Il est toujours difficile pour un acteur de se trouver cantonné à une seule et unique performance. Disparu avant-hier à 90 ans, Sean Connery l’avait bien compris et ne recula donc devant rien pour faire oublier James Bond. Quitte à devenir, le temps d’un bijou de polar signé Sidney Lumet, un antihéros particulièrement torturé.
La sortie de Peninsula, suite du mémorable Dernier train pour Busan (Yeon Sang-ho, 2016), replace les zombies au centre d’une actualité cinématographique qui leur fait de plus en plus de place. Le film de mort-vivant est un genre en renouveau : quatre films sélectionnés au festival de Cannes en 2019 les plaçait au cœur de leur propos. Depuis ses premières apparitions dans le cinéma de série Z (chez Edward Wood notamment) ou d’auteur (Vaudou de Jacques Tourneur, en 1943), le zombie inspire toujours plus de spectacle et de déclinaisons, parfois originales, pour le meilleur et pour le pire. S’il est souvent et pertinemment employé comme une allégorie pour dire les maux d’une société en crise, qu’il nous plonge dans la culture haïtienne ou dans un monde apocalyptique, il matérialise aussi une vision de l’homme qui le renvoie à sa propre décomposition. Mettons à l’honneur les films qui ont su exploiter cette figure en parcourant dix titres emblématiques, parmi ceux qui ont tracé des lignes définitives ou qui ont réussi à prendre d’autres directions.
Alors que le règne du pape Jules II semble toucher à sa fin, fragilisé par la montée en puissance des Médicis, Michel-Ange se trouve déchiré : les deux familles rivales sont aussi ses deux principaux commanditaires. Pris dans la tourmente des luttes politiques et de ses propres doutes et hantises, l’artiste de génie continue pourtant de créer.
Lorsque les lumières s’éteignent dans la salle, le théâtre du Rond-Point se retrouve habité par une étrange pesanteur. Sur le plateau, échafaudages et projecteurs se font face dans un bain de fumée. Les murs, le sol et les débris qui s’y trouvent sont couverts de dessins ou de mots tracés à la craie. Ces mots, ce sont ceux d’Exécuteur 14 d’Adel Hakim.
Dans un avenir proche où les villes ne sont plus que des décombres quasi déserts, un jeune homme survit en errant de refuge en refuge. Alors qu’il pense avoir tout perdu, sa rencontre avec un vieux projectionniste dans les ruines de Bologne lui redonne espoir ; tous deux partent en quête d’autres survivants, avec l’objectif de recréer une caméra, probablement la dernière de l’humanité.
Disponible en exclusivité sur Netflix, Les Sept de Chicago, deuxième long-métrage réalisé par Aaron Sorkin, est un sommet d’écriture particulièrement prenant doublé d’un grand film d’acteurs, mais peine à donner à son histoire déchirante le vertige esthétique qu’elle mérite.
Thomas Vinterberg excelle dans l’art de filmer le point de non-retour. Cet instant de tension, au bord de la chute. Ses personnages sont semblables à des funambules tentant de sortir indemnes de cet exercice périlleux. Dans son nouveau film Drunk, c’est l’alcool qui devient moteur de passage entre ces deux états.
Adapter Marcel Proust sur scène est un tel défi que se rendre au théâtre pour voir Le Côté de Guermantes est à la fois très excitant et une source d’inquiétude. Comment incarner les mots de l’auteur d’À la recherche du temps perdu ? Comment mettre en scène une prose inouïe qui ne provoque des émotions profondes que parce qu’elle tient entièrement de la littérature? Christophe Honoré, avec la troupe de la Comédie-Française, répond à ces questions en choisissant de mettre l’accent sur l’univers aristocratique auquel appartient le narrateur du roman.
Yalda, une jeune femme iranienne de 22 ans, est condamnée à mort pour avoir, dit-elle, accidentellement tué son mari. Afin d’échapper à cette sentence, elle doit obtenir le pardon de la fille du défunt, en direct à la télévision.
Depuis la déferlante des productions A24 (Hérédité, The Lighthouse), le cinéma d’auteur horrifique continue de s’offrir une cure de jouvence, accordant une part de plus en plus importante aux femmes. C’est dans cette démarche que s’inscrit Relic, premier long-métrage de l’australo-japonaise Natalie Erika James, qui malheureusement ne tient pas longtemps le choc face à la concurrence.