Tinnitus est une plongée dans l’eau chlorée des piscines olympiques, dans celle d’un aquarium, mais également dans la tête de la protagoniste, où les sons dessinent un espace mental confus, flirtant avec l’étrange, l’horreur et le thriller.
Genève. Jill (Brigitte Bardot) aime danser. Elle croit même aimer Dick (Dirk Sanders), qu’elle décide de suivre à Paris. Puis Jill se lasse de la danse, de même que de son partenaire de valse. Elle devient une vedette et c’est à son tour de faire tourner les têtes. Si on l’identifie à présent dans la rue et en première page des journaux, ces inconnus, qui la connaissent pourtant, s’affairent plus de ses liaisons amoureuses que de ses talents d’actrice. Retour à Genève, l’occasion pour Jill de retrouver son ami Fabio (Marcello Mastroianni).
Au cimetière de la pellicule prend la forme d’un western documentaire : caméra au poing et perche dans le dos, Thierno Souleymane Diallo traverse les villages guinéens et interroge les populations, guidé par ce qui ressemble à une rumeur. Il n’est pas à la recherche d’un homme mais d’un film : Mouramani de Mamadou Touré, premier court-métrage guinéen, dont les seules traces se trouvent dans des livres ou sur des bases de données.
Après avoir offert un beau chant funèbre au genre super-héroïque avec Logan, James Mangold semblait être le cinéaste idéal pour reprendre les rênes d’Indiana Jones et de son protagoniste désormais octogénaire. Aussi honnête artisan soit-il, le cahier des charges qui lui incombait aurait déjà dû mettre la puce à l’oreille.
Nanni Moretti était-il malade ? Un film symptomatiquement morettien nous donne pourtant bien rendez-vous en salles dès le 28 juin. Quoi ? Vous dites « Enfin ! » ? Après plus d’une décennie d’attente – nous languissions depuis Habemus Papam aux côtés du cinéma plus convenu que le réalisateur avait fait sien, souffrant d’une carence de son intime particularité et de son originalité profonde : avec Mia Madre en 2015, un passage, soit, par le documentaire quand sort Santiago, Italia en 2018, puis Tre Piani il y a deux ans – nous retrouvons, enfin, ce savoureux style dont nous étions déjà si nostalgiques. Le diagnostic est formel, si Moretti était souffrant, il est à nouveau sur pieds. Il est temps de le retrouver.
Par leur diversité, les douze courts métrages sélectionnés à l’occasion de l’édition 2023 du Champs-Elysées Film Festival témoignent de la vivacité et de l’inventivité du cinéma indépendant américain. En voici un aperçu, au travers des six films qui composaient le second programme :
Présidente du jury courts-métrages au Champs-Élysées Film Festival cette année, Rebeka Warrior nous confie ce que le format court représente pour elle, les compositeurs de musique de film qui l’ont marquée et nous parle des clips de Sexy Sushi, KOMPROMAT et Mansfield.TYA.
La pornographie érigée en art à part entière ? Voilà un pitch prétexte soit à un humour graveleux ou à une provocation facile. Pour son premier film au sujet risqué, le réalisateur argentin Manuel Abramovich décide dès l’ouverture de prendre son public à revers : Lalo, le protagoniste, seul dans la rue, isolé par un plan statique qui s’étire et l’isole au milieu de tous, éclate en sanglot. Cette soudaine explosion d’émotion hante le reste de l’œuvre, exploration surprenante du monde du porno et d’une mélancolie impossible à guérir.
Président du jury longs-métrages au Champs-Elysées Film Festival cette année, Bertrand Bonello a répondu à nos questions sur son rôle de juré, le cinéma indépendant, le contexte de production des films et l’évolution du festival.
C’est par une transaction que s’ouvre Il Boemo. Un misérable billet, glissé vers ce qu’il reste du célèbre Josef Myslivecek, compositeur adulé quelques années plus tôt, désormais aux abois, déchu, rongé par ses balafres syphilitiques qui l’on reconduit hors du « monde », dans l’ombre, sans le sou. Contre les affres du réel, et surtout de la bonne société viciée, hypocrite et matérialiste, que peut l’artiste et son amour de la beauté ? Hélas, pas davantage que ce qu’implique la condition d’un jeune métayer de Bohême en prises avec les élites d’une Venise décadente.