« Révéler le cinéma de Slovénie », telle était la promesse de cette première édition du Festival du film slovène à Paris. Au programme : un film de patrimoine et huit productions récentes, dont quatre courts-métrages.
On s’installe devant le troisième film de Sébastien Marnier comme un dimanche après-midi d’hiver autour d’un jeu d’enquête. Le synopsis nous met déjà sur la piste d’un Cluedo cinématographique. Une grande bâtisse, une étrange famille, six suspects, et… « quelqu’un qui ment », affiche la règle du jeu. Chaque joueur parcourt le manoir de ses espaces interdits à ses passages secrets, pose des questions et relève des indices. On photographie de manière impétueuse les pièces à conviction d’une scène de crime. L’affabulation, le bluff, et l’hypocrisie sont de mise… Que la partie commence !
Depuis le 7 septembre, Arte met à disposition sur son site Les Années Super 8, superbe collaboration entre l’écrivaine nobélisée il y a peu et son fils David Ernaux-Brio.
Le nouveau film des frères Dardenne, évidemment récompensé à Cannes, prend le contre-pied du Jeune Ahmed. Si ce dernier traitait d’un sujet difficile en lui apposant un regard tendre et un cadre propice à l’amour, cette nouvelle propositionse place dans une démarche bien plus frontale.
Depuis leur divorce, David et Georgia n’ont pas cessé de se détester. Mais lorsque leur fille Lily, fraîchement diplômée, renonce à une carrière d’avocate pour se marier avec Gede, rencontré lors de son séjour de fin d’études à Bali, ils unissent leurs forces pour saboter le mariage.
Venue à Lyon pour présenter en avant-première son dernier film, Un beau matin, Mia Hansen-Løve était au cinéma le Comoedia en compagnie de l’immense Pascal Greggory qui interprète le rôle de Georg, un professeur de philosophie atteint de la maladie de Benson, inspiré du père de la réalisatrice. On a pu s’entretenir avec eux dans le cadre d’une rencontre presse, avec quatre confrères.
Vos films résonnent souvent avec votre expérience personnelle, à quel point dans ce film ?
Mia Hansen-Løve : Concernant la dimension autobiographique du film, il y a la maladie de mon père, qui a inspiré celle de Georg, et tout ce qui accompagne cette maladie. Le départ d’abord en hôpital, puis en EHPAD et cette espèce d’errance ont nourri le film. Mais au-delà de faits précis qui ont pu influencer son écriture, il y a surtout l’observation d’une chose extrêmement triste et extrêmement heureuse, en l’occurrence ici une rencontre amoureuse, qu’on peut vivre en même temps, et comment ça peut nous aider à affronter le malheur. Je ne suis pas seulement partie de la maladie, je n’aurais pas fait le film si je n’avais pas vécu deux expériences contradictoires au même moment, et c’est cette dialectique avant tout, et ce qu’elle révèle de la beauté de la vie en tant qu’elle peut nous redonner ce qu’elle nous reprenait, qui a inspiré le film.
Les liens que vous tissez entre votre expérience vécue et votre écriture, vous les ressentez comme nécessaires ?
M. H-L : Ça dépend des moments. Là ça l’était, mais pour tourner la page, pour prendre une distance avec ce que la réalité avait pu avoir de pesant. Mais j’en parle comme s’il n’y avait que du malheur alors que le film est né aussi d’un grand bonheur. En tout cas ici, c’était une nécessité mais ce n’est pas dogmatique chez moi. J’ai très envie de faire des films qui n’ont rien à voir avec moi, d’ailleurs je ne sais pas ce que je ferai demain mais les choses auxquelles je pense là tout de suite sont très détachées de ma vie. Je comprends que mon cinéma puisse donner cette image, mais mes deux premiers films n’étaient pas autobiographiques. Ils sont inspirés en revanche de personnes qui ont existé, mais ce n’est pas ma vie, ce n’est pas moi. Il y a réellement deux ou trois films qui ont directement à voir avec mon propre vécu. Donc bien sûr que j’ai envie de faire des films qui n’ont rien à voir avec ma vie, et aussi de faire des films avec des personnages masculins. J’ai envie de garder cette liberté-là, qui me permet de m’identifier aussi bien à des personnages féminins que masculins.
Le titre « Un beau Matin » sonne comme un déictique plutôt flou, ambivalent, teinté de clarté et de mélancolie. Est-ce que ce titre ne résume pas en quelque sorte les différences de tons qui innervent votre film et plus largement votre cinéma ?
Le cinéma de Mia Hansen-Løve ne cesse d’entrelacer des émotions contraires, de celles qui constituent la trame même de la vie. Il incarne une matière composite d’états d’âme souvent en prises avec le transitoire, sur le seuil du nouveau. Un Beau matin, ne serait-ce que dans son titre, résume en un trait simple ce projet filmique. Un titre lumineux, déictique plutôt flou, marquant une unité de temps aux rayons fugitifs, mais qui sonne également comme l’incipit d’un conte, assignant avec force et tout de go le film à l’aire de la fiction.
Derrière la mise en scène surchargée de Cédric Jimenez, il y a une certaine justesse dans cette représentation en hors-champ des attentats du 13 novembre.
Dinard a du Royaume-Uni le climat mais aussi parfois, pendant une semaine en septembre, les films. Les équipes et leurs œuvres traversent la manche, de la côte britannique jusqu’à la côte bretonne. Cette année avait lieu la 33ème édition du festival du film britannique et nous y étions.
Avec Patriarcat, Winter Family présente un spectacle centré sur les effets du patriarcat à échelle intime, avec pour terrain d’enquête leur propre couple.