couleur, autour de la Flandre à l’époque de Charles Quint, avec de très beaux personnages. On a monté Un soir de pitié et je jouais le rôle du masque au nez ardent. J’avais un nez rouge, dans une scène de carnaval, et je disais : « suivez mon pif, c’est un fanal ! » À ce moment, j’ai senti que c’était la direction dans laquelle je voulais aller. Avant, j’avais fait un peu de commedia dell’arte, des lazzi et de la pantomime, mais ce n’était pas exactement du jeu.

Pourtant, le jeu semble passer chez vous d’abord par le geste, avant la parole.

Spontanément, j’étais extrêmement doué pour l’expression corporelle. De façon brute. Enfant, je n’arrêtais pas de tomber, de grimper, de m’exprimer avec le corps, et je me méfiais des mots. J’ai commencé à organiser la parole grâce à la poésie, en apprenant des poèmes pour le plaisir, comme Le Bateau ivre ou La Ballade des pendus, et en écoutant des voix de comédiens, sur des enregistrements.

Mais vos influences, ce sont d’abord les acteurs du muet ?

Oui, j’étais très tôt fasciné par le cirque et le burlesque : Chaplin, Buster Keaton, Harpo Marx… Dans ses premiers courts-métrages, Chaplin a une énergie totalement punk, il chute, il se donne des baffes, c’est à la fois très brutal et très jubilatoire. Ce maniement du corps qui rebondit et se tord comme du plastique, ça me parle complètement. Et puis il y a le mime Marceau, aussi, qui parvient à dire beaucoup de choses sans passer par le verbe.

On peut raconter beaucoup de choses par le corps, mais il arrive une limite ?

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Il Miracolo

Disponible sur Arte

Photo Guido Caprino
Fabrizio Pietromarchi (Guido Caprino), premier ministre sceptique dont les convictions sont ébranlées par le miracle. © Montesi Antonello

Lors d’une intervention dans la planque d’un mafieux, la police italienne trouve une statuette de la Vierge pleurant des larmes de sang. Un premier ministre sur le point de perdre un référendum, un prêtre en proie au doute, une jeune scientifique et bien d’autres voient leurs existences bouleversées par la découverte.

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