En 1996, les disgracieux Razzie Awards « sacraient » le Hollandais Paul Verhoeven comme Pire Réalisateur pour son film Showgirls, alors échec public et désastre critique. Contre toute attente, le récipiendaire vint en personne récupérer son prix, sourire aux lèvres. Cela en dit long sur le formidable recul d’un électron libre qui aura sciemment parasité le monde formaté d’Hollywood. Aujourd’hui réhabilité, le film s’avère un point culminant dans sa carrière.
Après Call me by your name, Luca Guadagnino continue son exploration des mœurs adolescentes. Dans We are who we are, nous suivons le parcours d’un groupe de jeunes, et plus précisément Fraser et Caitlin dans une base militaire américaine en Italie.
Vous avez surement déjà entendu l’un de ses tubes à la radio ou vu l’une de ses performances délirantes à la télévision. La chanteuse australienne Sia a bien mérité son statut de pop-star respectée. Ce que vous ne savez sans doute pas, c’est qu’elle a décidé cette année de s’essayer au cinéma, et tout le monde ne s’en réjouit pas.
Le cinéaste et scénariste Pascal Bonitzer nous a fait l’amitié de nous recevoir chez lui pour revenir sur l’ensemble de sa carrière. Et évoquer la situation actuelle, très inquiétante pour le cinéma d’auteur.
La disparition de Jean-Claude Carrière nous a replongé dans le livre sur le scénario que vous avez écrit avec lui. Comment vous êtes-vous rencontrés ?
C’est très simple, il était président de la Fémis et je dirigeais le département écriture. On se croisait souvent, mais je ne le connaissais pas intimement. À un moment donné s’est posée la question de faire un livre sur le scénario pour les étudiants, édité par la Fémis. On l’a écrit parallèlement : j’ai écrit ma partie, il a écrit la sienne et les deux choses sont assez différentes. C’était quelqu’un de très chaleureux, aimable et sympathique.
Vos visions de la pratique du scénarioétaient-elles assez proches ?
Il était évidemment beaucoup plus chevronné que moi, et de plus je n’avais pas encore fait mes premiers films. En réalité, je n’ai été scénariste à part entière qu’à partir du moment où j’ai réalisé mes films. Je ne me considérais pas comme un scénariste qui apportait ses histoires à des metteurs en scène, mais comme quelqu’un qui essayait de partager l’univers des metteurs en scène avec qui je travaillais. En un sens, c’était un peu le cas pour Jean-Claude Carrière avec Luis Buñuel, mais il avait une expérience beaucoup plus large que la mienne.
Avant d’être scénariste, vous avez été critique de cinéma. En quoi est-ce que cela a influencé votre façon d’écrire ?
Oui, j’ai été critique aux Cahiers, revue qui avait une vision très particulière du cinéma. Il y avait d’abord cette philosophie première qui était la politique des auteurs, et considérant que le scénario n’était pas princeps par rapport à la mise en scène, que le véritable auteur du film était le metteur en scène. Quand je suis entré aux Cahiersdu cinéma, en 1969, c’était une période de remise en cause globale de tous leurs principes antérieurs. Il y avait une présence très forte de la théorie – théorie structuraliste, psychanalyse lacanienne, critique barthésienne – et la revue était très politisée. En tant qu’étudiant à Nanterre en 68, j’étais en phase avec cela, tout en étant aussi un cinéphile très maniaque. Ma culture s’est faite dans les cinémas d’art et d’essai, j’avais découvert les Cahiers à 14 ans…
Malgré la politique des auteurs, vous vous tournez d’abord vers le scénario plutôt que la mise en scène.
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