Hollywood vu par Billy Wilder : « Boulevard du crépuscule » et « Fedora »

Rétrospective Billy Wilder

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William Holden (Joe Gillis) et Gloria Swanson (Norma Desmond) dans Sunset Boulevard © Paramount Pictures

Un corps inerte flotte dans la piscine d’un manoir à Los Angeles – scène d’ouverture mythique d’un des plus grands chefs d’oeuvre de Billy Wilder. Boulevard du crépuscule sort en 1950, sa fin tragique nous est annoncée dès les premières minutes, le spectateur écoute un homme mort lui narrer son histoire. Cette histoire c’est celle de Joe Gillis, scénariste à Hollywood, qui rencontre Norma Desmond, ancienne star de cinéma, qui va lui demander de l’aide pour écrire le film qui marquera son grand retour à l’écran. Dans Fedora, c’est une jeune fille paniquée qui court vers un train, son nom, Fedora, est prononcé et la jeune femme se retourne une dernière fois avant de se jeter sous le train. Scène d’ouverture encore une fois annonciatrice et représentative de la notion de fatalisme dans le film noir, genre dont Wilder participe à la création. Dans ce film sorti en 1978, Barry Detweiler, un producteur, tente de retrouver Fedora, grande actrice de cinéma, vivant en réclusion, afin de la convaincre de faire son grand retour dans le film qu’il a écrit.

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Les débuts de Billy Wilder, de « Mauvaise Graine » à « Assurance sur la mort »

Rétrospective Billy Wilder

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Barbara Stanwyck et Fred MacMurray dans Assurance sur la mort de Billy Wilder ©Paramount Pictures

  Au début des années 1930, Billy Wilder fuit Berlin alors qu’Hitler accède au pouvoir. Avant de s’exiler définitivement pour les Etats-Unis, il s’installe un moment à Paris. Journaliste et scénariste occasionnel jusque-là, il a le temps de réaliser son premier long-métrage, en 1934. Celui-ci apparaît comme une exception dans sa filmographie : Mauvaise Graine est le seul film que le cinéaste a co-réalisé (en l’occurrence avec le méconnu Alexander Esway), et surtout tourné en français. Si l’on on admet qu’il s’agit d’un film décevant au regard de ce qui viendra ensuite, le ton de ce premier long-métrage n’en est pas pour autant désagréable. Il commence par un panneau qui le place sous le signe de la légèreté : « Les gens heureux n’ont pas d’histoire. Il faut croire que ce n’est pas exact. Henri Pasquier est très heureux. La seule chose qui lui manque, c’est un nouveau klaxon… » L’histoire s’annonce donc assez anecdotique. Henri Pasquier, un fils de bonne famille, rejoint une bande de voleurs d’automobiles après avoir été privé de la sienne par son père… Certains acteurs plongent dans la caricature, les scènes s’enchaînent parfois avec maladresse, le dénouement est convenu. Mais Danielle Darrieux, âgée de 17 ans, insuffle au film un charme réel en interprétant la soeur de l’un des larrons, dont s’éprend le personnage principal. Le film vaut moins pour les enjeux de son récit que pour le plaisir cinéphile de déceler les premières aspirations du génial auteur qu’est Billy Wilder. Avec le peu de moyens dont il dispose (voir l’interminable séquence de la charrette), il parvient à tirer son épingle du jeu à travers quelques séquences de vitesse dans les rues du Paris. On sent alors un certain désir d’ivresse joyeuse…

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My Fair Lady

Rétrospective comédies musicales

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Rex Harrison (Henry Higgins), Audrey Hepburn (Eliza Doolittle) et Wilfrid Hyde-White (Colonel Pickering) © Warner Bros.

My Fair Lady est la dernière comédie musicale réalisée par George Cukor (Indiscrétions, Une étoile est née) en 1964. Cette adaptation de Pygmalion de Shaw est d’abord une comédie musicale à succès à Broadway avant de devenir l’objet d’un film produit par Jack Warner. Il s’agit de l’histoire d’Eliza Doolittle, une pauvre marchande de fleurs que le professeur Henry Higgins va prendre sous son aile afin de tenir le pari de pouvoir la faire passer pour une dame de la haute société lors d’un bal important.

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Moulin Rouge !

Rétrospective comédies musicales

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Ewan McGregor (Christian) et Nicole Kidman (Satine) © 20th Century Fox

Moulin Rouge ! est ce qu’on appelle une comédie musicale « jukebox », très populaire durant l’âge d’or hollywoodien, ce sous-genre de la comédie musicale consiste à reprendre des titres musicaux populaires du moment. Moulin Rouge ! qui ouvre en 2001 le festival de Cannes, intègre ainsi des tubes d’artistes tels que The Police, Madonna, Queen, David Bowie, Nirvana ou encore U2. Le film qui vaudra 8 Oscars à son réalisateur Baz Luhrmann, est un classique toujours parmi les plus populaires du genre, et il connaitra d’ailleurs une nouvelle adaptation phare à Broadway en 2019.

