Rencontre avec : Damien Bonnard

© Radio France

Après des débuts remarqués devant la caméra de Rachid Bouchareb ou de Bertrand Blier, Damien Bonnard est révélé au grand public avec le film Rester vertical d’Alain Guiraudie, qui lui vaut une nomination au César du meilleur espoir en 2016. Nomination renouvelée en 2018, dans la catégorie du meilleur second rôle, pour la comédie En liberté ! de Pierre Salvadori. Avec à son actif une vingtaine de rôles entre autres chez Alice Winocour, Roman Polanski ou encore Anne Fontaine, l’acteur français est actuellement à l’affiche de J’accuse et Les Misérables.

Peux-tu nous parler de ton parcours et de la façon dont tu as découvert le métier d’acteur ? 

C’est un peu long ! Après avoir quitté l’école en troisième, je voulais faire les Beaux-Arts mais il fallait avoir le bac et ce n’était pas mon cas. C’est toujours un peu la bêtise des écoles françaises d’ailleurs. Beaucoup de gens peuvent se découvrir une passion assez tard et c’est regrettable qu’ils ne puissent accéder à la plupart des écoles qu’avec tel diplôme ou à tel âge. J’ai donc suivi une classe préparatoire avant de passer le concours que j’ai réussi avec une dérogation, sans diplôme. J’y suis resté six ans mais en sortant je ne me sentais pas vraiment artiste, et je n’avais pas envie d’être professeur. Je suis donc parti en Belgique assister une peintre qui s’appelait Marthe Wéry et qui faisait partie des peintres minimalistes et abstraits américains. En revenant en France j’ai gardé la maison d’une amie qui avait une filmothèque incroyable. Je me suis mis à regarder des films toute la journée et je me suis rendu compte que ce métier m’attirait. Mais j’avais ce rêve que quelqu’un vienne me trouver dans la rue et me dise : « Vous êtes exactement la personne que je cherche ! » ce qui n’arrivait pas, évidement. A vingt-sept ans, je faisais tout simultanément : j’étais coursier, je faisais de la figuration et je prenais quelques cours de jeu. J’ai d’abord été silhouette puis silhouette parlante et petit rôle dans des courts métrages avant d’avoir mes premiers vrais rôles au cinéma, notamment grâce à Bertrand Blier. 

As-tu l’impression qu’avoir exploré autant de professions différentes t’apporte quelque chose en tant qu’acteur ?

Je ne sais pas si ça m’aide mais c’est peut-être quelque chose qui me différencie des autres acteurs, oui. Ce que j’aime dans ce métier, et que j’aimais dans tous les métiers que j’ai fait, c’est la découverte d’un monde, de nouveaux fonctionnements et de langages. Être acteur me permet de le faire en moins de temps. Moi qui n’aimait pas l’école française, maintenant je prends plaisir à étudier et essayer de tout savoir sur un certain sujet. Pour chaque rôle je me régale à plonger dans une vie différente et un nouvel univers.

Tu privilégies donc les personnages très différents de toi ? 

Oui, souvent. Jouer ce que je suis dans la vie ne m’intéresse pas vraiment. Je trouve que cette notion de prendre les gens tels qu’ils sont est très propre au cinéma français. C’est comme s’il y avait un manque d’imagination du coté des scénaristes et des réalisateurs. Pour ma part, je m’amuse à changer, même physiquement, et aller vers des personnages différents. Souvent on te propose de jouer ce que tu es ou ce que tu as déjà joué, dans les deux cas ce n’est pas très excitant. Du coup, j’essaye de brouiller les pistes et d’aller à d’autres endroits car c’est là qu’il y a vraiment un travail à faire. C’est presque un jeu de gosse, ce plaisir de se déguiser, de rentrer dans la peau de quelqu’un d’autre. 

Comment, lors de ta lecture d’un scénario, réalises-tu qu’un personnage te correspond ? Je pense par exemple à ton premier grand rôle au cinéma dans Rester vertical de Guiraudie.

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Rencontre avec : Emily Beecham et Jessica Hausner

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Emily Beecham et Jessica Hausner à Cannes, en mai dernier ©Alberto Pizzoli/AFP

De passage à Paris pour la promotion de Little Joe, la réalisatrice Jessica Hausner et la comédienne Emily Beecham, qui a reçu le prix d’interprétation à Cannes pour son rôle de scientifique perturbée par une étrange fleur rouge, nous ont accordé un entretien.

