Chevalier noir

Au cinéma le 22 février 2023

© Jour2fête

Aux récentes œuvres cinématographiques iraniennes, s’associe une caractéristique commune dans la manière dont elle est représentée à l’écran : celle de la déambulation, du transport. À chaque fois, le moyen de locomotion permettant ce mouvement s’extirpe de sa simple qualité pratique pour se hisser au rang de révélateur narratif, comme un personnage à part entière de l’histoire, mettant en lumière toute sa teneur significative.

Continuer à lire … « Chevalier noir »

Le Ciel rouge

Actuellement au cinéma

© Les Films du Losange

Léon et Félix se rendent en vacances dans une maison sur la côte. Du moins, c’est ce que tout le monde pense mais Léon, lui, n’est pas en vacances, il doit terminer d’écrire le manuscrit de son livre et il a rendez-vous avec un éditeur dans quelques jours. Or ses studieuses ambitions vont se heurter non seulement à la présence d’une troisième invitée dans la maison mais aussi aux incendies qui sévissent dans les forêts alentours, se rapprochant dangereusement.

Continuer à lire … « Le Ciel rouge »

El Agua

Au cinéma le 1er mars 2023

© Les films du Losange

Dans un village perdu dans les replis des montagnes espagnoles, Ana et sa bande de copains passent l’été dans la fièvre des légendes qui hantent l’imaginaire. Ils s’ennuient, s’aiment, se désirent, fument – beaucoup -, alternent entre fêtes improvisées dans des bars aux lumières bleues-pourpres et désœuvrement. Au loin se murmure la promesse d’une tempête qui menace de faire déborder la rivière réveillant la croyance selon laquelle une jeune femme, toute de blanc vêtu, aurait disparue après que le fleuve l’eut désirée amoureusement. Ana, dont la famille, de mère en fille, demeure maudite, selon les dires des habitants, craint la montée des eaux, redoute que le liquide transparent de la rivière n’entre en elle.

Continuer à lire … « El Agua »

Goutte d’or

Au cinéma le 1er mars 2023

© 2021/Laurent LE CRABE/Kazak Productions

Dans le quartier sombre de la Goutte d’or à Paris, capturé dans le méandre de la nuit, se niche un petit cabinet de médium, celui de Ramsès, trente-cinq ans, qui prétend, au milieu de bougies à la flamme vacillante, parler avec les morts. De nombreuse âmes en peine, prêtes à tout pour saisir quelques mots de défunts disparus, affluent dans son cabinet où, en poète habile, manipulateur, véritable charlatan, il récupère des informations personnelles pour les recracher sous les yeux ébahis de son public. 

Continuer à lire … « Goutte d’or »

Pulse

Au cinéma le 22 février 2023

© Kerttu Hakkarainen

C’est un vacillement de lumières vertes qui se déploient sur la silhouette d’Elina, aux cheveux courts de la même couleur. En Finlande, dans les quartiers aux immeubles hauts qui tracent des lignes de fuite, elle vagabonde, casque sur les oreilles, mots de rap au bout des lèvres. Elle marche, triomphante, dans ce milieu urbain qu’elle connaît par cœur, qu’elle a apprivoisé, qui lui façonne une seconde identité. Mais elle se voit obligée de déménager sous l’impulsion de sa mère, pour aller vivre chez son beau-père, dans une Provence bucolique.

Continuer à lire … « Pulse »

La Syndicaliste

Au cinéma le 1er mars 2023

© Le Pacte

Dans un pays où la délinquance en col blanc n’a pas de visage, on peut se réjouir de voir un film pointer sans détour un fait réel en citant des entreprises et des noms ; il est aussi bien question de rafraîchir la mémoire des Français que de graver dans le marbre une énième affaire économique que l’on finira par oublier. Il en va de même pour les politiques cités : Christophe Paou incarne brillamment le cabotin Arnaud Montebourg, que l’étiquette souverainiste n’a pas empêché de contribuer activement au démantèlement d’Areva. 

Continuer à lire … « La Syndicaliste »

L’homme le plus heureux du monde

Au cinéma le 22 février 2023

© Pyramide Films

Ils sont quatorze réunis dans une salle obscure au centre d’un hôtel labyrinthique de Sarajevo. À l’extérieur, la ville est en travaux, et un cimetière sans fin recouvre l’horizon. Pour son cinquième film, Teona Strugar Mitevska retourne sur les traces de la dernière grande guerre européenne, sur le tabou d’un traumatisme partagé et une reconstruction qui ne peut passer que par la libération de la parole.

Continuer à lire … « L’homme le plus heureux du monde »

Rencontre avec : Sam H. Freeman & Ng Choon Ping

Berlinale 2023

Sam H. Freeman et Ng Choon Ping lors de la conférence de presse à la Berlinale © Chloé Caye

Sam H. Freeman et Ng Choon Ping réalisent avec Femme un thriller électrisant. Ce premier film, sélectionné dans la catégorie Panorama à la Berlinale, traite de l’idée de travestissement quotidien et du danger d’être dévoilé pour ce qu’on est vraiment. Reprenant certains codes du film noir et dévoilant un génial sens du suspens, Femme est une virée nocturne torride et étouffante. À Berlin, nous avons rencontré les deux amis et cinéastes.

