Les premiers faits sont frontaux, inexplicables. Un homme se suicide du haut d’un immeuble. Un peu plus tard, c’est un acte de vengeance froid et violent qui interpelle… Les mystères initiaux de Face à la nuit se lèveront peu à peu au terme d’une intrigue à trous, à l’envers de la chronologie. Le réalisateur malaisien Wi Ding-ho a choisi une structure qui remonte le temps pour raconter l’histoire tourmentée de Zhang Dong Ling. Avenir, présent, passé, trois moments qui nous en apprennent chacun un peu plus sur la raison de ses actes, et dévoilent ce qui se cache sous le poids des années. Été comme hiver, quelle que soit la saison, l’action se déroule la nuit : l’atmosphère est posée.
Quelle a été votre première rencontre avec le théâtre et quand avez-vous su que vous deviendriez comédien ?
Je ne voulais pas devenir comédien, je jouais donc j’ai continué. Je faisais tout le temps le clown donc ça me paraissait naturel mais je n’ai jamais pensé que je voulais en faire un métier. C’était de l’exhibition pour faire rire les gens. Puis j’ai commencé à lire et à me dire qu’il y avait des choses plus intéressantes que juste faire l’imbécile. J’ai de la chance que ça me soit venu par esprit de contradiction : ma mère était professeur d’anglais et mon père médecin dans la marine. Avec mon frère ainé nous avions besoin de nous affirmer donc nous nous sommes tournés vers des gens qui avaient des valeurs radicalement différentes de celles de nos parents. Pour moi la chose significative qui s’est passée à ce moment là c’est qu’on se rebellait contre nos parents mais on discutait, donc finalement on les a changé. Mes parents étaient de belles personnes, avec leurs contradictions, leur violence et leur histoire mais ils étaient curieux.
Votre envie de mise en scène est venue en même temps que celle du jeu ?
Oui, quand j’avais quatorze ans je faisais des films super 8 en mettant en scène les gens que j’avais autour de moi. J’écrivais des pièces, je les mettais en scène, je les jouais et je les produisais. J’ai toujours été comme ça et ça continue. C’est venu très tôt à cause de cette instabilité, cette souffrance intérieure et difficulté à exister qui fait que l’on a pas le choix. Cela va de pair avec l’envie d’art dramatique ou d’art tout simplement. On se tourne vers des choses qui semblent vous donner, non pas des solutions forcément, mais des espaces, des activités où vos questions sont possibles. Moi ça m’a permis de vivre.
Vous êtes ensuite parti de Toulon car le théâtre n’était pas spécialement bien vu là-bas ?
Oui, disons que j’avais dix-huit ans, donc c’était aussi pour partir le plus loin possible de Toulon, de mes parents, de ma famille; Bruxelles c’était bien. Mais j’ai toujours eu l’idée, l’obsession que le théâtre était abordable par tout le monde. J’ai toujours le sentiment que des gens qui, à priori, pensent ne pas être intéressés peuvent finalement l’être.
Vous êtes aussi directeur du théâtre le Liberté à Toulon, comment rendre cet art plus attractif ?
Tout l’exercice de la direction du théâtre est d’essayer de comprendre quelles sont les populations qui sont effrayées par le théâtre, qui n’en ressentent pas l’utilité ou qui ne mesurent pas que ça peut être un instrument de liberté pour eux. On a donc réfléchi à comment faire pour que cela devienne leur endroit. Je ne crois pas qu’on donne quelque chose à quelqu’un s’il n’y participe pas, c’est un peu comme l’amour, on ne fait pas l’amour tout seul. On s’intéresse d’abord beaucoup aux jeunes, on essaye de faire beaucoup de choses dans plusieurs disciplines pour que ça ne soit pas considéré seulement comme un exercice de théâtre pur mais une constellation de langages. Il faut que les gens pensent avec ce qu’ils sont, avec ce qu’ils ont comme culture, ils peuvent y participer. Pour moi la notion d’univers n’est pas vaine et ces institutions ne sont pas là pour cibler des spectateurs mais pour être universelles, pour construire quelque chose avec le plus de monde possible.
Vous avez toujours considéré le cinema et le théâtre de la même manière ?
À la fin des années 1960, l’île de Wight avait abrité un grand festival de rock, qui allait être supplanté par celui de Woodstock à la même période. C’est peut-être le souvenir de cet événement qui a incité Max Minghella (fils d’Anthony Minghella, réalisateur du Patient Anglais) à situer l’action de son Teen Spirit sur cette île du sud de l’Angleterre. Ici vit Violet (Elle Fanning), une adolescente ambitieuse et discrète passionnée par le chant. La jeune fille entraîne sa voix en se produisantà l’insu de sa famille dans un bistrot quasiment désert, et rêve de partir de son village pour faire carrière dans l’industrie musicale. L’occasion se présente lorsqu’elle est retenue pour participer à une émission télévisée, sorte de The Voice mêlée à La Nouvelle Star.
