Le cri des gardes

San Sebastian International Film Festival 2025

© Les films du Losange

Dans Le cri des gardes, Claire Denis adapte le Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès. Les quelques idées formelles que la cinéaste propose relèvent d’avantage de la scénographie que de la mise en scène. Si le théâtre de Koltès est éprouvant, Le cri des gardes l’est aussi, mais dans un autre registre. 

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La « Teenage Apocalypse Trilogy » de Gregg Araki, ou quand l’amour et la communauté ne suffisent pas

Actuellement au cinéma – ressortie

© Capricci

On espère depuis longtemps que Gregg Araki délaisse un peu la réalisation d’épisodes de séries (Dahmer, Riverdale, 13 Reasons Why…) pour se remettre au cinéma. C’est qu’il y a plus de dix ans depuis son dernier long métrage, White Bird in a Blizzard (2014) – qui avait par ailleurs reçu un accueil mitigé. Dans l’attente de I Want Your Sex (avec Olivia Wilde et Charli xcx), toujours sans date de sortie, on peut se replonger dans les débuts du réalisateur pionnier de la Queer New Wave : le 17 septembre, la « Teenage Apocalypse Trilogy », compose de Totally F***ed Up (1993), The Doom Generation (1995) et Nowhere (1997), s’offre une ressortie en salle.

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Downton Abbey : Le grand final

Actuellement au cinéma

© 2025 Focus Features LLC.

Finir. Voilà la pierre d’achoppement sur laquelle trébuche un grand nombre de séries. Par définition, la série est conçue pour s’inscrire dans la durée, et sa longévité est souvent subordonnée à son succès : plus l’audience est grande, plus la durée de vie de la série augmente. En 2015, dans sa sixième et dernière saison, Downton Abbey mettait un premier point final aux histoires de la famille Crawley et de ses domestiques. Mais depuis, la série britannique, qui a progressivement gagné ses lettres de noblesse outre-Atlantique, n’en finit pas de finir. Victime de son succès, elle a commencé à ressusciter au cinéma, dans un premier film pâlot (Downton Abbey, 2019) puis dans un deuxième opus plus convaincant (Downton Abbey 2 : Une nouvelle ère, 2022), où la merveilleuse Maggie Smith nous faisait ses adieux. Il y avait de quoi être sceptique à l’annonce d’un énième volet au titre quelque peu présomptueux, Downton Abbey : Le grand final. Fan service ou réel au revoir ? Il semble que Julian Fellowes, le créateur et producteur de la série, soit devenu raisonnable, en laissant enfin tranquille sa poule aux œufs d’or. La série Downton Abbey tire donc joliment sa révérence, sans avoir été trop élimée.

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Nos coups de cœur à Off-Courts

Off-Courts Trouville touche aujourd’hui à sa fin, après cinq jours de projections, atelier kino et autres activités festives. Le festival fait encore une fois la part belle au cinéma d’animation ; en témoignent nos trois coups de cœur au sein des programmes de la compétition française.

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Materialists

Actuellement au cinéma

© Sony

Celine Song, la réalisatrice du très beau Past Lives, reprend un schéma identique dans son nouveau film : un triangle amoureux est au cœur de Materialists. On y trouve, Lucy (Dakota Johnson), une jeune matchmakeuse (organisatrice de rencontres entre célibataires) vivant à New-York. Autour d’elle, John (Chris Evans), un comédien fauché, et Harry (Pedro Pascal), un homme riche et charmant. Le premier est trop sanguin et l’autre n’a pas assez de coups de sang mais ce qui les différencie principalement aux yeux de Lucy, c’est leur argent. 

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Parlement – Saison 4

Le 7 mai dernier, Parlement a fait son retour sur la plateforme france.tv, avec la diffusion de sa dernière saison. La série franco-germano-belge offre un final à la hauteur de ce qu’elle a été jusqu’à présent : une satire grinçante à l’acuité politique sans pareille.

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Un simple accident

Actuellement au cinéma

© Memento Distribution

Dans Un simple accident, Jafar Panahi met en scène la rencontre entre des prisonniers politiques et leur tortionnaire. 

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Alpha

Festival de Cannes 2025

© Diaphana Distribution

Dans les années SIDA, Alpha est une jeune adolescente en pleine crise, fille d’une infirmière gentille mais parfois trop protectrice et nièce d’un oncle addict mais parfois rigolo. Voilà à peu près le nouveau film de Julia Ducournau résumé et l’évolution des personnages synthétisée. Une tâche, on l’avouera, peu complexe étant donné qu’Alpha ne fait que du sur-place.

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Sirât

Festival de Cannes 2025

© Pyramide Distribution

Au milieu du désert, on installe des enceintes. La puissance du son qu’elles produisent est telle qu’on dirait qu’elle a érodé les falaises qui entourent la plaine. Les fissures qui parcourent la pierre rouge ressemblent à un électrocardiogramme de la musique. Parmi les teufeurs, des cœurs qui battent à des rythmes différents : chacun vivant une expérience profondément introspective dans la sureté qu’offre le groupe. Au sein de ces personnages unis par les liens de la drogue, Luis cherche celle qui l’est par le sang : sa fille. Et bientôt, les deux liens finiront par n’en devenir qu’un. 

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Tu ne mentiras point

Actuellement au cinéma

© Condor distribution

C’est une église dans un pays de charbon. On la voit sous tous ses angles, toujours de l’extérieur. L’image est sombre, tachée comme les visages et les mains de ceux qui remplissent et transportent des sacs de houille toute la journée. Bill Furlong (Cillian Murphy) gère sa petite en19treprise. C’est lui qui livre le charbon. Il est généreux, taiseux, travaille dur. Un bon père de famille des années 1980, l’incarnation d’une virilité d’apparence tranquille. Ça pourrait être cliché, mais la mélancolie qu’il y a toujours au fond des yeux de Cillian Murphy confère au personnage une profondeur naturelle, une grande humanité dans l’immobilité et le silence les plus totaux. De tranquille, la virilité devient hantée. Le regard et le silence suffisent. Travelling après travelling, on s’accroche à Bill, à son ennui. La caméra divague sur la ville avant de rattraper le protagoniste, qui n’a pas changé. On n’avait pas besoin de plus. Un personnage anesthésié qui, soudain, serait confronté à l’horreur.

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