Lobby baby

Pantages Theatre / Disponible sur Netflix

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Seth Meyers © Netflix

Le voile bleu qui orne l’arrière-scène du Pantages Theatre à Minneapolis fait ressortir ces grands yeux clairs qui donnent à Seth Meyers un air d’étonnement constant. Avec les traits angéliques et joueurs d’un enfant, le comédien s’attelle pourtant à évoquer la paternité. Un sujet déjà bien exploité mais auquel l’humoriste apporte un nouveau souffle. Ce n’est pas tant la manière avec laquelle il traite ce thème qui lui procure une originalité particulière mais bien son appréhension de la scène. Présentateur du Late Night with Seth Meyers, nous sommes habitués à le voir se livrer à l’exercice du monologue en début d’émission, un type de stand up extrêmement formaté. C’est donc un agréable changement que de le voir se réapproprier la scène le temps d’une soirée et manier l’humour plus librement. 

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À couteaux tirés

Au cinéma le 27 novembre 2019

MORNING BELL
© Metropolitan film export

Rian Johnson (Star Wars episode VIII) s’attaque avec À couteaux tirés au genre du who done it, ou film d’enquête. À la fin de la soirée de ses 85 ans lorsque le romancier Harlan Thrombrey est retrouvé mort les policiers réunissent tous les membres de la famille présents afin de déterminer le coupable. 

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Funny Girl

Théâtre Marigny

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© Julien Benhamou

« Don’t rain on my parade » chante fièrement Barbra Streisand sur un quai de gare lorsque ses collègues la somment de privilégier sa carrière à son amour. Séquence jouissive et mémorable d’un classique intemporel. Funny Girl est créée pour la scène de Broadway en 1964 avant d’être adaptée au cinéma par William Wyler en 1968. La comédie musicale nous conte l’histoire vraie de Fanny Brice, une actrice qui connaîtra un succès notable dans les années 1920 grâce à ses talents comiques à une époque où les femmes acquièrent une reconnaissance principalement pour leur beauté physique. Avec cette performance, Barbra Streisand, qui incarnera l’héroïne sur scène et au cinéma (aux côtés d’Omar Sharif) se verra propulsée au rang de star. 

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Les Misérables

Au cinéma le 20 novembre 2019

Stéphane et Chris (Damien Bonnard et Alexis Manenti) © SRAB Films
Chris (Alexis Manenti) et Stéphane (Damien Bonnard) © SRAB films

Stéphane (Damien Bonnard) quitte Cherbourg pour intégrer la brigade anti-criminalité du 93. Confronté à ses nouveaux collègues Chris (Alexis Manenti) et Gwada (Djebril Zonga), il est rapidement témoin de la violence inhérente à ce poste. C’est avec un court métrage du même nom, récompensé aux Césars l’année dernière, que Ladj Ly avait une première fois évoqué cette histoire. Cette année, pour son premier long métrage, lauréat du Prix du Jury à Cannes, il nous propose de retrouver ces personnages au coeur de Montfermeil.

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Little Joe

Au cinéma le 13 novembre 2019

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Alice et ses fleurs… Emily Beecham dans Little Joe ©The Coproduction Office

Alice est une phytogénéticienne, spécialiste du développement des végétaux, passionnée par son travail auquel elle dédie tout son temps. Ses dernières recherches ont été consacrées à la création d’une fleur aux vertus thérapeutiques : elle est censée rendre heureux son propriétaire. Alice décide d’en ramener une chez elle pour l’offrir à Joe, son jeune fils, avec qui les relations sont assez glaciales. Pas sûr que l’étrange fleur arrange vraiment les choses…

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Noura rêve

Au cinéma le 13 novembre 2019

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©Paname Distribution

Les lois du mariage sont fréquemment au cœur des cinémas du monde arabe et du Moyen-Orient, interrogeant par des portraits intimes la façon dont la législation restreint les libertés individuelles, ainsi que le conflit qui naît entre tradition et aspiration moderne. Au début des années 2010, Une séparation (2011) de l’iranien Asghar Farhadi devenait figure de proue en la matière, et l’année dernière, Sofia de la marocaine Meryem Benm’Barek racontait l’histoire d’une femme qui accouchait hors mariage. Dans cette lignée, la cinéaste Hinde Boujemaa, responsable d’un documentaire sur la révolution tunisienne en 2012, pense la situation des femmes tunisiennes à travers Noura rêve, un film solide et engagé. Elle rappelle, en la prenant pour point de départ, qu’une loi nationale punit l’adultère par une amende et cinq ans de prison pour les deux amants.