Jessica Hausner, comment avez-vous imaginé cette histoire de science-fiction après votre film Amour fou, qui se déroulait à l’époque du romantisme allemand ?

Jessica Hausner : Dans Amour Fou, le romantisme allemand était un moyen pour raconter une histoire d’amour, et interroger la notion même d’amour. Peut-être qu’après tout, l’amour n’existe pas. Le film questionnait une sorte d’idéal de l’amour pour comprendre qu’il consiste essentiellement à projeter des choses en l’autre. On voit l’autre tel qu’on veut le voir, mais si certaines choses changent alors on cesse d’aimer. Little Joe traite d’un sujet assez similaire : qui est cette personne que je pense connaitre, qui est si proche de moi et fait partie de ma vie ? Soudainement, je comprends que nous vivons dans deux mondes complètement différents. La perception de chaque être humain est différente, on ne pourra jamais entrer dans les pensées et les sentiments de l’autre.

Emily Beecham, le personnage que vous interprétez, Alice, est assez froid, presque conceptuel. Comment l’avez-vous approché ?

Emily Beecham : Alice est un personnage très cérébral. Elle essaye de rationaliser tout ce qui lui arrive. Les moments d’intériorisations sont nombreux, là où dans un autre film cela n’aurait duré que quelques instants. L’une des grandes expériences de ce film était pour moi d’appréhender un sentiment de paranoïa et de confusion. Lors de la construction du personnage, c’était assez troublant de saisir ses contours car tous ses traits de caractère ont quelque chose d’incertain. Peut-être que tout est dans sa tête, peut-être pas. Son parcours n’est pas linéaire, elle se questionne tout le temps elle-même et ne se fait pas assez confiance.

Pendant le tournage, comment avez-vous envisagé les dynamiques du personnage ?

EB : Il fallait développer des sous-entendus, un sous-texte entre les personnages. Par exemple le désir secret qui existe entre Alice et Chris, le personnage qu’incarne Ben Whishaw. Il y avait quelque chose de comique et amusant, ils sont tous les deux très mal à l’aise dans leur vie romantique, et cette dynamique se décale à mesure que le film avance. Alice est un personnage qui a du mal à gérer sa vie sentimentale, tout comme sa relation avec son fils, elle ne les maîtrise pas… Elle contrôle finalement très peu les choses.

Comment est né ce personnage ?

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Rencontre avec : Charles Berling

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Charles Berling. © MPO 2018

Quelle a été votre première rencontre avec le théâtre et quand avez-vous su que vous deviendriez comédien ? 

Je ne voulais pas devenir comédien, je jouais donc j’ai continué. Je faisais tout le temps le clown donc ça me paraissait naturel mais je n’ai jamais pensé que je voulais en faire un métier. C’était de l’exhibition pour faire rire les gens. Puis j’ai commencé à lire et à me dire qu’il y avait des choses plus intéressantes que juste faire l’imbécile. J’ai de la chance que ça me soit venu par esprit de contradiction : ma mère était professeur d’anglais et mon père médecin dans la marine. Avec mon frère ainé nous avions besoin de nous affirmer donc nous nous sommes tournés vers des gens qui avaient des valeurs radicalement différentes de celles de nos parents. Pour moi la chose significative qui s’est passée à ce moment là c’est qu’on se rebellait contre nos parents mais on discutait, donc finalement on les a changé. Mes parents étaient de belles personnes, avec leurs contradictions, leur violence et leur histoire mais ils étaient curieux.

Votre envie de mise en scène est venue en même temps que celle du jeu ?

Oui, quand j’avais quatorze ans je faisais des films super 8 en mettant en scène les gens que j’avais autour de moi. J’écrivais des pièces, je les mettais en scène, je les jouais et je les produisais. J’ai toujours été comme ça et ça continue. C’est venu très tôt à cause de cette instabilité, cette souffrance intérieure et difficulté à exister qui fait que l’on a pas le choix. Cela va de pair avec l’envie d’art dramatique ou d’art tout simplement. On se tourne vers des choses qui semblent vous donner, non pas des solutions forcément, mais des espaces, des activités où vos questions sont possibles. Moi ça m’a permis de vivre.

Vous êtes ensuite parti de Toulon car le théâtre n’était pas spécialement bien vu là-bas ? 

