Ma vie avec John F. Donovan

Au cinéma le 13 mars 2019

3034814.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg
Jacob Tremblay dans Ma vie avec John F. Donovan @Shayne Laverdière

Changement de rythme pour Xavier Dolan. Alors qu’il nous avait habitué à une sortie en salle régulière depuis J’ai tué ma mère (2009), à raison d’un ou deux ans d’intervalle au plus tard, son nouveau long-métrage tardait à sortir. L’impatience de voir son premier film tourné en langue anglaise grandissait à mesure que sa date de sortie restait secrète. En février 2018, l’excitation a fait place à une certaine inquiétude lorsque le cinéaste a annoncé sa décision de couper toutes les scènes tournées par Jessica Chastain, pourtant annoncée dans l’un des rôles principaux. Un montage de quatre heures a dû être retravaillé, le scénario original considérablement atrophié. Ces éléments révélateurs d’une post-production compliquée ont-ils une incidence sur le film ?

Continuer à lire … « Ma vie avec John F. Donovan »

Rencontre avec : Jean-Pierre Kalfon

image

  Un bistrot parisien, situé au cœur d’une rue populaire du 18e arrondissement. Jean-Pierre Kalfon arrive tout sourire, même s’il fait un peu froid ce matin. Veste en cuir et pantalon noir, fidèle à son image, l’acteur-rocker salue tout le monde en habitué des lieux. Il s’installe au fond du bar et entame la conversation. Il s’étonnerait presque d’en être arrivé jusque là. « Comment se fait-il que moi, qui ai fugué en Belgique et qui me suis retrouvé en taule à 15 ans, parti comme j’étais parti, j’ai réussi à faire toutes ces rencontres ? J’ai forcément une bonne étoile. Et aussi une nature de fonceur, mais je fonçais où ? Dans le mur ! Je ne savais pas où j’allais. » Sa vie méritait bien d’être racontée sur plus de 300 pages, dans une autobiographie parue récemment aux Editions de l’Archipel, Tout va bien M’man. Les mémoires de Jean-Pierre Kalfon, c’est le récit de quatre vingts années folles, qui nous donne l’impression que l’acteur a vécu plusieurs vies. « J’ai besoin de faire beaucoup de choses, c’est dans ma nature. Des films, des pièces de théâtre, de la télévision, de la musique, des femmes, des voyages… Même s’il y a toujours des coins qu’on ne visite pas, j’ai essayé de remplir le cahier des charges. Chaque jour étant une page blanche à laquelle il faut donner un contenu. »

  Si le titre de son livre Tout va bien M’man exprime un besoin de se rassurer, « pour clarifier les choses » en lui-même et revenir sur les dégâts causés par son départ précipité du foyer familial, il entend avant tout se placer sous le signe de la légèreté. Jean-Pierre Kalfon y raconte la frénésie de sa vie avec humour, dans une écriture qui semble moins motivée par un souci d’exhaustivité que par un désir de distiller des bons mots, et de multiplier les adresses au lecteur complice de ses aventures. Car des aventures, il y en a, racontées avec une délectation partagée. Elles portent autant sur ce qui se passe sur les plateaux que sur ce qui se déroule à côté : lorsqu’il se remémore le tournage de Week-end (1969) de Jean-Luc Godard, c’est pour mieux dériver sur sa rencontre avec les Rolling Stones dans leur studio qui a pris feu. Le tournage rocambolesque de La Vallée (1972) de Barbet Schroeder, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, est un autre épisode qu’il relate avec jubilation.

Continuer à lire … « Rencontre avec : Jean-Pierre Kalfon »

Long way home

Au cinéma le 13 février 2019

5263341.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx
©Condor Distribution

Angel, 18 ans, sort de prison et rentre dans sa famille d’accueil à Philadelphie. Son retour lui permet de renouer les liens avec sa petite sœur Abby, et démarre une histoire de vengeance sur les traces de leur père, responsable de la mort de leur mère.

