Dans Nuremberg, James Vanderbilt retrace les événements qui mènent au procès historique. Ce qui intéresse principalement le cinéaste ce sont les échanges (fictifs) entre les prisonniers nazis et un psychiatre envoyé par l’armée américaine pour étudier leur comportement et éviter toute tentative de suicide. Un programme alléchant que Nuremberg réduit rapidement et efficacement à néant.
Kaouther Ben Hania continue à explorer la frontière entre cinéma de fiction et documentaire. Dans La voix de Hind Rajab, elle reconstitue les événements ayant eu lieu le 29 janvier 2024 : Hind Rajab, une fillette de six ans, est prisonnière dans la voiture de son oncle, tué avec les autres passagers par l’armée israélienne. Seule au milieu des cadavres, Hind demeure coincée et cachée. Des heures durant, elle reste au téléphone avec le Croissant-Rouge palestinien (une société de secours) qui tente de la rassurer et de coordonner la venue d’une ambulance.
Dans Le cri des gardes, Claire Denis adapte le Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès. Les quelques idées formelles que la cinéaste propose relèvent d’avantage de la scénographie que de la mise en scène. Si le théâtre de Koltès est éprouvant, Le cri des gardes l’est aussi, mais dans un autre registre.
On espère depuis longtemps que Gregg Araki délaisse un peu la réalisation d’épisodes de séries (Dahmer, Riverdale, 13 Reasons Why…) pour se remettre au cinéma.C’est qu’il y a plus de dix ans depuis son dernier long métrage, White Bird in a Blizzard (2014) – qui avait par ailleurs reçu un accueil mitigé. Dans l’attente de I Want Your Sex (avec Olivia Wilde et Charli xcx), toujours sans date de sortie, on peut se replonger dans les débuts du réalisateur pionnier de la Queer New Wave : le 17 septembre, la « Teenage Apocalypse Trilogy », compose de Totally F***ed Up (1993), The Doom Generation (1995) et Nowhere (1997), s’offre une ressortie en salle.
Finir. Voilà la pierre d’achoppement sur laquelle trébuche un grand nombre de séries. Par définition, la série est conçue pour s’inscrire dans la durée, et sa longévité est souvent subordonnée à son succès : plus l’audience est grande, plus la durée de vie de la série augmente. En 2015, dans sa sixième et dernière saison, Downton Abbey mettait un premier point final aux histoires de la famille Crawley et de ses domestiques. Mais depuis, la série britannique, qui a progressivement gagné ses lettres de noblesse outre-Atlantique, n’en finit pas de finir. Victime de son succès, elle a commencé à ressusciter au cinéma, dans un premier film pâlot (Downton Abbey, 2019) puis dans un deuxième opus plus convaincant (Downton Abbey 2 : Une nouvelle ère, 2022), où la merveilleuse Maggie Smith nous faisait ses adieux. Il y avait de quoi être sceptique à l’annonce d’un énième volet au titre quelque peu présomptueux, Downton Abbey : Le grand final. Fan service ou réel au revoir ? Il semble que Julian Fellowes, le créateur et producteur de la série, soit devenu raisonnable, en laissant enfin tranquille sa poule aux œufs d’or. La série Downton Abbey tire donc joliment sa révérence, sans avoir été trop élimée.
Off-Courts Trouville touche aujourd’hui à sa fin, après cinq jours de projections, atelier kino et autres activités festives. Le festival fait encore une fois la part belle au cinéma d’animation ; en témoignent nos trois coups de cœur au sein des programmes de la compétition française.
Celine Song, la réalisatrice du très beau Past Lives, reprend un schéma identique dans son nouveau film : un triangle amoureux est au cœur de Materialists. On y trouve, Lucy (Dakota Johnson), une jeune matchmakeuse (organisatrice de rencontres entre célibataires) vivant à New-York. Autour d’elle, John (Chris Evans), un comédien fauché, et Harry (Pedro Pascal), un homme riche et charmant. Le premier est trop sanguin et l’autre n’a pas assez de coups de sang mais ce qui les différencie principalement aux yeux de Lucy, c’est leur argent.
Le 7 mai dernier, Parlement a fait son retour sur la plateforme france.tv, avec la diffusion de sa dernière saison. La série franco-germano-belge offre un final à la hauteur de ce qu’elle a été jusqu’à présent : une satire grinçante à l’acuité politique sans pareille.
Dans les années SIDA, Alpha est une jeune adolescente en pleine crise, fille d’une infirmière gentille mais parfois trop protectrice et nièce d’un oncle addict mais parfois rigolo. Voilà à peu près le nouveau film de Julia Ducournau résumé et l’évolution des personnages synthétisée. Une tâche, on l’avouera, peu complexe étant donné qu’Alpha ne fait que du sur-place.