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Un Américain à Paris

Rétrospective comédies musicales

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Leslie Caron (Lise Bouvier) et Gene Kelly (Jerry Mulligan) © Warner Bros. / MGM

Un Américain à Paris c’est le film qui propulse véritablement Gene Kelly au rang de star en remportant notamment six Oscars en 1951. Ce premier gros succès marque aussi sa première collaboration avec Vincente Minnelli. Le film suit l’histoire de Jerry Mulligan, un jeune peintre américain vivant à Paris, qui va tomber amoureux de la fiancée de son meilleur ami. Le scénario écrit par le grand Alan Jay Lerner est basé sur l’oeuvre symphonique du même titre et composé par George Gershwin en 1928. Le film qui s’inscrit dans le lignée des comédie musicales produites par Arthur Freed à la MGM, frappe de par sa superbe musique mais aussi surtout par son imagerie particulière. 

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Que le spectacle commence

Rétrospective comédies musicales / Palme d’or

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Roy Scheider (Joe Gideon) © Alizé production

Que le spectacle commence raconte l’histoire semi-autobiographique de son réalisateur Bob Fosse : un chorégraphe, après de multiples crises cardiaques, veut faire un point sur sa vie. Entre son nouveau spectacle, sa santé, sa fille, ses nombreuses maîtresses et sa hantise de la mort, le personnage de Joe Gideon laisse peu à peu ses obsessions l’engloutir.

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Tous en Scène

Rétrospective comédies musicales

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Fred Astaire (Tony Hunter) et Cyd Charisse (Gabrielle Gerard) © MGM, Warner Bros.

Tous en Scène sort en 1953, la même année que Chantons Sous la Pluie et tous deux sont écris par Betty Comden et Adolph Green. Tous en Scène reprend cependant le même titre et quelques numéros de la comédie musicale The Band Wagon, créée par George S. Kaufman à Broadway en 1931, et dans laquelle Fred Astaire jouait avec sa soeur Adèle. Le film qu’on peut décrire comme un « backstage musical », met en scène Tony Hunter, un acteur de comédies musicales sur le déclin, interprété par Astaire (qui après avoir annoncé sa retraite joue presque ici son propre rôle). Tony accepte malgré lui de jouer dans une mise en scène catastrophique de Faust par un grand metteur en scène de théâtre, incarné par Jack Buchanan. Sa partenaire dans la pièce est une danseuse plus jeune et en vogue, interprétée par Cyd Charisse, avec laquelle des tensions éclatent rapidement.

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Le Danseur du Dessus

Rétrospective comédies musicales

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Fred Astaire (Jerry Travers) et Ginger Rogers (Dale Tremont) © 1935 Warner Bros Ent. / Everett Collection

Le Danseur du Dessus, sorti en 1935, est souvent considéré comme l’un des meilleurs films du duo Fred Astaire et Ginger Rogers, aux côtés de Sur Les Ailes de la Danse. Leur quatrième collaboration met en scène Jerry Travers, qui en dansant un soir, réveille Dale Tremont, l’occupante de la chambre en dessous. Lorsque cette dernière vient se plaindre, Jerry tombe immédiatement sous son charme. S’en suivent les quiproquos et complications habituelles, rythmés par certaines des plus belles mélodies du genre. 

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Chantons Sous la Pluie

Rétrospective comédies musicales

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Donal O’Connor (Cosmo Brown), Debbie Reynolds (Kathie Selden) et Gene Kelly (Don Lockwood) © MGM

Singin’ in the Rain est une chanson écrite par Arthur Freed et Nacio Herb Brown en 1929. Quelques années plus tard, Freed, alors à la tête de l’unité chargée des comédies musicales chez MGM, trouve que sa chanson n’a pas reçu le succès escompté. Il charge Betty Comden et Adolph Green d’écrire une histoire basée sur cette composition. Les deux scénaristes trouvent l’idée de deux stars du cinéma muet qui vont devoir franchir le cap du parlant, donnant alors naissance à Chantons Sous la Pluie. Si à sa sortie en 1953 le film réalisé par Gene Kelly et Stanley Donen n’effectue qu’un score médiocre au box office et ne remporte aucune distinction particulière, il est aujourd’hui considéré comme la meilleure comédie musicale de tous les temps.

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Manifesto

Au cinéma le 23 mai 2018 / Rétrospective Cate Blanchett

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Cate Blanchett, exceptionnelle, endosse treize rôles dans ce surprenant film concept ©Haut et court distribution

À l’origine, ce film n’est pas destiné au cinéma : il s’agit d’une installation exposée dans les musées d’art contemporain, qui diffusait simultanément sur treize écrans les scènes des différents personnages incarnés par Cate Blanchett. Si le montage conçu par l’artiste allemand Julian Rosefeldt pour les salles obscures fait perdre à l’œuvre la force qu’elle puisait dans la liberté de déplacement laissée au spectateur, il fait néanmoins place à un étonnant et passionnant film-concept.

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