Continuer à lire … « Long way home »

Rencontre avec : Mads Mikkelsen

Mads+Mikkelsen+Arctic+Photocall+71st+Annual+UrDL2ek6fb5l.jpg
Mads Mikkelsen au festival de Cannes 2018 ©Pascal Le Segretain/Getty Images Europe

« Tous les ans, dès qu’il y a de la neige dans les grandes villes, c’est la panique!». Lors de son passage à Paris pour faire la promotion de son nouveau film, Arctic de Joe Penna, Mads Mikkelsen s’est coordonné avec la météo. Dans ce film de survie présenté en séance de minuit au dernier Festival de Cannes, en salle dès aujourd’hui, il interprète un homme qui se bat contre les éléments au beau milieu du Pôle Nord. Nous l’avons rencontré, au chaud, pour parler de ce long-métrage, mais aussi de Netflix, de scénario, de Nicolas Winding Refn ou encore de son futur projet avec Thomas Vinterberg…

Qu’est-ce qui vous a donné envie de jouer dans Arctic, sachant ce qui vous attendrait sur le tournage ?

J’ai trouvé l’histoire très belle, pure et déchirante. Elle interroge la capacité que l’on a à conserver notre humanité dans une telle épreuve. J’ai beaucoup aimé l’écriture radicale de mon personnage, car on ne sait rien de son passé, il n’y a aucun flashback et il n’est pas non plus question d’histoire d’amour. Nous ne sommes pas tombés dans ces écueils. J’ai donc accepté, et quand j’ai posé le pied en Islande pour le tournage, je me suis dit « d’accord, je vais vivre un vrai survival!».

Dans Arctic, votre personnage vit une expérience solitaire, il ne parle presque pas. Est-ce quelque chose avec laquelle vous êtes à l’aise ? Aviez-vous un modèle particulier en tête ?

Oui, je suis à l’aise avec les scènes non verbales. Si une scène dans laquelle mon personnage est seul en train de pêcher avait été précédée par un éventuel dialogue avec sa femme ou sa mère, je ne l’aurai pas jouée de manière si différente. Cela fait partie de notre métier d’acteur. Je suis un grand fan des films muets, en particulier ceux de Buster Keaton, et je suis convaincu que l’on peut dire beaucoup de choses grâce aux seules images. Il n’y a pas toujours besoin des mots. Je ne pensais pas à un modèle spécifique, mais j’avais à l’esprit l’histoire du film et la direction que nous voulions lui donner. Je savais qu’il y aurait peut-être un deuxième personnage dans le film, qui agirait comme un miracle dans son monde. Soudain, il a une nouvelle raison de poursuivre sa mission de survie et de ne pas abandonner. C’est un être humain, l’épreuve paraît insurmontable jusqu’à ce que quelqu’un vienne l’épauler.

Est-ce que votre passé de danseur influence votre jeu d’acteur, en particulier sur ce film ?

Je ne suis pas certain que ma formation de gymnaste m’aide pour interpréter un rôle, mais la danse enseigne surtout une très grande discipline. Ce n’est pas pour dire du mal des acteurs, mais un danseur ne se permettra jamais d’arriver sur le plateau avec quinze minutes de retard, en buvant un verre de café. Les danseurs sont toujours opérationnels et prêts à avancer. Cette ténacité m’a peut-être aidé à endurer chaque journée de tournage, de plus en plus difficile à cause de froid extrême.

Avez-vous du mal à quitter vos personnages après un tournage ?

Continuer à lire … « Rencontre avec : Mads Mikkelsen »

The Place

Au cinéma le 30 janvier 2019

5461487.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg
©Bodega Films

Jour et nuit, il est assis au même endroit, au fond d’un bar nommé « The Place ». Tour à tour, différentes personnes s’entretiennent avec lui. Cet homme mystérieux, au physique ordinaire et charismatique, propose des pactes faustiens à ses clients. Il réalise leurs vœux en exigeant une contrepartie : une religieuse qui a perdu la foi doit tomber enceinte pour la retrouver, un homme qui veut sauver la vie d’un enfant doit tuer une petite fille, une dame doit poser une bombe dans un lieu public pour que son mari guérisse de sa maladie d’Alzheimer…

Continuer à lire … « The Place »

Continuer

Au cinéma le 23 janvier 2019

5234659.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg
Un apaisement possible entre une mère et son fils, au sein des paysages superbes du Kirghizistan (Virginie Efira et Kacey Mottet-Klein) ©Le Pacte

Une mère divorcée entraîne son fils dans un périple à cheval, au Kirghizistan. Elle aimerait que ce voyage les rapproche, même si l’adolescent, opiniâtre et violent, n’y met pas du sien. Bientôt, ils se confient et leurs regards changent, amorçant la possibilité d’une réconciliation.