Oui, disons que j’avais dix-huit ans, donc c’était aussi pour partir le plus loin possible de Toulon, de mes parents, de ma famille; Bruxelles c’était bien. Mais j’ai toujours eu l’idée, l’obsession que le théâtre était abordable par tout le monde. J’ai toujours le sentiment que des gens qui, à priori, pensent ne pas être intéressés peuvent finalement l’être.

Vous êtes aussi directeur du théâtre le Liberté à Toulon, comment rendre cet art plus attractif ? 

Tout l’exercice de la direction du théâtre est d’essayer de comprendre quelles sont les populations qui sont effrayées par le théâtre, qui n’en ressentent pas l’utilité ou qui ne mesurent pas que ça peut être un instrument de liberté pour eux. On a donc réfléchi à comment faire pour que cela devienne leur endroit. Je ne crois pas qu’on donne quelque chose à quelqu’un s’il n’y participe pas, c’est un peu comme l’amour, on ne fait pas l’amour tout seul. On s’intéresse d’abord beaucoup aux jeunes, on essaye de faire beaucoup de choses dans plusieurs disciplines pour que ça ne soit pas considéré seulement comme un exercice de théâtre pur mais une constellation de langages. Il faut que les gens pensent avec ce qu’ils sont, avec ce qu’ils ont comme culture, ils peuvent y participer. Pour moi la notion d’univers n’est pas vaine et ces institutions ne sont pas là pour cibler des spectateurs mais pour être universelles, pour construire quelque chose avec le plus de monde possible.

Vous avez toujours considéré le cinema et le théâtre de la même manière ? 

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Rencontre avec : Marie Frapin

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À l’occasion de la sortie de son documentaire Cyrano et la petite valise, dans lequel elle suit, sur une année, l’évolution d’un atelier de pratique théâtrale avec des sans-abris dans un centre Emmaüs, rencontre avec la réalisatrice Marie Frapin.

Quel est votre parcours ? Comment devient-on réalisatrice de documentaires? 

Après avoir quitté la fac, j’ai fait de la recherche sur l’image au centre Georges Pompidou. J’étais chargée de la coordination d’une manifestation publique sur le sens de l’image qui s’intitulait « La revue de l’image », à laquelle Umberto Eco, Raoul Ruiz, Jean-Luc Godard ont contribué. Je suis ensuite devenue assistante de réalisation à la télévision, j’allais aussi bien sur des plateaux multi-caméras que sur des fictions. Parallèlement, je faisais des films pour des musées, et j’avais déjà en tête l’idée de me tourner vers le documentaire. Quand la télévision est devenue privée, après de nombreux assistanats, je suis devenue réalisatrice.

Comment avez-vous eu l’idée de faire un film sur les ateliers de théâtre d’Emmaüs ?

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Rencontre avec : Henri Guybet

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Le comédien Henri Guybet ©Le Pays d’Auge/JeanMichelG

  « Si je devais retenir quelques films parmi ceux que j’ai fait ? Ils sont tous à garder parce qu’ils m’ont tous apporté quelque chose. Par contre, il y en a un que je n’ai jamais fait et que j’aimerais essayer, une fois peut-être, pour voir ce que ça fait… Un rôle très bien payé ! » C’est avec humour et bienveillance qu’Henri Guybet se prête au jeu de l’interview et jette un regard rétrospectif sur sa vie d’acteur. Rieur et joyeux, à 82 ans, le comédien est encore très actif : ce soir, il monte sur la scène du théâtre Daunou à Paris, après une longue tournée en province, pour interpréter une pièce écrite et mise en scène par ses soins, Un drôle de mariage pour tous, qui raconte l’histoire de deux amis qui décident de se marier, à la perplexité de leur entourage. Nous le rencontrons avant que ne soient frappés les trois coups. « La scène, c’est l’endroit où je vis. Lorsque j’entre en scène, j’existe. L’art dramatique détient ce pouvoir inouï d’émouvoir. Au lieu d’essayer de vous convaincre ou de vous raisonner, il vous chatouille l’épiderme et fait marcher votre sensibilité. Il vous fera peut-être même rêver. Et en rêvant, on réfléchit parfois beaucoup mieux. » Heureux de continuer à monter sur scène quatre fois par semaine, Henri Guybet, dont la façon de parler porte en elle l’éloquence de l’acteur de théâtre, se sent chez lui sur les planches, comme depuis ses débuts. Il se souvient de sa première fois. «J’avais environ 16 ans lorsque j’ai créé une troupe amatrice avec des copains. Notre premier spectacle était un spectacle de commedia dell’arte, j’interprétais Arlequin… Dans notre imaginaire, nous étions particulièrement fasciné par Les Enfants du paradis, le film extraordinaire de Marcel Carné. Nous recréions des scènes, j’étais Pierre Brasseur, un copain faisait Jean-Louis Barrault et une copine était notre Arletty. C’était mes premières émotions. Je me suis aperçu que quelque chose se passait devant les spectateurs… alors j’ai commencé à me dire qu’il fallait que j’en fasse un métier. »

