Grand favori pour le Prix d’interprétation l’année passée pour Red Rocket, Simon Rex était de retour à Cannes cette année pour présenter l’excellent The Sweet East de Sean Price Williams. L’acteur nous a raconté la construction de ce personnage, des plus atypiques :
En 1858, Edgardo Mortara est enlevé à ses parents par les autorités papales. Le jeune garçon de six ans aurait été secrètement baptisé par sa nourrice et ne peut donc pas être élevé au sein d’une famille juive. Il est alors envoyé à Rome à la Maison des Catéchumènes pour recevoir une éducation catholique. Bellocchio filme dans L’Enlèvement la conversion du jeune Edgardo, l’admiration qu’il développe pour le pape Pie IX et, à l’inverse, la perte de crédibilité, d’influence que ce dernier subit en Italie.
Le film de procès est un genre en soit au cinéma, le tribunal a semble-t-il quelque chose d’attrayant pour la mise en scène. Attrait toujours d’actualité, puisque Cannes a aussi vu cette année Le Procès Goldman de Cedric Kahn, tout comme sortait Mon Crime de François Ozon en début d’année. Justine Triet prouve à son tour avec Anatomie d’une chute que le genre est non seulement vivace, mais qu’il est encore propice à la réinvention.
Dans Les Feuilles mortes, Aki Kaurismäki livre un film d’une grande tendresse sur les rencontres furtives entre deux personnages en quête de tout et de rien. Deux personnages qui se trouvent mais qui ont du mal à ne pas se perdre…
Cinquante ans après L’Exorciste, les démons continuent de hanter les États-Unis et nous tourmentent avec des horror flicks oubliables produits à la chaîne, comme La Proie du diable l’année dernière ou L’Exorciste du Vatican aujourd’hui. À l’Est, dans les forêts désertes et glaciales de la Pologne, la réalisatrice Julie Kowalski décortique à son tour l’influence du Malin sur l’esprit d’une adolescente innocente… à moins que la menace ne soit plus pernicieuse encore ?
Deux hommes cheminent sous le soleil implacable du désert. Habillés de costards, l’un tout en noir, l’autre tout en blanc, ils discutent avec nonchalance d’un jeune homme mort après une chute de huit étages (sans compter une balle dans l’estomac et une overdose), s’arrêtant à peine le temps d’échanger des sacs d’argent contre de la drogue. Il suffit d’une scène à Elias Belkeddar pour planter ses personnages et son décor, dans un style teinté d’une ironie noire où la violence et la mort sont des occurrences quotidiennes sans réelle gravité.
Natalie Portman en lunettes noires. Julianne Moore en perfect housewife. Deux icônes, deux univers qui collisionnent. May December est pourtant bien plus et tout autre chose que cela…
Mehdi et Hamid travaillent pour une agence de recouvrement et sillonnent le Maroc en quête de remboursements. Comme Laurel et Hardy mais identiques, le duo se retrouve dans des situations toutes plus décalées les unes que les autres. Film à sketchs délicieusement absurde puis soudain épopée mystique, le film de Faouzi Bensaïdi n’est pas sans surprises.
Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, près de vingt millions d’Ukrainiens ont été contraints de tout quitter pour se réfugier en zone sûre, en Pologne ou dans les régions sécurisées de l’Ouest. Maciek Amela, producteur et réalisateur polonais, a sillonné le pays pour rapatrier à la frontière de son pays les Ukrainiens qui le sollicitaient, parcourant plus de 100 000 km. Son minivan de sept places est devenu un lieu de confidences, un lieu sûr, transitoire, témoin d’un exil forcé. Accompagné d’une caméra, le réalisateur a enregistré les conversations échangées avec ses passagers. Dans l’habitacle, on parle de la guerre, de ses drames, de l’exode, mais aussi des perspectives pour l’avenir : s’installer provisoirement en Pologne, revenir en Ukraine quand tout sera fini, ouvrir un café ou se baigner dans la mer.
La question de comment filmer l’horreur de l’Holocauste a souvent divisé le monde du cinéma. En prenant une approche radicalement opposée, Jonathan Glazer décide d’en révéler l’atrocité sans jamais la montrer, sans même que ses personnages se donnent la peine de la penser. Avec un formalisme à la beauté austère, il retrace la vie mondaine que mènent Rudolf et Hedwig Höss, le commandant du camp d’Auschwitz et sa femme.