Beau-père fait partie de ces films qu’il serait impossible de réaliser aujourd’hui : Rémi, un pianiste de club se rêvant grand musicien, voit les attentions de sa femme s’estomper de jour en jour. Lorsque celle-ci est victime d’un accident de voiture, il se retrouve seul avec sa belle fille de quatorze ans, folle amoureuse de lui.
La série créée par Sam Levinson et produite par Drake reprend un thème sur-exploité du monde télévisuel : les frasques d’un groupe d’adolescents américains. Alors qu’une série comme Sex Education prônait la représentation des minorités par souci de bien-pensance propre à l’aspect grand public de sa plateforme, la création d’HBO s’adresse à un public plus averti et propose des personnages divers dont les différences ne constituent pas leur seul intérêt. Euphoria s’attelle avec brio à briser les codes établis par ses prédécesseurs et déconstruire les relations amicales, amoureuses, sexuelles et familiales des lycéens du XXIe siècle.
Pour être honnête, on était un peu inquiet en entrant dans la salle de projection de Jeanne. Le souvenir de Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc était encore présent dans notre esprit comme le film avec lequel Bruno Dumont, en roue libre, nous avait laissé sur le bord de la route… Heureusement, sa Jeanne est dans l’ensemble une bonne surprise, beaucoup plus harmonieuse que la précédente.
Lorsque nous les avons quittés, ils prêtaient serment de leur amitié après avoir vaincu le clown qui les terrorisait… 27 ans plus tard, le « club des ratés » – tel qu’il se nomme lui-même – s’est dispersé, chacun faisant sa vie loin des autres. Et surtout loin du passé, de l’enfance et de ses peurs profondes. Bill (James McAvoy) est devenu scénariste, Eddie (James Ransone) expert en statistiques, Beverly (Jessica Chastain) travaille pour sa propre marque de chaussures, Richie (Bill Hader) est humoriste… Mike (Isaiah Mustafa) est le seul membre du groupe à être resté vivre à Derry, la ville dont ils sont tous originaires. C’est lui qui appellera ses anciens amis, un à un, pour qu’ils se réunissent à nouveau : le clown Grippe-Sou est revenu. Ça recommence.
Condamné pour avoir provoqué un incendie, Amador sort de prison et retourne vivre chez sa mère, dans une ferme située en Galice. Pyromane pointé du doigt, il n’est pas le bienvenue dans son village, ses voisins voient en lui la possibilité d’un nouvel incendie… Deuxième fiction du réalisateur franco-espagnol Olivier Laxe, récompensée par le prix du jury de la section Un Certain Regard à Cannes, Viendra le feu est un drame contemplatif dont le parti pris esthète ne parvient pas à combler son manque d’enjeux.
En 1963, l’architecte Walter Gropius reçoit chez lui une journaliste de Vanity Fairpour revenir sur les origines du Bauhaus. Il plonge alors dans le souvenir des premières années de l’école d’art qu’il créa en 1919 à Weimar, dans une Allemagne en pleine mutation, et de la révolution artistique qui s’ensuivit. Très vite interrogé sur le manque de place faite aux femmes dans son institution, il se souvient en particulier de l’une de ses élèves, l’artiste méconnue Dörte Helm.
A l’origine un one woman show joué à Londres puis à Broadway, Fleabag est adapté en 2016 sous forme de série en Angleterre par la BBC, avant d’être diffusée aux Etats-Unis sur Amazon et de connaitre cette année un remake français sur Canal + (Mouche).
Un polar signé Arnaud Desplechin ? Sur le papier, le projet est très attrayant mais il a de quoi surprendre, venant d’un réalisateur qui se distingue, depuis ses débuts, par son sens profond du romanesque, ses personnages au langage châtié, plongés dans des histoires familiales et amoureuses en milieu bourgeois… Avec Roubaix, une lumière, Arnaud Desplechin quitte en effet sa zone de prédilection pour l’enrichir d’une façon inédite : faisant du réel la matière même de son film, il s’inspire d’un fait divers survenu en 2002 à Roubaix, l’assassinat d’une femme de 73 ans par ses deux voisines, alcooliques et toxicomanes.
Après s’être fait voler sa voiture par un clan de nudistes dans un petit village français, Juliette Webb se rend au commissariat où elle fait la connaissance de Pierre Perdrix.Avec deux personnages archétypes de la comédie romantique (l’homme timide dédié à son travail et la femme excentrique libérée), Erwan Le Duc nous livre pourtant un film marquant d’originalité et de décalage.
Le neuvième et très anticipé film de Quentin Tarantino nous propose un voyage au coeur du Hollywood de la fin des années 60. À travers le personnage de Rick Dalton, un acteur démodé et de Cliff Booth, sa doublure cascade, il évoque cette fin de l’âge d’or des studios et l’arrivée de ce que l’on qualifie de « nouvel Hollywood ». Il jette un regard nostalgique sur une période où la télévision devient un rival majeur de l’industrie filmique – industrie dans laquelle une nouvelle attention est pourtant prêtée à la notion d’auteurisme, permettant la révélation de jeunes réalisateurs étrangers à Hollywood, comme le nouveau voisin de Rick, un certain Roman Polanski.