L’Astronaute

Au cinéma le 15 février 2023

© Nord-Ouest Films – Orange studio – Artémis Productions – Frères Zak

Les premiers plans évoquent immédiatement l’univers insaisissable du rêve : une fine couche de gel, blanc pailleté, recouvre une clôture et un lac gelé. Un homme, les pieds ancrés à la terre humide court dans ce paysage irréel, puis s’arrête, s’appuie, bras contre le corps, tête vers le ciel, au tronc d’un arbre. On dirait presque qu’il va décoller. 

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La Romancière, le film et le heureux hasard

Au cinéma le 15 février 2023

© Jeonwonsa Film Co. Production

Hong Sang Soo retrouve, pour La Romanière, Le Film et le Heureux Hasard, le duo d’acteurs Lee Hye-young et Kwon Hae-hyo, poursuivant ses déclinaisons auto-réflexives autour de ce qui caractérise son cinéma. 

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Domingo et la brume

Au cinéma le 15 février 2023

© Epicentre Films

Dans les montagnes costariciennes, Domingo vit en ermite depuis la mort de sa femme. Mais le terrain sur lequel est bâtie sa maison est convoité par des entrepreneurs pour la construction d’une autoroute. Face à la pression croissante des promoteurs, l’homme endeuillé entre en résistance. La maison est le dernier lien avec sa femme, qu’il reconnaît dans une brume épaisse qui tombe chaque nuit.

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La femme de Tchaikovski

Au cinéma le 15 février 2023

© Bac Films

Kirill Serebrennikov croit – à juste titre, sans doute – que pour réellement connaître quelqu’un, il faut l’observer à travers les yeux de ses proches. Or peu nombreux sont ces biopics indirects et indiscrets qui visent à dévoiler la vie des personnes méconnues, qui dévouèrent leur existence à ceux dans la lumière.

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Lucie perd son cheval

Au cinéma le 8 février 2023

© Shellac

Le nouveau film de Claude Schmitz, trois ans après Braquer Poitiers, s’annonce comme un projet hybride et ambitieux. Véritable gloubi-boulga entre portrait d’une amie, réflexion sur le métier d’actrice, déambulation contemplative et comédie théâtrale méta, Lucie perd son cheval ne ressemble à rien d’autre, et c’est là sa force.

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Le Retour des hirondelles

Au cinéma le 8 février 2023

© Qizi Films Limited

Les vingt dernières années ont vu le cinéma chinois taraudé par une modernité destructrice conjointe à une crise des valeurs, que porte un capitalisme à l’expansion démesurée dont la défiguration des paysages, par les projets d’urbanisme effrénés, est un saisissant stigmate. Plusieurs cinéastes tels que Jia Zhangke ou Wang Bing se font les témoins de cette « époque de la ‘démolition’ » (Raphaël Szöllösy in Les Cinémas d’Asie), tant urbanistique que culturelle. Un regard que Li Ruijun continue de creuser avec Le Retour des hirondelles, sur un pôle plus lointain, aux confins de la Chine rurale, dans la région du Gansu.

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La Grande Magie

Au cinéma le 8 février 2023

© Jean-Claude LOTHER

Lvovsky et magie riment pourtant bien, l’exemple en quelques longs : Camille Redouble, et son touchant retour vers le passé accroché à la voix de Yolande Moreau, ou encore Les Sentiments, où le hasard provoque conjointement enchantement et drame.

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Rencontre avec : Bastien Bouillon et David Depesseville

© Chloé Caye

Astrakan, le premier long-métrage de David Depesseville est un conte surprenant sur l’enfance. Construite autour du jeune Samuel, le cinéaste nous livre une œuvre éthérée, délicate et violente. Il collabore pour la premier fois avec Bastien Bouillon. L’acteur nommé cette année aux César, interprète le père adoptif de Samuel.

Astrakan file la métaphore animale : de par son histoire qui s’inspire de différents contes et son titre. Qu’est-ce qui vous a plu dans cet imaginaire ?

David Depesseville : J’aimais l’idée du conte pour parler de cet enfant qui doit trouver sa place dans une famille étrangère. Le titre Astrakan évoquait déjà le mouton noir ou le canard boiteux. Jusqu’à cette séquence finale d’ailleurs, qui file effectivement cette métaphore avec l’apparition de l’agneau et Marie qui devient enfin une vraie nourrice en lui offrant sa poitrine. 

Tout comme le conte enrobe de fantastique des histoires difficiles, la pellicule elle aussi adoucit les images. Pourquoi ce choix du 16mm ?

DD : C’est venu très tôt avec mon chef-opérateur : il nous est apparu que penser cette histoire en HD était bizarre. Il y avait quelque chose qui me gênait, j’avais peur que ce soit trop cru, trop défini. Cela pouvait virer plus facilement à l’obscène. Alors qu’en 16mm, avec son grain si particulier, ses contours un peu flous y’avait quelque chose de plus juste pour raconter les choses fortes que je voulais évoquer. 

Bastien Bouillon : Cela servait aussi à soutenir une esthétique quasi-atemporelle, que ce soit dans les costumes ou dans les décors ; rien n’est prononcé, rien n’est ancré. De la même manière que pour l’argent à un moment on croirait voir une pièce de 5 francs puis c’est un billet de 5 euros. Ce flou dont tu parles avec le 16mm est quelque chose que tu étires tout au long du film.

DD : Il ne fallait pas assigner le film à une condition et l’y enfermer. Il y avait quelque chose de réduit si on l’ancrait dans telle époque ou tel lieu. Je voulais échapper au film « social » comme on l’entend, la pellicule participait à ça.

Le cadrage élude effectivement les repères et s’attarde souvent sur le visages des comédiens, en très gros plans. Qu’est-ce qui vous a séduit dans le visage de Bastien Bouillon ?

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Amore mio

Au cinéma le 1er février 2023

Copyright Urban Distribution

Dans la mémoire du téléphone de Lola, sont gravées des vidéos d’épisodes d’un amour complice aux côtés du père de son futur enfant. Si les procédés photographiques et vidéographiques ont le pouvoir de garder la trace des êtres pourtant voués à disparaître, ils matérialisent l’immatériel : la mémoire. Quand meurt l’être aimé, ce sont à ces souvenirs que l’on s’accroche. C’est ainsi que Gaspard, ayant fait sien le mobile de Raphaël, son père, continue de vivre à travers son image. Est-ce par mimétisme ? Est-ce par pression sociale ou familiale ? Est-ce par besoin personnel ?

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Astrakan

Au cinéma le 8 février 2023

© New Story

Le premier film de David Depesseville dépeint un laps de vie et un fragment d’endroit. Samuel, jeune orphelin est étranger aux paysages du Morvan et à l’enfance – avons-nous véritablement le temps de s’y habituer ? – mais tente tous deux de les comprendre, de les remanier à sa façon, pour se les approprier.

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