Les Jardins de Carthage, c’est le nom donné à un projet de quartier résidentiel de Tunis, développé par l’ancien régime, sa construction est stoppée par la révolution. Alors que les travaux reprennent peu à peu, des corps calcinés seront retrouvés au milieu des chantiers. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, Ashkal, l’enquête de Tunis est déjà l’une des expériences de cinéma les plus marquantes de ce début d’année.
Lydia Tár, brillante cheffe d’orchestre, prépare l’enregistrement de la 5e symphonie de Mahler mais les répétitions sont troublées par d’inquiétantes rencontres et accusations. Thriller au crescendo implacable, le film de Todd Field ne s’embarrasse pas de fioritures scénaristiques : il touche à l’essentiel.
Sylvain Creuzevault poursuit son cycle dostoïevskien en transposant sur scène le roman Les Frères Karamazov. Le metteur en scène en propose une réécriture délibérément outrancière et une relecture profondément moderne; et – contre toutes attentes, admettons-le – cela fonctionne diablement bien.
Pietro Marcello tente de continuer dans L’Envol la recherche esthétique et narrative qu’il avait concrétisée dans Martin Eden mais avec, cette fois, moins de conviction.
Après Trois Billboards, les panneaux de la vengeance, Martin McDonagh revient avec une nouvelle comédie noire. Mais cette fois, retour aux sources pour le cinéaste : Les Banshees d’Inisherin se déroule en Irlande.
La petite boutique des horreurs se fait de plus en plus rare à Broadway ou au West End. À l’origine, la pièce voit le jour en même temps qu’une certaine remise en question du genre de la comédie musicale par le public américain. Trop violente pour les enfants et trop farfelue pour les adultes, c’est finalement au cinéma qu’elle connaîtra ses plus beaux succès : d’abord avec Roger Colman dans les années 60 puis grâce à Frank Oz dans les années 80. Si les moyens cinématographiques sont plus aisément maniables pour donner vie à une plante carnivore géante, c’était sans compter sur l’inventivité légendaire de Christian Hecq et Valérie Lesort.
Au commencement, il y a Alain, qui devient ensuite Anders.
Dans Le Feu follet, publié en 1931, Pierre Drieu la Rochelle raconte, ou sans doute invente, les quelques jours qui précèdent le suicide de son ami, Jacques Rigaut, qu’il renomme Alain. En 1963, Louis Malle s’empare de l’histoire et la met en scène dans un Versailles grisonnant. Puis, en 2011, c’est dans un Oslo estival que l’on retrouve Anders, héros de la réadaptation de Joachim Trier. Au cœur du Feu follet, il y a l’addiction et l’amour, l’absence de l’un renforçant le désir de l’autre. Ces pulsions et déceptions caractérisent le personnage pétri de mal-être. Ses résolutions suicidaires ont bien évidemment des retentissements universels et intemporels, mais leur traitement est loin d’être identique. Alain et Anders, Anders et Alain ; comment un même personnage traverse-t-il deux époques, deux pays, deux films ?
Plusieurs fois interrompue pendant la crise sanitaire, La Ménagerie de verre, mise en scène par Ivo Van Hove, prend ses quartiers, pour de bon, à l’Odéon.
Dans Call me by your name, Luca Guadagnino s’était lancé le pari de filmer la naissance de l’amour, la floraison du désir. Il avait plongé – et nous avec lui – dans le désordre sentimental adolescent avec une sincérité bouleversante. C’est de cette sincérité, presque naïve mais surtout bornée, que manque Bones and all.
Bertrand Bonello dédie à sa fille adolescente un film sur le courage, plus précisément celui qu’il était nécessaire d’avoir pendant le confinement. Thématique de laquelle le cinéma n’avait pas encore eu le temps de s’emparer mais, au fond, a-t-on vraiment envie qu’il le fasse ? N’avons-nous pas déjà tout vu et tout entendu sur cette période de pandémie ? Détrompez-vous, vous n’avez jamais rien vu tel que Coma.