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J’accuse

Au cinéma le 13 novembre 2019

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Jean Dujardin, sobre et juste dans le rôle du colonel qui contribua à faire innocenter Alfred Dreyfus ©Guy Ferrandis / Gaumont

Humilié devant ses confrères de l’armée, le capitaine Alfred Dreyfus, tremblant de déshonneur, est dégradé. C’est la première séquence du film, plongée dans un Paris grisâtre, où l’austérité la plus sèche de l’univers militaire règne sur tous les visages stricts. Cette destitution n’est pas la conclusion mais le coup d’envoi de l’affaire Dreyfus, dont les multiples rebondissements forment un matériau historique et romanesque inouï : pendant douze ans (1894-1906), la France s’est déchirée autour de cette injustice derrière laquelle se cache un antisémitisme généralisé.

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The Irishman

Sur Netflix le 27 novembre 2019

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Al Pacino (Jimmy Hoffa) et Robert de Niro (Frank Sheeran) © Netflix

Il aura fallu près de vingt ans à Martin Scorsese et Robert de Niro pour trouver un projet digne d’une nouvelle collaboration. Ce projet c’est The Irishman, production Netflix qui met en scène Frank Sheeran (Robert de Niro), un camionneur qui croise le chemin de Russell Bufalino (Joe Pesci), un chef de la mafia italo-américaine. Comme il avait pu le faire dans ses films précédents touchant au même sujet (Casino, Mean Streets ou encore Les Affranchis), le réalisateur confronte un personnage initialement sensé et sensible à un environnement d’où découle une violence constante et banalisée. En devenant le bras droit de Bufalino, Frank se retrouve en effet plongé dans un univers ne répondant à aucune loi, véritable microcosme social ne fonctionnant qu’avec ses propres codes, règles et hiérarchies.

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Et puis nous danserons

Au cinéma le 6 novembre 2019

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Et puis nous danserons n’est pas le premier film à mettre la danse en scène dans l’idée de traiter un sujet « de société », et il ne sera pas le dernier. Mais si on peut jouer à trouver un certain nombre d’exemples, de Billy Eliott à Girl, ils sont probablement moins nombreux à traiter de la danse géorgienne, qu’on pourrait grossièrement présenter aux néophytes comme une danse traditionnelle exécutée avec la rigueur et l’exigence de la danse classique. Et c’est avec beaucoup d’intelligence que Levan Akin en fait l’élément central de son histoire, un pivot dramatique, qui cristallise toutes ses tensions : là où Merab cherche désespérément un moyen de s’exprimer, il se trouve confronté à une tradition ancestrale, à un élément constitutif d’une identité nationale, devant incarner ses codes et ses valeurs. Cette danse devient le lieu de l’opposition entre le désir de Merab de se révéler, et les forces qui l’en empêchent.

Si nos héros sont jeunes et ambitieux, s’ils espèrent faire de cette danse leur métier et rivalisent pour intégrer les ballets les plus prestigieux, le véritable défi qui leur est posé n’est pas celui de la compétition ou de la performance. En dansant, ils se heurtent surtout à une certaine idée de la masculinité, celle qui veut qu’on danse raide car on est un homme, ou que dans les vestiaires on multiplie les blagues graveleuses. Inutile de préciser que l’homosexualité est loin d’être acceptée dans le pays, et encore moins au cœur d’une de ses institutions les plus emblématiques. Quand l’équipe du film a contacté un ensemble national dans l’idée d’obtenir de l’aide pour la préparation du tournage, celle-ci leur a été refusée au prétexte que l’homosexualité n’existait pas dans la danse géorgienne…

Lutter contre cette négation, c’est alors s’exposer. Et à mesure qu’on suit l’histoire de Merab, nous parviennent par les conversations des personnages les tristes échos des mésaventures d’un certain Zaza, danseur de ballet surpris avec un homme, auquel le traitement qu’on réserve révèle toute la violence à laquelle sont exposés les homosexuels géorgiens lorsqu’ils sont découverts.

Tout en évoquant cette violence, Levan Akin se refuse pourtant à la montrer. L’histoire qu’il choisit de nous raconter n’est pas celle d’une persécution ; mais, des appartements pauvres dont on coupe l’électricité aux quartiers underground où se réfugie une culture queer inattendue, de la rigueur de la salle de danse à la liberté d’une brève histoire d’amour, Et puis nous danserons est le récit, émouvant et plein d’espoir, d’une possible libération.

Et puis nous danserons / De Levan Akin / Avec Levan Gelbakhiani, Bachi Valishvili, Ana Javakishvili / Suède, Géorgie / 1h50 / Sortie le 6 novembre 2019.

Le Mans 66

Au cinéma le 13 novembre 2019

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Christian Bale et Matt Damon, prêts à se confronter aux 24 heures du Mans ©2019 Twentieth Century Fox

À la suite d’un pacte financier manqué avec Ferrari, le constructeur automobile Ford décide d’imaginer une voiture de sport qui lui permettra de prendre la tête de la prochaine édition des 24 heures du Mans. Ce projet sera porté par deux hommes passionnés et déterminés, faisant de l’année 1966 un tournant dans l’histoire de la course automobile.

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