Emmanuelle

Actuellement au cinéma

© Pathé Films

En 1974, Just Jaeckin adapte Emmanuelle, le roman d’Emmanuelle Arsan. Il fait de son héroïne une jeune cruche craquante, qui n’a d’autres désirs que de satisfaire ceux des hommes. Sous couvert de réflexions philosophiques (entre deux scènes de viol, Alain Cuny disserte sur la différence entre sexe et érotisme), le film propose un univers fantasque où tout n’est que fantasme. En 1974, on jouit de tout, avec tout et sur tout. 

Continuer à lire … « Emmanuelle »

Les graines du figuier sauvage

Actuellement au cinéma

© Pyramide Films

En 2022, Mohammad Rasoulof est emprisonné. Il assiste depuis sa cellule à la naissance du mouvement « Femme, vie, liberté », qui lui inspire un nouveau film. Alors qu’il est en train d’en terminer le montage au début de l’année 2024, une nouvelle condamnation frappe le cinéaste. Il n’a plus d’autre recours que de fuir son pays. Tourné dans le secret le plus total, Les Graines du figuier sauvage est son message d’admiration à la résistance des femmes et à la témérité de la nouvelle génération iranienne. Un film sur le courage, qui fait lui-même acte de bravoure.

Continuer à lire … « Les graines du figuier sauvage »

Rencontre avec : Philippe Lesage & Arieh Worthalter

© FEMA

Philippe, vos films sont très souvent autobiographiques mais au sein même de ce cadre, on retrouve des thèmes récurrents ; comme la découverte du désir et du sentiment amoureux à l’adolescence. Pourquoi revenez-vous sans cesse à ces moments ? Qu’essayez-vous de capter, voire de comprendre ?

Philippe Lesage : Effectivement, peut-être que j’essaye de comprendre quelque chose qui m’échappe toujours. Mais j’aime bien avoir un peu de distance par rapport aux moments que je vais mettre en scène. D’ailleurs, dans mon prochain film, les personnages seront plus vieux ; ça monte toujours un peu en âge. Dans Comme le feu, ce qui est différent, c’est qu’ils sont confrontés à des adultes. Dans la jeunesse, ce qui m’interpelle c’est cette idée d’avenir : on arrive plein d’optimisme, d’idéalisme et on vit de grandes émotions pour la première fois, le sentiment amoureux étant peut-être celui qui nous déstabilise le plus. Et, malgré toutes les désillusions, toutes les déceptions, on continue de tendre la main aux adultes mais ils ne nous aident pas, au contraire, ils essayent de nous écraser, de nous punir. Dans mes films, il y a souvent cet ordre patriarcal très oppressant, destructeur pour les plus jeunes. Et j’espère que mes jeunes personnages vont être capables de rester intactes, de vouloir aimer sans chercher à se protéger. Car toutes les petites déceptions on les garde avec nous. On peut alors décider de vivre comme les personnages adultes du film, c’est à dire dans le regret, dans l’insatisfaction ou bien on garde ces déceptions en soi et on essaye d’en faire quelque chose de créatif, de beau, de porteur.

Arieh, est-ce cet élément qui vous a plu dans le cinéma de Philippe et qui vous a donné envie d’en faire partie ?

Continuer à lire … « Rencontre avec : Philippe Lesage & Arieh Worthalter »

Comme le feu

Actuellement au cinéma

© Shellac

Albert, ses deux enfants et un ami de son fils se rendent dans le grand nord canadien. Les trois jeunes, Max, Aliocha et Jeff y retrouvent Blake, ancien ami et collaborateur de leur père. Dans cette demeure isolée, les rencontres adolescentes se heurtent aux retrouvailles adultes, cyniques et cruelles.

Continuer à lire … « Comme le feu »

Camping du lac

Champs-Elysées Film Festival 2024

© Norte Distribution

Un personnage dont on ne sait (et saura) rien conduit vers l’Ouest, espérant arriver jusqu’à la mer. Le film d’Eléonore Saintagnan est baigné d’une lumière estivale, mais la température monte si vite que de la fumée commence à s’échapper du capot… À défaut de la mer, la protagoniste se retrouve coincée au bord d’un lac.

Continuer à lire … « Camping du lac »

Septembre sans attendre

Actuellement au cinéma

© Arizona Distribution

« L’amour reprise est en vérité le seul heureux ». Jonás Trueba lie philosophie et pratique dans Septembre sans attendre, Kierkegaard et cinéma. Il y a ce qu’on dit mais qu’on ne devrait pas faire : le père d’Ale a souvent raconté à sa fille et à Alex, son compagnon, qu’il est plus amusant de fêter les séparations que les unions. Après quinze ans de vie commune, Ale et Alex le prennent au pied de la lettre.

Continuer à lire … « Septembre sans attendre »

Les pistolets en plastique

Festival de Cannes 2024

© Bac Films

Après Oranges Sanguines, Jean-Christophe Meurisse continue de tracer sa route dans la comédie cynique et gore. Librement inspiré de l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès, Les pistolets en plastique s’intéresse à tous ceux qui gravitent autour du meurtre. De médecins légistes à détectives en passant par groupies et danseurs country, le film est constitué de saynètes sur ce même thème.

Continuer à lire … « Les pistolets en plastique »

Emilia Pérez

Actuellement au cinéma

© Pathé

Une comédie musicale de Jacques Audiard. Voilà de quoi intriguer (ou inquiéter). Depuis Les Olympiades, où il s’intéressait à la circulation du désir au sein d’un groupe de jeunes parisiens, Audiard s’éloigne de plus en plus de ses œuvres précédentes. Aussi bien dans les thématiques abordées que dans leur mise en scène, le cinéaste de soixante-douze ans insuffle différentes formes de modernité à son cinéma. Avec Emilia Pérez, il continue de surprendre et de séduire. 

Continuer à lire … « Emilia Pérez »

Les Linceuls

Festival de Cannes 2024

© Pyramide Distribution

Les Linceuls avait l’étoffe d’un grand Cronenberg. Karsh (Vincent Cassel) est l’inventeur d’un nouveau type de draps mortuaires : ceux qui possèdent une caméra. Dans ces cimetières connectés, les familles peuvent voir depuis l’écran sur les tombes leur proche dans son cercueil. Des images en 3D auxquelles ils peuvent également accéder depuis leur téléphone, pour ne surtout rien manquer de la décomposition de l’être perdu. Jusqu’ici, tout va bien.

Continuer à lire … « Les Linceuls »

Oh, Canada

Actuellement au cinéma

© ARP Séléction

Dans Oh, Canada, Paul Schrader offre à ses personnages torturés un regain d’humanité. Dans les derniers moments de sa vie, le grand documentariste Leonard Fife accepte de se confier devant la caméra de deux de ses anciens élèves. Il profite de cette mise en scène pour révéler à sa femme les secrets de sa jeunesse.

Continuer à lire … « Oh, Canada »