1979, en plein cœur de la campagne texane, un groupe de cinéastes amateurs désire réaliser l’œuvre qui fera d’eux des stars. Deux problèmes se posent : le couple auquel ils louent la maison du tournage se révèle bien antipathique, et ils veulent tourner un film pornographique.
Jacky Caillou. Quelle est cette œuvre au titre qui interpelle ? En amont de la projection, notre imagination divague déjà, tachant de concevoir ce que provoquerait un mélange entre le tuning et la culture beauf qu’évoque ce prénom d’une part, et le reflet de simplicité et d’innocence assimilé au prosaïque élément, nom antonomastique, d’autre part. Notre intuition est – presque – bonne (amateurs d’automobile, férus de véhicules à l’esthétique douteuse, friands de voitures aux accessoires inaccoutumés, passez votre chemin), le film repose pleinement sur des jeux d’oppositions.
« A lot of this really happened » s’écrit en lettres blanches au début du nouveau film de David O. Russell, une fantaisie d’abord bienvenue qui prend finalement la forme d’une certaine désinvolture de l’auteur face à son sujet et provoque l’ennui.
Dahmer – Monstre : l’histoire de Jeffrey Dahmer retrace la vie du tueur en série, de son enfance à sa mort, ses actes connus du grand public comme (et surtout) ses plus anecdotiques.
Quand on pense à Leonard Cohen, on pense à la pureté. Pureté de la voix, du texte, d’une musique qui sait accompagner et amplifier, sans jamais masquer la beauté simple des mots. Dommage que le documentaire de Dayna Goldfine et Dan Geller n’ait pas su suivre le modèle de son sujet. Le film est à l’image de son titre ; trop verbeux, rempli jusqu’à ras bord d’images, de témoignages, d’histoires, sur lesquels il ne prend pas le temps de s’arrêter et d’approfondir.
En ce début de mois d’octobre, car nous nous accommodions difficilement du rythme de la rentrée, l’équipe de Culture aux Trousses a décidé de s’offrir un petit voyage, direction la Colombie. L’occasion de découvrir de vastes paysages, depuis Bogota jusqu’à la Sierra Nevada. L’opportunité de pénétrer un pays et ses cultures en constante transformation, de rencontrer ses habitants mais aussi ceux qui ont émigré, ses espèces animales, et inévitablement, ses Chiens qui Aboient (nom de l’association à l’origine du festival). Voici une vue d’ensemble de cette expédition. Voici notre panorama du Panorama du Cinéma Colombien, alors que ce dernier fêtait cette année ses dix ans.
Frédéric Wiseman, créateur d’un genre documentaire en soi, s’essaie pour la seconde fois à la fiction, cette fois avec Nathalie Boutefeu. Un couple prend la forme d’un monologue, tout comme La Dernière Lettre, première fiction du cinéaste. Wiseman s’intéresse avec sa comparse à la vie de Sophie Tolstoï, compagne de l’écrivain russe, au travers de son journal intime et de quelques lettres de son mari. Le tout au milieu d’un jardin fleuri, peuplé de petits êtres qui n’ont semble-t-il pas été importunés par une équipe de tournage très réduite.
Près de cinquante ans, treize films et trois reboots plus tard, rien n’a changé à Haddonfield. La silhouette de Michael Myers rôde toujours et Laurie Strode, éternelle survivante, est vouée à y faire face tôt ou tard. Avec Halloween Ends, dernier épisode censé conclure la nouvelle trilogie lancée par David Gordon Green, tous les codes semblaient en place pour offrir un final attendu. Ce serait pourtant occulter les talents transgressifs du cinéaste et de son compère, Danny McBride, ayant opéré avec ces nouveaux films une approche singulière. Après le respectueux hommage en 2018 et le shoker génialement décérébré en 2021, ce troisième épisode dévie à nouveau de son postulat et des poncifs du slasher pour se lancer à corps perdu dans un drame psychologique déroutant.
26 novembre 1974. Simone Veil monte à la tribune de l’Assemblée Nationale pour défendre le droit à l’avortement. Face à elle, une marée d’hommes. Leurs visages défilent, à grand renforts de fondus et de gros plans pendant qu’ils enchaînent les arguments misogynes. En 2022, alors que le droit à l’IVG est menacé, la pertinence du sujet est incontestable. Pourtant, c’est comme si Olivier Dahan avait peur – que le discours de son héroïne ne soit pas assez fort, que la haine de ses adversaires ne soit pas assez marquante – et qu’il tentait de soutenir une histoire, qui se suffit par ailleurs très bien à elle-même, par un pathos qui devient rapidement insupportable.