Deux semaines après la sortie de Close au cinéma, Plus que jamais réitère sur grand écran la question du deuil. Ici, la mort n’est pas soudaine mais conscientisée par l’épée de Damoclès qui plane au-dessus d’Hélène, une jeune femme atteinte d’une maladie pulmonaire.
Le film s’ouvre sur un sentiment d’urgence. Une jeune femme, Charlotte Salomon, fourre des centaines de feuillets dans une valise qu’elle confie à un homme. Prenez-en soin, lui demande-t-elle, c’est toute ma vie. Et ce littéralement : cette valise, c’est plus de mille peintures, retraçant tous les souvenirs de cette jeune artiste juive allemande. Une œuvre titanesque, souvent considérée comme le premier roman graphique, qu’elle a peinte en quelques mois, peu de temps avant sa mort à Auschwitz.
S’il n’est pas le plus connu ni le plus commenté des films de Louis Malle, Le Souffle au cœur apparaît comme une pierre angulaire de sa filmographie. Né d’ un amalgame des souvenirs de son adolescence avec un roman de George Bataille (Ma Mère, 1966), il est aussi l’un de ses plus personnels, et son plus grand scandale. Au comble du vice et de l’outrecuidance, le « gentleman provocateur », aux yeux de nombreux spectateurs d’hier – et certains d’aujourd’hui – achève la mémé déjà mourante dans les orties en ne se contentant pas d’étriller la bourgeoisie, ses habitus, son hypocrisie et son inculture, mais en s’emparant du seul grand tabou universel : l’inceste. Et cela bien sûr, comme toujours chez l’auteur, par-delà bien et mal.
En Polynésie, le Haut-Commissaire de la République est confronté à des tensions grandissantes lorsque des rumeurs de nouveaux essais nucléaires se propagent. De Roller est un tampon entre le peuple indonésien et l’État Français : le premier lui réclame des informations que le second n’a pas daigné lui donner. Son ignorance se transforme alors en inquiétude. Un complot ? Peut-être.
La mort soudaine de l’acteur Chadwick Boseman annonçait la fin précipitée de son personnage, Black Panther. Dans ce deuxième opus de la saga à succès, les pontes des studios Marvel ainsi que les habitants du Wakanda lui cherchent un digne successeur…
Qu’il se loge dans les tréfonds d’une banlieue américaine, aux confins de l’espace ou d’une jungle amazonienne, l’intime est toujours conçu comme protagoniste principal de la carrière cohérente de James Gray. Depuis Little Odessa, le cinéaste a à cœur de filmer l’intériorité de personnages puis, par extension, d’une Amérique meurtrie et rongée par ses obsessions. Après s’être penché sur des sujets et des genres plus épiques ou lyriques, avec The Lost City of Z et Ad Astra, James Gray décide de revenir à un sujet plus confidentiel avec Armageddon Time, inspiré de sa propre jeunesse dans le Queens.
Deux ans après la sortie de son premier volet, le personnage haut en couleurs d’Enola Holmes fait son retour sur Netflix. Cette fois-ci, avec une enquête encore plus farfelue que la précédente, inspirée de la véritable lutte des allumettières londoniennes au début du siècle dernier. Un fond historique qui permet la réaffirmation de la relecture féministe de l’emblématique légende holmésienne.
Un fast-food berlinois. En fond, des discussions inaudibles et des bruits de couverts. Deux femmes sont assises à une table. L’une d’elles, brune, un anneau dans le nez et des tatouages sur les bras, récite un poème. »Mon mot pour famille n’est pas leur mot pour famille / Mon mot pour poésie n’est pas leur mot pour poésie. / […] Et je suis une femme en ce sens que je suis faite par dépit. » C’est dans ce décor trivial que la poésie est la plus belle, libre de prendre son envol et de sublimer le lieu comme les personnages.
Jacky Caillou. Quelle est cette œuvre au titre qui interpelle ? En amont de la projection, notre imagination divague déjà, tachant de concevoir ce que provoquerait un mélange entre le tuning et la culture beauf qu’évoque ce prénom d’une part, et le reflet de simplicité et d’innocence assimilé au prosaïque élément, nom antonomastique, d’autre part. Notre intuition est – presque – bonne (amateurs d’automobile, férus de véhicules à l’esthétique douteuse, friands de voitures aux accessoires inaccoutumés, passez votre chemin), le film repose pleinement sur des jeux d’oppositions.
C’est entre des champs remplis de fleurs,le lycée et une chambre que se déroule l’histoire d’une amitié sans bornes, comme on peut en connaître au sortir de l’enfance, à la lisière du monde adulte. Rémi et Léo ont treize ans, l’âge des possibles, des jeux empreints de réalité : ils se dissimulent dans une cachette, croient entendre des voix, puis enfourchent leur vélo et filent sur la route, le souffle court, emportés par le vent.