Christopher Walken, invité d’honneur du Champs-Elysées Film Festival 2019
Quelques jours après l’événement organisé autour de la venue de Jeff Goldblum, le Champs-Elysées Film Festival a marqué les esprits en invitant Christopher Walken, pour des présentations de séances et une masterclass. Devant une salle comble et impressionnée, l’acteur s’est confié sur sa carrière. Petit parcours de sa filmographie à travers des citations choisies.
L’actrice française Laure de Clermont-Tonnerre s’est dirigée vers les grands espaces du Nevada pour tourner son premier long-métrage en tant que réalisatrice. Elle s’empare d’un fait réel à forte teneur romanesque : dans cet état existe un programme de réinsertion carcérale qui repose sur la domestication de mustangs sauvages par des détenus. Les résultats sont souvent concluants pour les prisonniers, car ils sont ensuite beaucoup moins sujets à la récidive. C’est dans ce programme que s’engage Roman (Matthias Schoenaerts), un homme au caractère renfermé et abrupt, incarcéré en plein milieu du désert. S’il se montre d’abord réticent, violent, de nouveaux sentiments vont peu à peu s’extraire de sa solitude.
Jeff Goldblum est l’un des invités du Champs-Elysées Film Festival 2019
Pour l’ouverture de sa 8e édition, le Champs-Elysées Film Festival a ravi le public en invitant l’acteur américain Jeff Goldblum. En marge de la projection en avant-première de l’ovni The Mountain de Rick Alverson, film de formaliste qui sortira mercredi prochain, le comédien a offert une masterclass à laquelle cinéphiles et fans ont répondu présent.
Son ancien petit ami lui a lancé de l’acide, elle doit reconstruire sa vie avec des blessures qui ne partiront jamais. Jade sort de l’hôpital défigurée et affaiblie, tant physiquement que psychologiquement. Elle retrouve sa mère, dépassée par ses responsabilités, et sa fille de deux ans, terrorisée par le nouveau visage de sa mère. Le geste destructeur ne nous sera pas montré, car Dirty God se centre sur la reconstruction post-traumatique. Jade n’a pas d’autre choix que d’aller de l’avant pour apprendre à vivre avec sa personne abîmée, à refaire corps avec sa féminité. La symbolique d’un raccord montrant la jeune fille dans le train fantôme d’un parc d’attraction puis dans le métro résume bien l’épreuve difficile qu’elle va devoir surmonter.
Au départ, le film s’annonce comme le récit d’un changement de vie presque anodin, l’histoire d’un type qui plaque tout et prend la route… mais le bouleversement de la vie de Georges prend une tournure bizarre dès lors qu’il tente de faire disparaître sa veste dans les toilettes d’une aire d’autoroute. Son changement de vie devient soudain changement de peau, il part à la rencontre d’un vendeur qui lui cède l’objet de son désir et le déclencheur de son obsession : une veste en daim.
À l’occasion de la sortie de son documentaire Cyrano et la petite valise, dans lequel elle suit, sur une année, l’évolution d’un atelier de pratique théâtrale avec des sans-abris dans un centre Emmaüs, rencontre avec la réalisatrice Marie Frapin.
Quel est votre parcours ? Comment devient-on réalisatrice de documentaires?
Après avoir quitté la fac, j’ai fait de la recherche sur l’image au centre Georges Pompidou. J’étais chargée de la coordination d’une manifestation publique sur le sens de l’image qui s’intitulait « La revue de l’image », à laquelle Umberto Eco, Raoul Ruiz, Jean-Luc Godard ont contribué. Je suis ensuite devenue assistante de réalisation à la télévision, j’allais aussi bien sur des plateaux multi-caméras que sur des fictions. Parallèlement, je faisais des films pour des musées, et j’avais déjà en tête l’idée de me tourner vers le documentaire. Quand la télévision est devenue privée, après de nombreux assistanats, je suis devenue réalisatrice.
Comment avez-vous eu l’idée de faire un film sur les ateliers de théâtre d’Emmaüs ?
C’est sous la forme d’une comédie musicale fantaisiste que le biopic d’Elton John a vu le jour. Le chanteur/compositeur, lui-même producteur du film, choisit de représenter sa vie entremêlant sa réalité et ses rêves. Ainsi, chaque chanson est replacée dans un certain contexte du parcours personnel d’Elton John ou de son parolier Bernie Taupin et se voit ré appropriée par les différents personnages présents autour d’eux à ce moment. Cette inclusion des chansons dans l’intrigue et leur amorce dans le déroulement du film promettaient plus d’originalité qu’un biopic classique.