Après le pétillant Jeune femme (Caméra d’or à Cannes en 2017), Léonor Serraille signe une chronique poignante sur une famille monoparentale immigrée en France. Inspirée par l’histoire de son compagnon, la réalisatrice explore la fragilité des liens familiaux dans une fresque qui relève à la fois de l’intime et du politique. Paris, 1989 : Rose a quitté la Côte d’Ivoire avec ses fils Jean et Ernest pour construire une meilleure vie dans la capitale française.
Des cigales. Une petite fille qui les attrape et les enferme dans un bocal de verre. Ce plan sonne ce qui sera le destin de Wen, et de ses deux papas – originalité d’un couple monoparental que l’on ne s’attend pas à trouver dans ce genre de film – ouvrant sur un huis clos dont les gros plans qui enferment les personnages ne sont que des annonces. Très vite, Knock at the cabin rappelle l’esprit des contes pour enfants, celui du Petit Chaperon Rouge et son grand méchant loup (l’histoire se déroule dans une maison de bois en pleine forêt).
On empêche Freddie (Park Ji-min), étudiante française de 22 ans, de se servir de l’alcool.En Corée, cet acte est considéré comme une insulte car prouvant que proches et amis ne prennent pas soin de vous. Freddie répond alors par un rictus et remplit son verre avec nonchalance. Quelques jours plus tard, elle rencontre sa famille biologique coréenne.
Pour son deuxième long métrage, Thomas Salvador poursuit sa quête de renouvellement du cinéma fantastique français. La Montagne emprunte au conte, au film social, et au film d’alpinisme, fondant le tout dans une ode à la plénitude qu’offrent les hautes altitudes.
Dans le très personnel Aftersun, Charlotte Wells imagine des vacances entre un père et sa fille, en Turquie. Ce que l’enfant prenait pour une désinvolture amusante ou des sautes d’humeur surprenantes chez son père deviennent autant de preuves criantes de son profond mal-être.
« D’après une histoire vraie » annonce l’affiche de Divertimento, rappelant l’importance que sa réalisatrice Marie-Castille Mention-Schaar accorde à l’ancrage social et à la vraisemblance des histoires qu’elle porte à l’écran. L’histoire en question est celle de Zahia et Fettouma Ziouani, des sœurs jumelles qui ont fait preuve d’une persévérance spectaculaire pour répondre à leurs ambitions musicales. La première rêve de devenir cheffe d’orchestre ; la seconde, violoncelliste professionnelle. Mais le lycée du VIIIe arrondissement dans lequel elles font leur entrée en terminale et les conservatoires parisiens n’accueillent pas à bras ouverts ces deux musiciennes du 93. Leur origine algérienne et leur appartenance à la classe moyenne détonne dans le milieu blanc et riche de la musique classique. Pour couronner le tout, on répète à Zahia que les femmes ne font pas de bonnes cheffes d’orchestre. Mais qui ne tente rien n’a rien : Zahia s’accroche à son rêve et fait tout pour qu’il se réalise.
Alain Ughetto a hérité de son grand-père des mains faites pour construire. C’est sur elles que le film s’ouvre, alors qu’elles s’affairent autour d’une table, assemblent des collines vertes, y placent une maison, fabriquent une marionnette, la font voyager dans un petit wagon. Interdit aux chiens et aux Italiens se donne immédiatement pour ce qu’il est : une histoire de famille, un hommage à l’artisanat, un dialogue constant entre le créateur et la création.
Les Jardins de Carthage, c’est le nom donné à un projet de quartier résidentiel de Tunis, développé par l’ancien régime, sa construction est stoppée par la révolution. Alors que les travaux reprennent peu à peu, des corps calcinés seront retrouvés au milieu des chantiers. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, Ashkal, l’enquête de Tunis est déjà l’une des expériences de cinéma les plus marquantes de ce début d’année.
Lydia Tár, brillante cheffe d’orchestre, prépare l’enregistrement de la 5e symphonie de Mahler mais les répétitions sont troublées par d’inquiétantes rencontres et accusations. Thriller au crescendo implacable, le film de Todd Field ne s’embarrasse pas de fioritures scénaristiques : il touche à l’essentiel.
Youssef Salem, décrit par ses proches comme un « auteur raté, alcoolo, raciste et obsédé », trouve avec son premier roman un immense succès qu’il est bien le seul à regretter. S’étant fortement inspiré de sa famille, dont il dresse un portrait peu flatteur, le voilà prêt à tout pour empêcher ses parents de découvrir son œuvre.