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Rencontre avec : Jean-Pierre Kalfon

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  Un bistrot parisien, situé au cœur d’une rue populaire du 18e arrondissement. Jean-Pierre Kalfon arrive tout sourire, même s’il fait un peu froid ce matin. Veste en cuir et pantalon noir, fidèle à son image, l’acteur-rocker salue tout le monde en habitué des lieux. Il s’installe au fond du bar et entame la conversation. Il s’étonnerait presque d’en être arrivé jusque là. « Comment se fait-il que moi, qui ai fugué en Belgique et qui me suis retrouvé en taule à 15 ans, parti comme j’étais parti, j’ai réussi à faire toutes ces rencontres ? J’ai forcément une bonne étoile. Et aussi une nature de fonceur, mais je fonçais où ? Dans le mur ! Je ne savais pas où j’allais. » Sa vie méritait bien d’être racontée sur plus de 300 pages, dans une autobiographie parue récemment aux Editions de l’Archipel, Tout va bien M’man. Les mémoires de Jean-Pierre Kalfon, c’est le récit de quatre vingts années folles, qui nous donne l’impression que l’acteur a vécu plusieurs vies. « J’ai besoin de faire beaucoup de choses, c’est dans ma nature. Des films, des pièces de théâtre, de la télévision, de la musique, des femmes, des voyages… Même s’il y a toujours des coins qu’on ne visite pas, j’ai essayé de remplir le cahier des charges. Chaque jour étant une page blanche à laquelle il faut donner un contenu. »

  Si le titre de son livre Tout va bien M’man exprime un besoin de se rassurer, « pour clarifier les choses » en lui-même et revenir sur les dégâts causés par son départ précipité du foyer familial, il entend avant tout se placer sous le signe de la légèreté. Jean-Pierre Kalfon y raconte la frénésie de sa vie avec humour, dans une écriture qui semble moins motivée par un souci d’exhaustivité que par un désir de distiller des bons mots, et de multiplier les adresses au lecteur complice de ses aventures. Car des aventures, il y en a, racontées avec une délectation partagée. Elles portent autant sur ce qui se passe sur les plateaux que sur ce qui se déroule à côté : lorsqu’il se remémore le tournage de Week-end (1969) de Jean-Luc Godard, c’est pour mieux dériver sur sa rencontre avec les Rolling Stones dans leur studio qui a pris feu. Le tournage rocambolesque de La Vallée (1972) de Barbet Schroeder, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, est un autre épisode qu’il relate avec jubilation.

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Rencontre avec : Mads Mikkelsen

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Mads Mikkelsen au festival de Cannes 2018 ©Pascal Le Segretain/Getty Images Europe

« Tous les ans, dès qu’il y a de la neige dans les grandes villes, c’est la panique!». Lors de son passage à Paris pour faire la promotion de son nouveau film, Arctic de Joe Penna, Mads Mikkelsen s’est coordonné avec la météo. Dans ce film de survie présenté en séance de minuit au dernier Festival de Cannes, en salle dès aujourd’hui, il interprète un homme qui se bat contre les éléments au beau milieu du Pôle Nord. Nous l’avons rencontré, au chaud, pour parler de ce long-métrage, mais aussi de Netflix, de scénario, de Nicolas Winding Refn ou encore de son futur projet avec Thomas Vinterberg…

Qu’est-ce qui vous a donné envie de jouer dans Arctic, sachant ce qui vous attendrait sur le tournage ?

