Rencontre avec : François de Brauer

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© Victor Tonelli

Dans La Loi des prodiges, François de Brauer incarne seul et minutieusement une panoplie de personnages pour nous raconter l’histoire de Rémi Goutard, un député qui cultive une haine sans pareil des artistes. Un spectacle merveilleux porté par un comédien épatant, qui affichait complet à Paris au théâtre de La tempête le mois dernier et entame actuellement une tournée en France.

Est-ce qu’il y a beaucoup d’éléments autobiographiques dans le spectacle ? 

Fatalement quand tu écris, il y a toujours une part autobiographique pour que cela soit ancré dans quelque chose d’intime, même si tu pars dans des univers délirants. En plus, le seul en scène c’est très particulier, c’est exposer sa sensibilité radicalement. Si tu ne fais pas ça en tant qu’auteur et interprète, tu passes un peu à coté de l’exercice du seul en scène je trouve. J’ai improvisé par rapport à ces codes autobiographiques parce que j’ai été un spectateur totalement idolâtre de Philippe Caubère. C’est un acteur et auteur qui travaille sur ce mode la, il joue beaucoup de personnages tout en racontant sa vie. Alors assez rapidement, j’avais envie de me démarquer de ce maître et de raconter une histoire qui ne soit pas la mienne. Vraiment créer des personnages, les caractériser, structurer une histoire sur une longue période de vie. J’avais envie de ce côté épopée et biopic. Ça me paraît être la convention d’aujourd’hui pour faire un seul en scène d’être dans l’autobiographie. C’est un peu une facilité, dans le sens où tu te débarrasses du soucis d’imaginer. Moi je n’avais pas envie de me faciliter le travail et même, au contraire, je voulais me compliquer la tâche en me disant que j’allais imaginer toute une histoire. J’avais aussi des prétentions d’écriture de fiction depuis longtemps que je n’arrivais pas à mener à bien. Mais je crois que c’est parce que je n’avais pas encore trouvé ma manière d’écrire, qui se fait en jouant. 

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Ithaque, Notre Odyssée 1

Théâtre de l’Odéon

Saison 2018-19 Théatre de l'OdeonITHAQUE Our Odyssey 1 by Christiane Jatahy  inspired by Homer’s work with Karim Bel Kacem, Julia Bernat, Cédric Eeckhout, Stella Rabello, Matthieu Sampeur, Isabel Teixeira
© Elizabeth Carecchio

On avait déjà pu voir le travail de Christiane Jatahy à la Comédie Française l’année précédente avec La Règle du Jeu, basée sur le film de Renoir. la metteur en scène brésilienne revient cette année avec Ithaque, Notre Odyssée 1 à L’Odéon. Nouvelle pièce encore une fois dite « immersive », ayant pour origine l’Odyssée d’Ulysse. Cependant pour Ithaque, ce n’est pas vraiment une immersion au sens propre du terme, les spectateurs ne sont pas introduit dans un autre univers ou époque et ne participent pas à l’intrigue. Ici, ils sont uniquement pris comme témoins et les acteurs s’adressent à eux dans leur capacité de spectateurs. Pas de quatrième mur donc pour cette transposition de l’Odyssée à notre époque. 

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La mort de Staline

Au cinéma le 4 avril 2018

 

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Rupert Friend (Vasily Stalin), Michael Palin (Vyacheslav Molotov), Jeffrey Tambor (Georgy Malenkov), Steve Buscemi (Nikita Khrushchev), Jason Isaacs (Field Marshal Zhukov) © IFC Films

Basée sur le comic book du même titre, écrit par Fabien Nury et Thierry Robin, la comédie raconte l’histoire de La mort de Staline et les moyens employés par sa garde rapprochée afin d’obtenir le poste vacant de Secrétaire Général de l’URSS. Le film, typiquement « British », d’Armando Iannucci est délicieusement déjanté et différent.

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Amadeus

National Theatre

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Adam Gillen (Wolfgang Amadeus Mozart) et Lucian Msamati (Antonio Salieri) © Marc Brenner

Grâce à son succès l’année dernière, la pièce Amadeus, écrite par Peter Shaffer, est reprise au National Theatre cette année. La biographie romancée de Mozart et l’histoire de sa relation avec son rival Salieri, avait déjà inspirée le réalisateur Milos Forman pour son film Amadeus, sorti en 1984. Le film, dont Shaffer avait écrit le scénario, avait connu un grand succès, remportant huit Oscars, dont celui de meilleur film, ainsi que le César du meilleur film étranger. Difficile, donc, de ne pas, dans un certain sens, proposer une reproduction de l’oeuvre cinématographique sur scène. Plus difficile encore de s’en inspirer tout en créant quelque chose de nouveau. C’est pourtant pari gagné pour le metteur en scène Michael Longhurst.

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L’Île aux chiens

Au cinéma le 11 avril 2018

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© Twentieth Century Fox

Lorsqu’une épidémie de grippe canine frappe la ville de Megasaki le maire decide de mettre tous les chiens en quarantaine à l’écart sur une île. Atari, un jeune garçon, se lance alors dans un périple afin retrouver son fidèle chien Spots. Après Fantastic Mr. Fox, le deuxième long métrage d’animation du réalisateur américain est une vraie réussite. Le film qui a ouvert le festival de Berlin cette année, et permis à Wes Anderson de remporter le prix du meilleur réalisateur, est une fable touchante qui plaira à tous les ages.

