La 11ème édition du Champs-Elysées Film Festival s’est déroulée la semaine dernière. De nombreux spectateurs ont écumé l’avenue parisienne : du cinéma Publicis, au Balzac, en passant par le Lincoln, pour finir au Gaumont Champs-Elysées.
Les journalistes sur place l’ont assez répété : malgré une compétition de bon niveau cette année, aucun film ne s’est réellement détaché dans la course à la Palme. Pas vraiment de chef d’œuvre donc, ni de palme évidente au rendez-vous, mais de belles émotions tout de même et de l’incompréhension, aussi, suite à l’annonce du palmarès qui ne nous a pas pleinement satisfaits. Contrairement à une grande partie de la presse, ce n’est pas devant Sans filtre (Triangle of Sadness) et sa palme d’or que l’on s’est étranglé. On a même beaucoup jubilé devant cette nouvelle satire de Ruben Östlund où un couple de mannequins-influenceurs en croisière sur un yacht voit son luxe propret et confortable voler en éclats. Sur le bateau, tout déborde, tout explose dans un chaos où l’on vomit et où l’on fait vomir le capitalisme. Il est par ailleurs assez ironique que le festival ait choisi de récompenser un film qui en reflète certains de ses aspects, tels que le culte des apparences et les différences de classe. En somme, peut-être est-ce moins le cynisme du film qui dérange ses détracteurs que le miroir qu’il tend à nos viles hypocrisies.
Cette année, les festivals internationaux réussissent aux réalisatrices françaises. Après le sacre de Julia Ducournau avec Titane à Cannes, Audrey Diwan a reçu le Lion d’or à la Mostra de Venise pour L’événement. En attendant de découvrir ce film, adapté d’un roman autobiographique d’Annie Ernaux, qui sortira en salle le 24 novembre, retour sur quelques films très attendus que nous avons eu l’occasion de découvrir sous le soleil de Venise.
En choisissant d’attribuer la Palme d’or à Titane de Julia Ducournau, le jury du 74e festival de Cannes a misé sur une proposition audacieuse qui ne nous a toutefois pas convaincus. Mais nous avons fait d’autres belles découvertes durant le festival, dont voici un tour d’horizon.
Le festival La Fête du court métrage, qui se tient en ligne du 24 au 30 mars, donne gratuitement accès à plus de 150 films courts. Sa sélection éclectique, subdivisée en de multiples catégories, offre une « galaxie » (selon les termes du festival) de films de tous genres et origines, pour tous les goûts et tous les publics.
Si la tenue du festival de Cannes avait été espérée jusqu’au bout par Thierry Frémaux, Pierre Lescure et les cinéphiles les plus optimistes, il a fallu se rendre à l’évidence : le festival n’aura pas lieu. Il s’agit d’une circonstance inédite dans l’histoire du festival. Il y a bien eu la première édition avortée de 1939, et celle interrompue de 1968, mais cette édition 2020 ne pouvait rien contre un contexte mondial tout autant exceptionnel. Le festival n’a cependant pas dit son dernier mot.
Cela fait déjà 24 ans que le cinéma l’Arlequin, situé au cœur du 6e arrondissement de Paris, est devenu un rendez-vous incontournable pour découvrir le cinéma allemand à travers des films inédits. Durant une semaine, une douzaine de longs-métrages sont projetés, dont beaucoup ont été aperçus dans les sections parallèles du festival de Berlin. L’éducation (Benni), la religion musulmane (Oray), le mariage forcé (Juste une femme), le poids des crimes de guerre dans le présent (L’Affaire Collini), les films aux thèmes ancrés dans la société allemande prédominaient, donnant à lire, avec plus ou moins de réussite, un certain état d’esprit de la création contemporaine outre-Rhin. Et cela devient si rare qu’il faut le saluer : les séances sont précédées par des courts-métrage, formats dans lesquels résident, souvent, le plus d’inventivité.