« A lot of this really happened » s’écrit en lettres blanches au début du nouveau film de David O. Russell, une fantaisie d’abord bienvenue qui prend finalement la forme d’une certaine désinvolture de l’auteur face à son sujet et provoque l’ennui.
Depuis son superbe Monsieur & Madame Adelman, premier long-métrage surprenant de justesse, Nicolas Bedos semble sur une pente glissante, comme si chaque nouvel exercice, aussi intéressant soit-il, cherchait à retrouver sans succès la recette de cet unique coup d’éclat. Passé un OSS 117 inégal ressemblant plus à un film de commande qu’autre chose, l’auteur revient enfin à un projet original et se dirige cette fois-ci vers la Côte d’Azur, son univers bourgeois et ses petits jeux de manipulation.
Le cinéma est une affaire de point de vue et Louis Malle, cinéaste éclectique aux mille regards, l’a toujours compris. En 1974, trois ans après le déjà controversé Le Souffle au cœur, le cinéaste français provoque une nouvelle polémique avec Lacombe Lucien, portrait d’un jeune paysan travaillant pour la Gestapo durant la Seconde Guerre Mondiale. Le cinéaste, poussé à l’exil, quitte la France. Son œuvre, elle, continue d’animer les débats et n’a encore aujourd’hui rien perdu de sa force.
Chaque année depuis 2009, dans le berceau du cinéma à Lyon, se tient le festival Lumière. Une grande manifestation étalée sur 9 jours, chapeautée par Thierry Frémaux, directeur de l’Institut qui l’organise, et où l’amour du 7e art est le seul maître mot. Si depuis sa création l’événement déplace des foules de cinéphiles, comme l’atteste une fréquentation qui ne semble pas avoir faibli malgré les stigmates de la crise covid, il attire aussi en masse les artistes de prestige. Ce n’est pas moins d’une quinzaine d’invités de marque (sans compter tous ceux que Frémaux nomme les amis du festival) qui sont venus rencontrer le public pour présenter leur nouveau film, accompagner une rétrospective ou bien donner une Masterclass.
Dahmer – Monstre : l’histoire de Jeffrey Dahmer retrace la vie du tueur en série, de son enfance à sa mort, ses actes connus du grand public comme (et surtout) ses plus anecdotiques.
Adam, jeune égyptien provincial, vient d’être accepté dans la prestigieuse université sunnite al-Azhar au Caire. Lorsque le grand imam (la plus haute autorité de l’islam en Égypte) meurt brutalement, les sphères politiques et religieuses se mobilisent dans l’ombre pour lui trouver un successeur. Adam est alors recruté comme informateur par les services de la Sûreté nationale pour influencer le choix du nouvel imam et déjouer les conspirations concurrentes.
Quand on pense à Leonard Cohen, on pense à la pureté. Pureté de la voix, du texte, d’une musique qui sait accompagner et amplifier, sans jamais masquer la beauté simple des mots. Dommage que le documentaire de Dayna Goldfine et Dan Geller n’ait pas su suivre le modèle de son sujet. Le film est à l’image de son titre ; trop verbeux, rempli jusqu’à ras bord d’images, de témoignages, d’histoires, sur lesquels il ne prend pas le temps de s’arrêter et d’approfondir.
Un fond bleu, des échafaudages en ombre chinoise, un brouhaha urbain, des silhouettes et une conteuse ; les idées fusent, les destins se créent et le titre apparaît : LePharaon, le sauvage et la princesse signé Michel Ocelot. Attention, histoires en construction…
Profondément marqué par Au hasard Balthazar devant lequel il aurait versé ses premières et uniques larmes au cinéma, Jerzy Skolimowski en offre en quelque sorte une variation formellement plus lyrique et plastique avec Eo, distinguée par un prix du jury au dernier festival de Cannes. Produire un récit désanthropocentré, adoptant presque entièrement le point de vue d’un âne, avait tout d’un pari audacieux, induisant une somme de contraintes tant sur le plan narratif qu’esthétique, et mettant à l’épreuve sa puissance d’identification.
En ce début de mois d’octobre, car nous nous accommodions difficilement du rythme de la rentrée, l’équipe de Culture aux Trousses a décidé de s’offrir un petit voyage, direction la Colombie. L’occasion de découvrir de vastes paysages, depuis Bogota jusqu’à la Sierra Nevada. L’opportunité de pénétrer un pays et ses cultures en constante transformation, de rencontrer ses habitants mais aussi ceux qui ont émigré, ses espèces animales, et inévitablement, ses Chiens qui Aboient (nom de l’association à l’origine du festival). Voici une vue d’ensemble de cette expédition. Voici notre panorama du Panorama du Cinéma Colombien, alors que ce dernier fêtait cette année ses dix ans.