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Rencontre avec : Michaël Hirsch

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Michaël Hirsch © Studio Ledroit Perrin

Michaël Hirsch régale le public du Studio des Champs-Elysées avec son spectacle Pourquoi ?, un seul en scène enjoué sur un personnage qui se pose constamment des questions. Pour l’occasion, le comédien a accepté de répondre aux nôtres.

Quel a été ton parcours ?

Je suis né et j’ai fait toute ma scolarité à Metz, jusqu’à mes vingt ans. Puis j’ai fait une prépa HEC et une école de commerce à Reims. Je me suis rendu compte, pendant mon année de césure, qu’en fait ce n’était pas trop ce que j’avais envie de faire. J’adorais raconter des histoires mais pour une cause qui me paraissait juste. Ça faisait déjà un petit bout de temps que je faisais du théâtre et j’avais commencé à écrire dès le moment où j’avais mis le pied dans l’entreprise, comme si quelque chose en moi n’était pas tout à fait comblé. Puis sur un concours de circonstances, en école de commerce, mon directeur est tombé sur des textes que j’écrivais, il m’a demandé si c’était ce que je voulais faire de ma vie et j’ai répondu que je ne savais pas exactement. Alors il a ouvert le grand amphithéâtre de l’école pour moi et m’a dit « voila, ton premier spectacle tu le joueras à l’école ! ». C’était super car c’était une manière de dire à mes parents merci beaucoup de m’avoir payé mes études mais finalement ce n’est pas vraiment ce que je veux faire. Donc à la fin de mon école de commerce, d’un commun accord avec moi-même et mes parents, je suis allé à Paris pour suivre les cours de Jean-Laurent Cochet. C’est un maître du théâtre, il considère le métier de comédien comme celui d’un artisan, un métier de faiseur et j’adorais cette idée !

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Wonder Wheel

Au cinéma le 31 janvier 2018

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Kate Winslet, Juno Temple et Woody Allen sur le tournage de Wonder Wheel ©Mars Films

Le pessimisme et la noirceur de ce nouveau film de Woody Allen rappellent à quel point le metteur en scène est un grand dramaturge : on pense sans cesse à Tennessee Williams devant les relations usées qui animent les personnages désillusionnés de Wonder Wheel. La trame est classique : Ginny (Kate Winslet) se morfond, actrice ratée désormais serveuse, en couple avec Humpty, mari violent (Jim Belushi). Elle s’éprend d’un maître-nageur aspirant à devenir écrivain (Justin Timberlake), mais leur relation est très vite troublée par l’arrivée de Carolina (Juno Temple), la fille d’Humpty, qui fuit un mari mafieux voulant sa peau. L’image remarquable de Vittorio Storaro se fait le miroir de l’âme des protagonistes : les couleurs éclatent de désenchantement, comme celles d’une carte postale surannée.

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La Casa de Papel

Disponible sur Netflix

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(de gauche à droite) Roberto García Ruiz, Darko Peric, Úrsula Corberó, Miguel Herrán, Pedro Alonso, Alba Flores, Álvaro Morte, Paco Tous et Jaime Lorente © Antena 3 TV

La Casa de Papel est certainement l’une des meilleures surprises de ce début d’année. Créée par Álex Pina, la série met en scène un braquage, à priori, impossible : celui de la Fabrique Nationale de la Monnaie à Madrid. La série espagnole diffusée à l’origine sur Antena 3 est désormais disponible sur Netflix, où elle fait déjà un carton. Ses combinaisons rouges et masques de Dalí sont rapidement devenus les symboles d’un événement culturel mondial dans le paysage télévisuel.

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Phantom Thread

Au cinéma le 14 février 2018

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Vicky Krieps et Daniel-Day Lewis dans Phantom Thread @ Universal Pictures International France

Au cœur du Londres raffiné des années 1950, le couturier Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis, immense) habille les plus grandes familles mondaines et princières. L’exigence de son travail a bâti sa réputation et celle de sa maison. La perfection de son travail n’a d’égale que ses obsessions : il s’impose à lui-même un quotidien millimétré, partagé avec sa sœur (Lesley Manville). Bientôt, cette vie réglée et plutôt austère sera troublée par la venue d’une jeune femme, Alma (Vicky Krieps). Elle sera la muse du couturier, son modèle et sa femme. L’élément déclencheur d’une relation tortueuse et ambiguë qui fait peu à peu vaciller les émotions tacites du couturier.

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Rencontre avec : Jack Baldwin

Traduction française après la version originale

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Jack Baldwin

Mischief Theatre is one of the most acclaimed names in British comedy. Their show The Play That Goes Wrong has been running in London since 2012 and their more recent one The Comedy About A Bank Robbery since 2016. This year they came back with an improv show, Mischief Movie Night, making them the only company with three shows running simultaneously in the West End. The casts for both shows are changing this year and we met one of the newcomers : Jack Baldwin, who played in The Play That Goes Wrong, and is making his debut in The Comedy About A Bank Robbery this week .

When stepping into a role that has been played before, do you try to recreate what the previous actor did or try to make up your own version?

A bit of both, I think all actors are individuals so there are some things that they can do that I couldn’t possibly hope to do, but equally there are some things I can do that they can’t. As long as you’re true to the character and the play itself I think we end up doing similars things.

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