Matthias et Maxime

Compétition – Festival de Cannes 2019
Sortie prochainement

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Gabriel D’Almeida Freitas et Xavier Dolan sont Matthias et Maxime ©Shayne Laverdiere

  Le temps d’un week-end, des amis se retrouvent dans un chalet situé au bord d’un lac. Les discussions vont bon train, les nuits sont longues, la bande est heureuse de se réunir. Parmi le petit groupe de trentenaires se trouvent Matthias et Maxime, à qui l’une de leurs amies demande de remplacer les deux acteurs du court-métrage qu’elle réalise. Ils acceptent, avant qu’elle ne leur révèle que leur scène consiste en un baiser. Un baiser que Xavier Dolan a la pudeur de ne pas montrer, et qui ravive un désir enfoui chez ces deux amis d’enfance.

  À peine deux mois après la sortie douloureuse de Ma vie avec John F. Donovan, voilà que Xavier Dolan présente déjà son nouveau film, en compétition au Festival de Cannes. Matthias et Maxime semble marquer un retour vers le cinéma intimiste avec lequel il a marqué les esprits. Tous les ingrédients de la recette dolanienne sont réunis : une histoire qui mêle l’amour et l’amitié (Les Amours imaginaires), un besoin de s’émanciper de la mère (J’ai tué ma mère), la difficulté de dire (Juste la fin du monde) et de faire corps avec son identité (Laurence Anyways). Le dispositif est en revanche inédit. Ponctué par des effets d’accélérés, souvent filmé en caméra à l’épaule, Matthias et Maxime est habité par une agitation et un enthousiasme constants, une intensité qui témoigne d’une urgence à filmer, à capter des instants de vie. Ce sont ces moments que voudraient saisir, au fond d’eux, Matthias et Maxime, mais les circonstances et l’hésitation freinent leur désir. La possibilité d’une histoire d’amour est retardée à mesure que le départ de Maxime approche, car il s’apprête à quitter le Québec pour l’Australie (un compte à rebours scande le film). Au cœur de ce film se trouve la problème fondamental de la construction de soi, vis-à-vis de l’autre que l’on aime.

  Pourtant, aussi inspiré et incarné soit-il (c’est un plaisir de voir le réalisateur, excellent comédien, jouer lui-même un des rôles-titres), Matthias et Maxime ne possède pas la charge affective des premiers films de Xavier Dolan. Le réalisateur manie d’une façon comique assez nouvelle les jeux de langage, au sein du foisonnement des dialogues, moquant ostensiblement l’ultra-anglicisation du vocabulaire et capitalisant sur la potentialité des expressions québécoises… mais les discussions entre amis sont si longues et brouillonnes qu’elles finissent par ennuyer, tout comme certaines répétitions, artificielles (ces scènes où Matthias s’égare dans ses pensées dans son bureau). Finalement, lorsque le film de potes télescope la romance, il ne fait pas de place à la création d’un trouble amoureux – et le rôle réservé à la mère étouffante, à nouveau interprété par Anne Dorval, est trop caricatural pour apporter un contrepoint fort au personnage de Maxime. Alors, le spectateur, devant la difficulté qu’ont les personnages à vivre leurs sentiments et des scènes plutôt répétitives, alterne entre la distance et l’émotion…

Matthias et Maxime / De Xavier Dolan / Avec Xavier Dolan, Gabriel D’Almeidas Freitas, Pier-Luc Funk, Antoine Pilon, Anne Dorval / 1h59 / Canada / Sortie prochainement

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