Continuer à lire … « Continuer »

Ben is back

Au cinéma le 16 janvier 2019

640x410_julia-roberts-ben-is-back-peter-hedges
Julia Roberts dans Ben is Back © Paramount Pictures

Le soir du réveillon de Noël, Ben crée la surprise en revenant dans sa famille après une longue absence. Le garçon de 19 ans est toujours en cure de désintoxication, mais il veut passer ce moment avec les siens, prouver aux autres et à lui-même qu’il est capable de vivre sans replonger dans la drogue. Son retour s’apprête pourtant à raviver des tensions dans le quartier, et nourrit l’inquiétude de sa mère.

Continuer à lire … « Ben is back »

Ayka

Au cinéma le 16 janvier 2019

3119034.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx
Samal Yeslyamova a reçu le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 2018 ©Neue Visionen Filmverleih

Le cinéaste Sergey Dvortsevoy est parti d’un fait réel terrifiant : 248 nouveaux-nés ont été abandonnés par leurs mères en 2010, venues du Kirghizistan pour accoucher à Moscou. C’est le sort de l’héroïne de ce film qui porte son nom, Ayka, que l’on suit dans un calvaire d’une rare violence, à la fois sociale et physique. Dans lequel une respiration équivaut à un cri de douleur, sans jamais être une capitulation.

Continuer à lire … « Ayka »

Glass

Au cinéma le 16 janvier 2019

2939030.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg
©Universal Pictures / Jessica Kourkounis

Le caméo de Bruce Willis à la fin de Split (2017) avait créé la surprise en appelant irrémédiablement une suite qui viendrait à la fois révéler et clore une trilogie entamée par Incassable (2000). Glass se présente ainsi comme le troisième morceau du puzzle imaginé par M. Night Shyamalan, et réunit les trois personnages phares des deux opus précédents : David Dunn (Bruce Willis), l’homme « incassable » dont la force physique est mise au profit de la réparation des injustices, son antagoniste Elijah Price (Samuel L. Jackson), qui est atteint de la maladie des os de verre, et Kevin Wendell Crumb (James McAvoy), psychopathe aux multiples personnalités dont l’une d’entre elles est « La Bête », identité surhumaine et violente développée en réaction à son enfance malheureuse.

Continuer à lire … « Glass »

Stalag 17

Rétrospective Billy Wilder

344813.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx
William Holden, oscarisé pour son rôle dans Stalag 17

1944. Deux prisonniers du Stalag 17, un camp allemand, ont tout prévu pour s’évader, avec le soutien de leurs camarades de baraque. Le tunnel est creusé, l’entrée soigneusement camouflée sous un poêle. L’itinéraire est calculé pour éviter les gardes et leurs projecteurs. L’instant venu, les deux hommes s’engouffrent. Mais quand vient le moment de respirer l’air libre, trois soldats allemands les attendent et les fusillent. Comment pouvaient-ils être au courant ? Il y a forcément un traître dans la baraque… Ainsi commence Stalag 17, un film trop méconnu – à tort – réalisé par Billy Wilder en 1953 suite à l’échec commercial du Gouffre aux chimères. Une voix off annonce en ouverture, avec ironie et désenchantement, en avoir assez des films de guerre traditionnels, spectaculaires et sensationnels. Il est en effet tout le contraire, et prend un parti inédit : c’est un film d’évasion, dans le veine de ceux de Jean Renoir, doublé d’une intrigue d’espionnage, qui reste jusqu’au bout une comédie. Cynique, bien entendu.

Continuer à lire … « Stalag 17 »