Une bataille après l’autre

Actuellement au cinéma

© Warner Bros

Au moins depuis Punch Drunk-Love (2002), le cinéma de Paul Thomas Anderson n’a eu de cesse de prendre à revers la promesse de ses films, l’horizon d’attente des spectateurs et les motifs des genres dont il s’emparait. Dans le film précité, comme plus tard dans Licorice Pizza (2021), la comédie romantique déraillait, chacune à sa façon ; le bain de sang annoncé par There Will Be Blood (2007) tardait à jaillir, en dépit d’un récit agonistique, sous le signe du crime (capitaliste), tandis que la trame policière de l’erratique Inherent vice (2014) s’évaporait et que la grande fresque sur la scientologie présupposée par The Master (2012) cédait la place au spectacle épuré et trouble des rapports de force entre deux hommes. Aussi trouble que ne l’était l’amour aromantique de Reynolds et Alma dans Phantom Thread (2017). Sans surprise donc, mais non sans étonnement ravi, le génie du cinéma américain contemporain récidive avec Une Bataille après l’autre, film d’action et comédie tout en dilutions, qui traite de – et procède par – révolution.

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La voix de Hind Rajab

Actuellement au cinéma

© Jour2Fête

Kaouther Ben Hania continue à explorer la frontière entre cinéma de fiction et documentaire. Dans La voix de Hind Rajab, elle reconstitue les événements ayant eu lieu le 29 janvier 2024 : Hind Rajab, une fillette de six ans, est prisonnière dans la voiture de son oncle, tué avec les autres passagers par l’armée israélienne. Seule au milieu des cadavres, Hind demeure coincée et cachée. Des heures durant, elle reste au téléphone avec le Croissant-Rouge palestinien (une société de secours) qui tente de la rassurer et de coordonner la venue d’une ambulance.

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Oui

Actuellement au cinéma

© Les Films du Losange

Autant rejeté par l’extrême droite – interdit dans plusieurs festivals israéliens, le film n’a toujours pas de distributeur là-bas – que par une certaine partie de l’extrême gauche, taxant notamment sa production partiellement israélienne, Oui affiche le curieux paradoxe d’un film nommé autour de l’expression d’une adhésion étant sujet à opposition. Tous ces rejets, aussi intéressants puissent être certains (peut-on séparer une œuvre de sa production ?), partagent néanmoins un élément commun : aucun des détracteurs principaux du nouveau film de Nadav Lapid ne semble l’avoir vu. Que toutes ces voix soient entendues est une chose, mais celle du film, en tant que forme artistique et donc politique, semble avoir été muselée. Oui a pourtant des choses à dire.

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La « Teenage Apocalypse Trilogy » de Gregg Araki, ou quand l’amour et la communauté ne suffisent pas

Actuellement au cinéma – ressortie

© Capricci

On espère depuis longtemps que Gregg Araki délaisse un peu la réalisation d’épisodes de séries (Dahmer, Riverdale, 13 Reasons Why…) pour se remettre au cinéma. C’est qu’il y a plus de dix ans depuis son dernier long métrage, White Bird in a Blizzard (2014) – qui avait par ailleurs reçu un accueil mitigé. Dans l’attente de I Want Your Sex (avec Olivia Wilde et Charli xcx), toujours sans date de sortie, on peut se replonger dans les débuts du réalisateur pionnier de la Queer New Wave : le 17 septembre, la « Teenage Apocalypse Trilogy », compose de Totally F***ed Up (1993), The Doom Generation (1995) et Nowhere (1997), s’offre une ressortie en salle.

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Renoir

Actuellement au cinéma

© Loaded Films

Dans l’hôpital où séjourne son père que ronge un cancer en phase terminale, la petite Fuki, onze ans, tombe nez à nez avec une reproduction de La Petite Irène de Renoir qui l’émerveille, et qu’elle s’empresse d’accrocher dans la chambre du mourant. S’éclaircit alors le mystère du titre, plutôt abscons jusqu’ici : portrait d’une jeune fille solitaire, Renoir ambitionne surtout d’emprunter la forme impressionniste pour saisir les éclats instables et contrastés d’une enfance.

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La Voie du serpent

Actuellement au cinéma

© Art House Films

Un bon remake réinvente, à défaut de reproduire. Ce mantra – appelez-le comme bon vous semble – encapsule autant une part de vérité qu’un état d’esprit quelque peu simpliste face à un exercice artistique complexe. En l’état, Le Convoi de la Peur de William Friedkin est autant réussi que le Godzilla de Roland Emmerich est raté, chacun traçant pourtant une voie différente des originaux dont ils s’inspirent. Réinventer est une chose, mais ne constitue certainement pas le gage d’un remake réussi. Que faire alors du second cas, plus complexe encore, des remakes qui reproduisent ?

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Entre le ciel et l’enfer

Actuellement au cinéma / Ressortie

© 1963, Toho Co., Ltd All rights reserved

De 1963 à 2025, quelque chose de comique s’est glissé dans la scène qui ouvre Entre le ciel et l’enfer. Dans le vaste salon d’une luxueuse villa qui surplombe la ville, un groupe d’hommes en costumes, cigarettes et mines graves, devisent ensemble du goût des femmes en matière de chaussures à talon. Rassemblés autour de nouveaux modèles d’escarpins bon marché, calqués sur les tendances du moment, l’enjeu pour ces industriels du soulier est de maximiser les profits de leur entreprise. Le sérieux papal avec lequel ils présument des besoins de leurs clientes apparaît délicieusement désuet aux spectateur·ices d’aujourd’hui, qui regardent la séquence un sourire en coin. L’attitude d’un des individus tranche néanmoins avec le reste de cette bande de rigolos complaisants. Mutique, il ne semble pas goûter les jugements à l’emporte-pièce de ses camarades et finit tout bonnement par exploser : pour lui, hors de question de se vautrer dans l’air du temps afin d’appâter les consommatrices, si cela signifie sacrifier la qualité du produit.

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Évanouis

Actuellement au cinéma

© Warner bros pictures

En regardant Évanouis, difficile de ne pas penser à Twin Peaks, série qui scotcha l’Amérique à son poste de télévision dans les années 1990 en racontant comment la disparition de Laura Palmer, une jeune lycéenne populaire, provoquait l’émoi d’une communauté que David Lynch et Mark Frost allaient ausculter pendant trois saisons. On y retrouve un postulat similaire, soit la volatilisation soudaine des enfants d’une même classe, à l’exception d’un, à la même heure et au beau milieu de la nuit.

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Le Silence autour de Christine M.

Actuellement au cinéma

© Extralucid Films

Suite à son entretien avec Christine, l’une des trois femmes accusées du meurtre d’un boutiquier, Janine reconduit la détenue dans sa cellule. Leur traversée est semée de plusieurs “embûches” – portes, ascenseurs – que seuls les agents de sécurité peuvent ouvrir à distance, depuis leurs écrans d’ordinateur, sur demande de l’aide-soignante qui accompagne Janine. Brusquement, le drame annoncé par Le Silence autour de Christine M. bifurque et mue en dystopie, dont l’imaginaire clinique et néo-futuriste n’aurait pas renié Philip K. Dick. Los Angeles, 2019, ou Amsterdam, 1982, la question est peu ou prou la même : les androïdes ou les femmes rêvent-ils de moutons électriques ?

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Mahjong

Actuellement au cinéma

© Carlotta Films

Winston Chen a disparu, laissant derrière lui une montagne de dettes ! Des membres de la pègre sont à sa recherche. Ils pensent que son fils les conduira à lui…

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