Sam vous avez surtout travaillé à la télévision et Ping plutôt au théâtre, qu’est-ce que vous vous êtes apportés mutuellement, en terme de compétences, dans la création de ce film ?

Sam H. Freeman : Effectivement, mon expérience en est une de scénariste à la télévision et Ping de metteur en scène au théâtre. Donc quand nous nous sommes retrouvés à vouloir faire un film ensemble, nous avons vraiment eu l’impression que nos capacités se complétaient. Aucun de nous n’a fait d’école de cinéma donc on a du faire appel à nos connaissances respectives quant à l’art de raconter des histoires. J’étais plus familier avec les façons d’écrire alors que l’approche de Ping est très visuelle. On a beaucoup appris l’un de l’autre et on a pu s’appuyer mutuellement sur les forces de l’autre. Au sein d’un duo, les deux peuvent essayer d’être identiques, ce dont je ne vois pas vraiment l’intérêt ou, au contraire, se dire qu’on est justement plus d’un parce qu’on a deux domaines de compétences complètement différents. 

Ng Choon Ping : En tant que scénariste, tu avais parfois du mal à trouver de quelle façon faire aboutir ta vision. À l’inverse, moi en tant que metteur en scène, je trouve difficile de construire en amont ce que j’avais envie de montrer à l’écran. Donc c’était une superbe opportunité pour nous de pouvoir contrôler tout du début à la fin : de la conception de l’histoire jusqu’à maintenant, être assis ici avec vous !

C’est un premier film très ambitieux, surtout sur l’aspect de la réalisation car quasiment tout le film se déroule de nuit. Pourquoi avez-vous tenu à raconter cette histoire de nuit et quelles étaient les difficultés principales liées à ce choix ?

N. C. P. : C’était très compliqué à tourner parce que ce sont surtout des extérieurs de nuit et nous avons tourné en juin. C’est l’été donc les nuits étaient courtes. Généralement on arrivait sur le plateau avant le coucher du soleil et il fallait attendre, puis, quand la nuit arrivait tourner très vite avant l’aube. Donc c’était un rythme assez difficile mais exaltant.

S. H. F. : C’était très important pour nous que ce soit un film de nuit, comme beaucoup d’œuvres qui nous ont inspiré : Good Times des frères Safdie ou les films de Nicolas Winding Refn. C’était un genre de référence et on a voulu s’y tenir. Ce que vous décrivez, l’ambiance secrète et dangereuse, éclairée au néon, c’est une immense part de ce qui constitue les thrillers. Et on était conscient qu’on voulait garder une scène de jour à un moment très spécifique. C’était efficace dans l’histoire seulement si les autres plans étaient de nuit, pour qu’on puisse avoir l’impression d’enfin reprendre notre souffle.

N. C. P. : La nuit, c’est le moment où tout peut arriver. Dans un bon thriller, la nuit c’est l’instant où tout tourne au chaos puis revient à l’ordre quand le jour se lève. Son esthétique nocturne, ses couleurs vibrantes c’était notre façon d’emmener Jules dans cet « autre monde » avant d’essayer de le ramener en sûreté. 

La nuit ne nous permet pas de reconnaitre les lieux filmés, et les gros plans font qu’il est également difficile de se repérer dans l’espace. Pourquoi avez-vous souhaité éviter toute forme de contextualisation spatiale ?

Continuer à lire … « Rencontre avec : Sam H. Freeman & Ng Choon Ping »

Petites

Au cinéma le 22 février 2023

© Haut et Court

Pour leur premier long-métrage, Julie Gersant-Lerat et François Roy posent leurs caméras dans un centre maternel où des adolescentes enceintes doivent choisir entre devenir parent ou laisser leur enfant dans un centre d’adoption. Abordant autant la difficulté de la maternité que le récit initiatique de femmes trop perdues pour être mères, Petites adresse un sujet aussi riche qu’intéressant, ce qui sera à la fois sa force et sa faiblesse. 

Continuer à lire … « Petites »

Femme

Berlinale 2023 / Prochainement

© Agile Films

Jules, une drag queen resplendissante est agressée un soir dans ce qui semble être un petite ville d’Angleterre. Après ce traumatisme, les couleurs se tarissent : les talons deviennent baskets, les jupes des joggings et les hauts arc en ciel des sweat-shirts monochromes. Mais alors qu’il s’apprête enfin à délaisser son canapé pour une piste de danse, Jules croise son attaquant dans un club gay. Commence alors un jeu de vengeance dangereux entre les deux, dans ce que les réalisateurs Sam H. Freeman et Ng Choon Ping appellent un « queer noir ».

Continuer à lire … « Femme »