C’est en 2016 que le personnage d’Evan Hansen apparait pour la première fois sur les planches. L’adolescent le plus ordinaire de Broadway rencontre alors un succès épatant qui se solde par six Tony Awards. Il parait donc assez peu surprenant que Marc Platt (grand producteur de théâtre musical avant de devenir celui du film et père de l’interprète principal) cherche à entretenir sa bonne fortune en le projetant dans les salles obscures.
Imaginez Le Parrain de Francis Ford Coppola de nos jours, où les patrons d’un empire médiatique remplaceraient le clan de mafieux italo-américains, et l’humiliation régulière des héritiers, la loyauté familiale professée par Vito Corleone. Vous obtiendrez Succession, l’une des meilleures séries actuellement à l’antenne.
À Malte, Jesmark pêche à bord de son luzzu, barque en bois aux couleurs vives typique de l’île. Il poursuit la tradition familiale que met à mal le marché noir, auquel il tente de ne pas succomber…
Lauréat du « prix de l’originalité » à Cannes dans la section Un Certain regard, Lamb, premier long-métrage du cinéaste islandais Valdimar Jóhannsson, n’aura pas volé sa récompense. Il aurait même mérité un prix de la bizarrerie tant il s’écarte de nos habitudes de spectateur, à l’image de Titane, par l’union des contraires, des différences de genre, de ton et de nature. Sur la Croisette en juillet, les monstres ont eu le vent en poupe et nous ont bien cahoté, parfois jusqu’à la nausée (le bébé voiture de Julia Ducournau a échoué à nous attendrir), parfois juste comme il faut. Lamb appartient à cette seconde catégorie, celle des œuvres qui suscitent un trouble bienvenu, une perplexité qui ne fait qu’affermir notre envie de cinéma.
« Le cinéma de… » propose à une personnalité qui n’est pas issue du monde du cinéma de se confier sur ses goûts à travers un questionnaire. Rebeka Warrior, actuellement en tournée avec Mansfield.TYA pour l’album Monument ordinaire, est notre invitée.
Il est toujours plus prudent d’attendre le dernier jour de l’année pour être certain de son classement des meilleurs films sortis ces douze derniers mois. Toute fin décembre, de nouvelles œuvres peuvent encore nous saisir et se loger quelque part où nous savons qu’elles resteront – ce qui n’a pas manqué avec Tromperie, réalisé par Arnaud Desplechin, en salles depuis avant-hier. Voici nos films préférés de cette année 2021 presque normale, riche en grands films du monde entier.
Judith (Virginie Efira) mène deux vies bien rangées. L’une avec un chef d’orchestre français et deux garçons, l’autre avec un compagnon qui habite Genève avec une fille. Son métier de traductrice lui permet de prétexter des déplacements réguliers en évitant de créer le soupçon… Mais combien de temps pourra-t-elle poursuivre cette existence dédoublée ?
Laetitia Casta et Louis Garrel incarnent à l’écran un couple proche de celui qu’ils forment dans la vie. Dans La Croisade, joyeuse comédie utopiste en salles depuis hier, leurs personnages se retrouvent confrontés à l’engagement écologique de leur fils : il a vendu les objets de valeur de ses parents pour mener à bien un projet collectif qui vise à lutter contre le réchauffement climatique. Discussion autour de ce film qui ose aller au bout de son idée, et d’un fossé entre deux générations.
La Croisade a été présenté au festival de Cannes dans une nouvelle section dédiée à l’écologie. Cet engagement était-il à l’origine de votre propos ?
Louis Garrel : Faire des films militants n’est pas mon cheval de bataille. C’est Jean-Claude Carrière qui m’a dit un jour : « J’ai écrit une scène d’ouverture, dis-moi ce que tu en penses. » J’ai trouvé la scène brillante, c’est la première que l’on voit dans le film. À la fin de la scène arrive le thème : des enfants qui se passionnent pour le changement climatique. J’ai rétorqué à Jean-Claude : « Mais c’est faux ! Des enfants qui tout à coup penseraient à l’écologie, ça n’existe pas. C’est une invention de scénariste. » J’en ai parlé autour de moi, mes amis trouvaient aussi l’idée gênante, on n’y croyait pas. Dans son coin, Jean-Claude a continué à travailler le scénario et, un jour, on a entendu parler de Greta Thunberg. Elle a fait la grève puis 500 000 enfants se sont mobilisés dans un même mouvement. Incroyable. Ce qui est fou, c’est qu’aujourd’hui tout le monde dira « évidemment que les enfants sont impliqués », ce qui n’était pas du tout le cas il y a trois ans !
Laetitia Casta : C’est un sujet qui obsédait Jean-Claude à la fin de sa vie, une vraie conviction. Louis n’est pas lui-même engagé et j’aime beaucoup la fusion d’écriture qui s’est produite entre eux. Avec d’un côté Louis très romantique et de l’autre Jean-Claude très terre à terre.
La Croisade aurait pu être un film d’anticipation, mais c’est devenu une comédie d’actualité.
Huit ans après la fin de la trilogie, Lana Wachowski est de retour avec Matrix : Resurrections. Keanu Reeves, Carrie-Ann Moss, quelques visages familiers et, surtout, des nouveaux venus à qui l’on doit beaucoup.
Le romancier Arthur Dreyfus capte la relation névrotique qui lie l’historien du cinéma Noël Herpe à sa mère, Michelle Herpe-Voslinsky, en les mettant en scène à travers un dialogue riche en rebondissements. Une curieuse thérapie de couple.