Les meilleurs films de 2025

Tardes de soledad, Albert Serra © Dulac Distribution

Déterminés que nous sommes par des normes ou des pratiques sociales et communautaires bien ancrées, impossible d’échapper à la tradition immuable de la communauté cinéphile : le top annuel. Alors que l’an 2025 est en voie de s’éteindre, rallumons le un peu, à l’aune des quelques films qui auront marqué notre rédaction. L’année dernière, c’est La Zone d’intérêt qui fut l’événement incontesté. Cette fois, pas un choc partagé, mais quatre œuvres plébiscitées : Une bataille après l’autre, film d’action qu’on n’attendait pas de la part de Paul Thomas Anderson, L’Aventura de Sophie Letourneur, qui confirme son statut d’ovni dans le ciel du cinéma mondial, L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho, errance brésilienne, tortueuse et colorée de Wagner Moura, et surtout le documentaire sidérant d’Albert Serra, Tardes de soledad, dont la radicalité, bien qu’éprouvante voire dérangeante, aura au moins eu le mérite d’accomplir ce que le cinéma désormais semble accomplir si peu : donner à voir des images neuves, qui ne soient pas des images d’images. Des images de la même trempe que celles dont parlait l’écrivain Jean Cayrol, collaborateur de Nuit et Brouillard, lorsqu’il disait que « l’image devient un art quand elle nous impose un regard auquel nous ne nous habituons pas ». Peut-être l’année 2026 nous en offrira-t-elle. Nous l’espérons.

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Rencontre avec : Filippo Scotti

Filippo Scotti dans La Main de Dieu de Paolo Sorrentino. ©Gianni Fiorito/Netflix

Il interprète l’alter ego du cinéaste Paolo Sorrentino dans La Main de Dieu, aujourd’hui sur Netflix, et pour lequel il a reçu le prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir à la Mostra de Venise. Filippo Scotti est notre invité.

Quelle était votre relation au cinéma de Paolo Sorrentino avant de savoir que vous travailleriez avec lui ?

J’étais très jeune lorsque j’ai vu mon premier film de Paolo Sorrentino, L’Ami de la famille (2006). Ensuite, j’ai regardé tous ses films, je savais très bien qui il était. C’était un choc pour moi de me retrouver à travailler avec lui. Non seulement on m’avait donné le premier rôle, mais en plus j’avais la pression de jouer pour un grand réalisateur dont j’étais l’un des fans. Cette pression n’a duré que quelques jours, je suis ensuite passé à autre chose.

Comment s’est déroulé le casting de La Main de Dieu ?

J’ai reçu un mail en juin 2020 pour le casting d’un film dont le nom du réalisateur n’était pas précisé. J’avais ma petite idée : ma sœur avait lu quelques temps plus tôt un entretien avec Paolo Sorrentino dans lequel il parlait d’un film sur Naples. On s’est dit que ça pourrait être lui… Par ailleurs, il y avait un détail significatif. Normalement, au casting, on nous demande toujours d’enlever nos boucles d’oreille et de se raser la barbe ; là, il n’était pas question des boucles d’oreille et pour la barbe, si on avait des favoris, on pouvait les garder. Un indice supplémentaire. J’ai donc fait un premier essai, puis un deuxième en présence de Paolo Sorrentino, et trois autres ont suivi. En tout, il a dû y avoir cinq rendez-vous en l’espace d’un mois. C’était difficile et très beau à la fois, parce qu’à chaque fois Paolo me demandait de « sortir une vérité » sans trop me préoccuper du texte, pour voir qui j’étais vraiment.

C’est un rôle très intime pour Paolo Sorrentino. Dans quelle mesure est-ce qu’il vous a partagé ses souvenirs de jeunesse ?

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La Main de Dieu

Sur Netflix le 15 décembre 2021

©Gianni Fiorito/Netflix

Le cinéma de Paolo Sorrentino prend la forme d’une foule de fantasmes. Il projette une multitude de visions oniriques, étonnantes ou sulfureuses pour saisir le réel de biais, même lorsque les sujets sont directement politiques. Pour la première fois, le réalisateur revient sur l’origine de telles images, et de sa vocation elle-même : sa jeunesse dans les années 1980, qu’il dévoile à travers une superbe autobiographie.

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Mostra de Venise 2021

78e édition

The Power of the Dog marque le grand retour au cinéma de Jane Campion – avec Benedict Cumberbatch.©Kirsty Griffin / Netflix

Cette année, les festivals internationaux réussissent aux réalisatrices françaises. Après le sacre de Julia Ducournau avec Titane à Cannes, Audrey Diwan a reçu le Lion d’or à la Mostra de Venise pour L’événement. En attendant de découvrir ce film, adapté d’un roman autobiographique d’Annie Ernaux, qui sortira en salle le 24 novembre, retour sur quelques films très attendus que nous avons eu l’occasion de découvrir sous le soleil de Venise.

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The New Pope

Disponible sur Canal+

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John Malkovich est Jean-Paul III, le nouveau pape © Gianni Fiorito / Wildside / Italia Sky / Haut et Court TV / Media Produccion

On se souvient du générique de The Young Pope (2016), dans lequel le pape Pie XIII (Jude Law) marchait dans un long couloir tapissé de tableaux, entouré par sa cour, sur la reprise d’All along the watchtower de Jimi Hendrix par Devlin. Une alliance de culture populaire, de cérémonial religieux et de séduction qui annonçait ce qui ferait le sel de la série. Ceux de The New Pope réitèrent le même esprit : dans une chapelle, des sœurs dansent sur de la musique électro, sous une croix en néon ; traversant la plage, Jude Law arbore un caleçon blanc presque fluorescent au milieu de femmes en maillot de bain jouant au volley… Le goût de Paolo Sorrentino pour la provocation est bien intact. Mais si la continuité esthétique est assurée avec la première saison, le bouleversement concerne le devenir des personnages : Pie XIII se retrouve plongé dans le coma, il faut lui trouver un successeur.

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