En 1989, Sexe, mensonges et vidéo fait une entrée remarquée dans la sélection du festival de Cannes. Ecrit en seulement huit jours et tourné avec un budget relativement restreint, il s’agit du premier long métrage de fiction du réalisateur Steven Soderbergh.
Au XIXe siècle, une jeune femme écossaise, Ada MacGrath (Holly Hunter), est envoyée par son père en Nouvelle-Zélande pour épouser un homme qu’elle n’a jamais rencontré (Sam Neill), responsable d’une colonie. Elle débarque sur une plage battue par des vents froids, accompagnée de sa fille de dix ans, Flora (Anna Paquin), qui est aussi son interprète. Ada est muette.
Cinq ans après Tale of Tales, d’après le Pentamerone (1634) de Giambattista Basile, Matteo Garrone s’attaque à un autre conte, plus emblématique encore, Pinocchio (1883) de Carlo Collodi. Une adaptation très fidèle des aventures du garçon en bois qui déroule son programme sans surprendre, mais dont l’univers séduit de bout en bout. Malheureusement, le film sort sur la plateforme Amazon Prime Video, privé d’une sortie au cinéma en France, pourtant prévue le 1er juillet à défaut du 18 mars.
Délégué général du Festival de Cannes de 1978 à 2000 puis président jusqu’en 2014, Gilles Jacob a façonné le plus grand festival de cinéma du monde. Une vie passée dans les salles obscures, faite de rencontres et d’une quête insatiable du meilleur du cinéma d’auteur. Si le Festival de Cannes, auquel nous nous rendons depuis trois ans, n’aura pas lieu ce mois-ci, plongeons dans les souvenirs de l’ancien patron des lieux, que nous remercions pour son amitié et le partage sans borne de son amour pour le cinéma.
A quel moment avez-vous su que vous étiez atteint de cinéphilie ?
Assez tard. Vers 10 ans, c’était plutôt de la boulimie d’images en mouvements, je ne savais pas ce qu’était un metteur en scène. Un acteur, oui : Fernandel me faisait hurler de rire, Pierre Fresnay m’en imposait, Raimu aussi avec sa belle voix grave, quant à Josette Day, j’en étais amoureux tout en ignorant tout de l’amour. La cinéphilie est venue bien plus tard, lorsque j’étais en seconde à Louis le Grand, rentré à Paris après la guerre ; ensuite quand Claude Chabrol m’entraînait dans les petites salles d’art et d’essai du quartier Latin. Bizarrement, c’est par la négative que j’ai compris l’art de la mise en scène. En regardant Vautrin de Pierre Billon (1943), je me suis dit que jamais un metteur en scène ne serait à la hauteur de Balzac. J’ai décidé d’arrêter d’aller au cinéma, ce qui m’a pris deux à trois ans jusqu’à ce qu’une jeune fille me prenne par la main, contente de se retrouver dans le noir tous les deux. Ensuite le cinéma ne m’a plus quitté, mais la littérature non plus. J’ai apprécié très vite le génie particulier d’auteurs comme Robert Bresson, Henri-Georges Clouzot, John Ford, Howard Hawks, Jean Renoir, John Huston, William Wyler. Et je me suis mis à écrire. Comme La Revue du cinéma venait de disparaître et que les Cahiers du Cinéma n’existaient pas encore, il y avait là un vide qui aurait pu être comblé. C’est alors que, à quelques uns qui préparions le concours pour l’Ecole Normale Supérieure en khâgne, nous avons créé la revue Raccords dont j’étais le rédacteur en chef et qui a tenu pendant onze numéros jusqu’à l’arrivée des Cahiers. Cela a duré de 1949 à 1951.
De quelles qualités doit faire preuve le bon critique de cinéma ?
Esty, jeune femme de 19 ans, décide de quitter sa communauté hassidique de Williamsburg, Brooklyn, pour rejoindre Berlin où vit sa mère, qui a fui comme elle des années plus tôt. Là-bas, elle découvre une vie nouvelle, loin des enseignements qu’on lui a transmis. Se rendant compte de sa disparition, le rabbin charge le mari d’Esty et son cousin à se rendre dans la capitale allemande pour la rappeler à ses obligations.
Un soir d’hiver, Mildred Beragon attire chez elle l’entreprenant Wally Faye. Celui-ci y tombe sur le cadavre de Bert Beragon, le mari de Mildred. Mais quand un peu plus tard cette dernière est convoquée au commissariat, elle y apprend que ni Wally, qu’elle semble avoir voulu faire accuser, ni elle, dont le comportement est après tout bien mystérieux, ne sont inculpés : c’est son ancien mari, Bert Pierce, qui s’accuse du crime. Mildred s’insurge, et décide de passer aux aveux – des aveux qui la ramènent loin en arrière.
Le motif de l’évasion apparaît très tôt dans l’histoire du cinéma. Il faut remonter en 1904, lorsque Georges Méliès réalise Benvenuto Cellini ou Une curieuse évasion. Puis, dans les années 1910 et 1920, ce sont Charlie Chaplin et Laurel et Hardy qui posent les premières pierres de touche du genre : dans The Adventurer (Charlot s’évade) sorti en 1917, le vagabond vêtu d’un uniforme rayé est l’objet d’un chasse à l’homme burlesque, tandis que dans The Second Hundred Years (Les Forçats du pinceau) en 1927, Laurel et Hardy creusent un tunnel qui les mène directement dans le bureau du directeur de la prison. Rébellion contre l’ordre établi et retour à la liberté, l’évasion est traitée par le biais de l’humour et déjà associée à des éléments visuels marquants, à une narration simple et captivante, apte à traduire un rapport profond entre l’homme et son environnement. Avec les deux guerres mondiales, les films d’évasion se multiplient, puis les faits divers alimentent les scénarios. De René Clair à Mervyn LeRoy en passant par Raoul Walsh et Billy Wilder, nombreux sont les cinéastes qui s’inspirent de l’évasion, motif qui atteint un sommet esthétique à la fin des années 1950 en France, et connaît un large succès dans le cinéma américain des années 1960-70.
Après la relation turbulente mère-fille qu’elle mettait en scène dans l’excellent The Diary of a teenage girl, Marielle Heller s’attaque à une relation père-fils, pas des plus saines non plus.
Ulrich Mott (Christoph Waltz), guide touristique à Washington, est passionné par la diplomatie. Ambitionnant de changer de métier, il épouse Elsa Brecht (Vanessa Redgrave), journaliste beaucoup plus âgée que lui dont le carnet d’adresses à l’intérieur du milieu politique est incommensurable, et devrait lui permettre d’approcher ses hauts modèles. Un soir, Elsa est retrouvée morte… Son mari annonce sa décision de trouver le coupable, tandis qu’aux yeux de la fille d’Elsa (Annette Bening), Ulrich l’a tué. Cette histoire vraie, adaptée d’un article du New York Times intitulé Le pire mariage de Georgetown, inspire au comédien Christoph Waltz sa première réalisation.
Porter des collants verts moulants en conservant un semblant de dignité n’est pas donné à tout le monde. Errol Flynn atteint l’apogée de son succès lorsqu’il interprète le héros éponyme dans Les Aventures de Robin des bois en 1938. Sa carrière hollywoodienne n’avait pourtant démarré que quelques années plus tôt : en 1935 le jeune acteur australien joue un corps inerte dans The Case of the Curious Bride, réalisé par un certain Michael Curtiz.