Niki

Actuellement au cinéma

© Wild Bunch

Niki est un film sur le hors-champ, à la fois force et faiblesse du premier long-métrage de Céline Salette. Il doit son nom à l’artiste plasticienne Niki de Saint Phalle, dont l’œuvre protéiforme est le reflet de son intériorité : Niki est connue pour avoir réalisé des tableaux-performances, des sculptures féministes et des films psychanalytiques. Autant d’œuvres qui ne sont jamais dévoilées à l’écran, par manque d’obtention des droits : une contrainte avec laquelle Céline Salette se démène habilement. Car plus que de se concentrer sur la production de Niki, la réalisatrice nous propose de nous attarder sur le parcours de la femme, sur sa transformation et son évolution. Une manière de donner à voir ce qui d’ordinaire n’est pas montré : l’ascension artistique qui ne s’arrête qu’au moment où Niki formule à voix haute son nom d’artiste.

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Trotacalles

Festival Lumière 2024

© Festival Lumière 2024

Matilde Landeta est une des (trop nombreuses) cinéastes oubliées du champ cinématographique international. Dans son troisième long-métrage, la réalisatrice mexicaine reste fidèle aux questions féministes qui sillonnent l’ensemble de son parcours. 

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Lee Miller

Actuellement au cinéma

© SKY UK

« Pour comprendre Lee Miller, il faut prendre en compte toute son expérience de vie. On la réduit souvent à son statut de mannequin, de muse, de photographe de mode ou de cuisinière. Si vous prenez n’importe laquelle de ces étiquettes isolément, vous ne pourrez pas comprendre la vraie Lee Miller. Il faut regarder l’ensemble pour vraiment appréhender qui elle était, comment elle en est arrivée à faire les photos qu’elle a faites, et pourquoi. » Dans une Grande Traversée que France Culture consacrait à Lee Miller, la conservatrice de musée Hilary Roberts pointait du doigt un écueil récurrent lorsqu’on évoque la vie de l’artiste. Par excès de zèle, Kate Winslet et Ellen Kuras répètent l’erreur dans leur biopic Lee Miller en se focalisant sur l’étiquette ‘photographe de guerre’ pour les besoins d’un film épique aux accents mélodramatiques. Le résultat rend un maladroit hommage à cette artiste extraordinaire.

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Papa est en voyage d’affaires

Actuellement au cinéma

© Malavida

« Papa est en voyage d’affaires », c’est ce qu’on répète au jeune Malik dont le père est arrêté et envoyé dans un camp de travail. À Sarajevo dans les années 50, la rupture Tito-Staline provoque de nombreuses délations de la part des habitants, et les rivalités familiales prennent des tournures politiques. 

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Emmanuelle

Actuellement au cinéma

© Pathé Films

En 1974, Just Jaeckin adapte Emmanuelle, le roman d’Emmanuelle Arsan. Il fait de son héroïne une jeune cruche craquante, qui n’a d’autres désirs que de satisfaire ceux des hommes. Sous couvert de réflexions philosophiques (entre deux scènes de viol, Alain Cuny disserte sur la différence entre sexe et érotisme), le film propose un univers fantasque où tout n’est que fantasme. En 1974, on jouit de tout, avec tout et sur tout. 

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L’Étrange Festival 2024

30ème édition

Depuis maintenant 30 ans, l’Étrange Festival nous gratifie de franches rigolades et de frissons admiratifs dans les sous-sols du forum des Halles. Il s’agit, comme son cousin belge Off-Screen, d’un espace où se côtoient films de genre étrangers, cinéma bis, courts-métrages expérimentaux et patrimoine horrifique. Pour cette 30ème édition, le festival se devait de marquer le coup en tenant sa ligne éditoriale diversifiée et en dénichant les pépites les plus étranges de l’année écoulée. Pari tenu ?

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Mother Land

Actuellement au cinéma

© Metropolitan FilmExport

Après un rapide retour en France avec Oxygène, réalisé en 2021 spécialement pour l’usine à contenus Netflix, Alexandre Aja revient au grand écran et à une production 100% américaine avec Mother Land. Dans ce film d’horreur en forme de conte de fées, June et ses deux enfants vivent dans les bois après la fin du monde. Ils survivent en chassant aux abords de leur maison en prenant garde de respecter une règle cruciale : ne jamais, sous aucun prétexte, se défaire de la corde qui les relie à la demeure et les immunise du Mal qui rôde à l’extérieur.

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Des os et des noms

Festival Chéries-Chéris 2023

© Postofilm

Sur les murs blancs ou beiges des affiches de films, photos ou cartes postales dénotent de par leurs couleurs. Fabian Stumm met en scène ses personnages par rapport à l’arrière plan de façon à ce que ces motifs carrés rappellent les bulles de pensée que l’on trouvent dans les bandes dessinées. Jonathan écrit une histoire d’amour qui se termine et derrière lui, au dessus de sa tête, sont affichées des photos de lui et de Boris enfants, comme le rappel d’une intimité partagée qui traverse en ce moment même l’esprit de l’écrivain.

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Silver Haze

Festival Chéries-Chéris 2023

© The Jokers Films

Sacha Polak traite dans Silver Haze des liens familiaux, amicaux ou amoureux, tous confondus. Comment accueillir ou se protéger de ces confrontations incessantes, parfois apaisantes, parfois harassantes ? Et comment préserver cette capacité à s’abandonner lorsque l’esprit a été brisé et le corps broyé ?

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Sunset Boulevard

The Savoy Theatre

© Marc Brenner

Sunset Boulevard est l’une des comédies musicales d’Andrew Lloyd Webber les moins connues, au profit de Cats ou de Phantom of the Opera. Pourtant, l’adaptation du film de Billy Wilder n’a rien à envier aux autres œuvres du compositeur. En conséquence, l’avantage qu’elle possède sur celles-ci est que, plus rarement jouée, elle est sujette à des mises en scène précieuses et radicalement différentes les unes des autres. Cette année, c’est Jamie Lloyd et sa compagnie qui s’en emparent et offrent à Sunset Boulevard une renaissance triomphale.

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