J’ai trouvé l’histoire très belle, pure et déchirante. Elle interroge la capacité que l’on a à conserver notre humanité dans une telle épreuve. J’ai beaucoup aimé l’écriture radicale de mon personnage, car on ne sait rien de son passé, il n’y a aucun flashback et il n’est pas non plus question d’histoire d’amour. Nous ne sommes pas tombés dans ces écueils. J’ai donc accepté, et quand j’ai posé le pied en Islande pour le tournage, je me suis dit « d’accord, je vais vivre un vrai survival!».

Dans Arctic, votre personnage vit une expérience solitaire, il ne parle presque pas. Est-ce quelque chose avec laquelle vous êtes à l’aise ? Aviez-vous un modèle particulier en tête ?

Oui, je suis à l’aise avec les scènes non verbales. Si une scène dans laquelle mon personnage est seul en train de pêcher avait été précédée par un éventuel dialogue avec sa femme ou sa mère, je ne l’aurai pas jouée de manière si différente. Cela fait partie de notre métier d’acteur. Je suis un grand fan des films muets, en particulier ceux de Buster Keaton, et je suis convaincu que l’on peut dire beaucoup de choses grâce aux seules images. Il n’y a pas toujours besoin des mots. Je ne pensais pas à un modèle spécifique, mais j’avais à l’esprit l’histoire du film et la direction que nous voulions lui donner. Je savais qu’il y aurait peut-être un deuxième personnage dans le film, qui agirait comme un miracle dans son monde. Soudain, il a une nouvelle raison de poursuivre sa mission de survie et de ne pas abandonner. C’est un être humain, l’épreuve paraît insurmontable jusqu’à ce que quelqu’un vienne l’épauler.

Est-ce que votre passé de danseur influence votre jeu d’acteur, en particulier sur ce film ?

Je ne suis pas certain que ma formation de gymnaste m’aide pour interpréter un rôle, mais la danse enseigne surtout une très grande discipline. Ce n’est pas pour dire du mal des acteurs, mais un danseur ne se permettra jamais d’arriver sur le plateau avec quinze minutes de retard, en buvant un verre de café. Les danseurs sont toujours opérationnels et prêts à avancer. Cette ténacité m’a peut-être aidé à endurer chaque journée de tournage, de plus en plus difficile à cause de froid extrême.

Avez-vous du mal à quitter vos personnages après un tournage ?

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Rencontre avec : Dominique Choisy, Mickaël Pelissier et Johnny Rasse

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Mickaël Pelissier (Balthazar) et Johnny Rasse (Géraud) © Optimale Distribution

À l’occasion de la sortie de Ma vie avec James Dean, nous avons rencontré les deux acteurs principaux du film Johnny Rasse et Mickaël Pelissier, ainsi que le scénariste et réalisateur Dominique Choisy.

Comment est née l’idée du film ? 

D. C. : C’est né d’un autre projet que je n’ai pas fait. J’ai rencontré Johnny quand il faisait une pièce de théâtre dans laquelle je l’avais trouvé formidable. Je lui avais proposé un petit rôle dans Les Fraises des bois et j’avais envie de retravailler avec lui. J’étais en train d’écrire un film qui devait se passer en Argentine mais ça prenait beaucoup trop de temps, alors, un jour Johnny m’a dit qu’il en avait marre de ma fresque argentine. À ce moment, j’accompagnais Les Fraises des bois en province donc je lui ai dit : « Mais qu’est ce que tu veux que je t’écrive ? L’histoire d’un réalisateur qui accompagne son film ? » Il m’a répondu que ça pourrait être une bonne idée et je lui ai dit que c’était n’importe quoi ! Plus loin dans la conversation, il m’a dit qu’il allait souvent au Tréport et qu’on l’appelait le James Dean du Tréport, ça m’a beaucoup marqué. Quand je suis rentré de notre pot j’ai tout de suite commencé à écrire Ma vie avec James Dean, alors que je m’étais juré de ne jamais faire un film sur le cinéma, je trouvais que tout avait déjà été fait !

Mickaël, Johnny, qu’est-ce qui vous a donné envie dans ce projet  ? 

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Le choix des trois films : N.T. Binh

Une exposition à la Cité de la musique et une rétrospective à la Cinémathèque Française: les comédies musicales sont à l’honneur. À cette occasion, nous avons proposé au critique de cinéma et commissaire d’exposition N.T. Binh une sélection de 10 films du genre. Il nous parle de ses 3 choix.