Les comic books de Garth Ennis avaient fait l’objet d’une adaptation télévisée en 2015 : l’irrévérencieuse série Preacher. Quelques années plus tard, ils sont l’inspiration derrière The Boys, petit bijou d’Amazon Prime. Non moins irrévérencieux…
La bande-annonce de Broadway proclame : « le prochain Almodovar est grec ». Les inspirations du réalisateur Espagnol se font en effet ressentir, tout en ne se suppléant pas à la patte de l’auteur du film, Christos Massalas, dont il s’agit du premier long métrage. Un premier long, une première réussite, bien qu’il eut mérité d’être approfondi.
Pièce fleuve qui, en cinq actes, couvre une décennie, Antoine et Cléopâtre peut s’avérer sacre ou déchéance pour quel metteur en scène ose s’y frotter. Célie Pauthe n’a pas à le regretter.
Les journalistes sur place l’ont assez répété : malgré une compétition de bon niveau cette année, aucun film ne s’est réellement détaché dans la course à la Palme. Pas vraiment de chef d’œuvre donc, ni de palme évidente au rendez-vous, mais de belles émotions tout de même et de l’incompréhension, aussi, suite à l’annonce du palmarès qui ne nous a pas pleinement satisfaits. Contrairement à une grande partie de la presse, ce n’est pas devant Sans filtre (Triangle of Sadness) et sa palme d’or que l’on s’est étranglé. On a même beaucoup jubilé devant cette nouvelle satire de Ruben Östlund où un couple de mannequins-influenceurs en croisière sur un yacht voit son luxe propret et confortable voler en éclats. Sur le bateau, tout déborde, tout explose dans un chaos où l’on vomit et où l’on fait vomir le capitalisme. Il est par ailleurs assez ironique que le festival ait choisi de récompenser un film qui en reflète certains de ses aspects, tels que le culte des apparences et les différences de classe. En somme, peut-être est-ce moins le cynisme du film qui dérange ses détracteurs que le miroir qu’il tend à nos viles hypocrisies.
S’il est bien sûr reconnu comme l’éminent cinéaste du corps et de ce qui y grouille à l’intérieur, s’il est l’initiateur de ce que les commentateurs ont nommé le « body horror », ce sous genre de l’horreur qui se saisit du corps comme principal objet filmique, soumis à des transformations et de multiples transgressions, Cronenberg s’est toujours et tout autant penché sur les qualités de l’esprit, de la psyché et de l’impalpable. En témoigne l’empreinte de la psychanalyse sur ses récits, au point d’apparaître au grand jour comme jamais auparavant dans A Dangerous Method (2011), qui relate les balbutiements de cette science au début du XXème siècle. Ses films bâtissent également des univers mentaux gouvernés par une logique du fantasme, comme dans Le Festin nu (1991) où, fidèle à l’imaginaire chaotique et foisonnant de Burroughs, la réalité de Bill Lee se dissout dans un flux d’hallucinations provoqué par l’inoculation d’une poudre anti cafards. Un schéma narratif similaire se retrouve dans Vidéodrome (1983)et eXistenZ (1999), bien que l’objet causal de l’égarement psychique et perceptif des personnages y soit d’une toute autre nature.
On aurait pu croire à un film sensible sur les rapports conflictuels entre un frère et une sœur, comme l’indiquait le synopsis. Au lieu de cela, Frère et sœur devient rapidement un drame petit bourgeois dans lequel deux jeunes artistes se haïssent à la mort pour on ne sait quelle raison.
Huit ans après Maps to the stars, David Cronenberg est de retour avec Les crimes du futur. Du même titre que son second long-métrage, le film permet au réalisateur de tisser des liens avec la totalité d’une filmographie, pour le moins dense.
Avec la saga Mission Impossible, Tom Cruise – aussi bien en tant qu’acteur que producteur – nous a habitué à des films toujours plus ambitieux. Chaque nouvel opus surenchérit : en images, en actions, en cascades. Il n’en est rien pour Top Gun : Maverick.
Premier long métrage de Jacques Lœuille, Birds of America revient sur le travail entrepris par l’ornithologue Jean-Jacques Audubon au XIXe siècle pour créer un atlas zoologique illustré représentant la totalité des oiseaux du continent américain.
Avec Kliniken, Lars Norén nous emmène dans une unité d’hôpital psychiatrique le temps d’une nuit, ou d’un jour, difficile de le déterminer. Si le lieu est figé, délimité, le temps, lui, est immatériel. Il défile désinvolte et inattentif. Cette temporalité est aussi éprouvante pour le spectateur que les personnages : les rencontres et dialogues se succèdent de façon tout à fait anarchique. Mais au sein de ce chaos, chaque once d’interaction s’emboite avec les autres pour finalement créer un tableau uniforme, harmonieux et terrifiant.