Les Cyclades

Au cinéma le 11 janvier 2023

© Chloé Kritharas

Un décor assumé de carte postale, une Laure Calamy plus extravagante que jamais et une belle histoire d’amitié, le nouveau film de Marc Fitoussi ensoleille la grisaille de ce mois de janvier avec cette comédie légère où les chemins de deux amies d’enfance se rejoignent presque par hasard. 

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1983

Théâtre Gérard Philippe

© Théâtre Gérard Philippe / Compagnie Nova

Après Nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre et Et le cœur fume encore, Alice Carré et Margaux Eskenazi nous livrent le dernier volet du triptyque « Écrire en pays dominé ». Les trois spectacles interrogent les identités liées à l’histoire française : identités abusées, laissées de côté et négligées depuis l’époque coloniale jusqu’à aujourd’hui. 1983 clôt ce questionnement en s’adressant tout particulièrement aux héritiers de l’immigration.

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Nos soleils

Au cinéma le 18 janvier 2023

© Lluis Tudela

S’il n’ est pas question de cerisiers ni du déclin de l’aristocratie sous la Russie tsariste, difficile de ne pas entrevoir l’ombre de Tchekhov et de sa Cerisaie dans Nos Soleils de Carla Simón (Ours d’or 2022), nouveau récit familial, estival et de deuil après Été 93, pour lequel la cinéaste espagnole avait déjà remporté un prix – le meilleur premier film – à la Berlinale. Ici, la famille de Lioubov laisse place aux Solé et leurs champs de pêchers au village d’Alcarràs, en Catalogne, menacés par un projet plus rentable de panneaux solaires.

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Earwig

Au cinéma le 18 janvier 2023

© New Story

Après un parcours décevant en festival, le troisième long-métrage de Lucile Hadzihalilovic sort en France dans moins de quinze salles. Malgré un excellent début de filmographie, il est malheureux de voir une réalisatrice aussi talentueuse boudée par les grands festivals, le public et les cinéphiles adeptes d’elevated horror. Car Earwig aurait tout à fait pu être produit ou distribué par A24 tant il est envoûtant et dans l’air du temps.

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Babylon

Au cinéma le 18 janvier 2023

© Paramount Pictures.

Par une séquence a priori banale, le nouveau-né de Damien Chazelle déploie sa note d’intention. Tel un “jumeau maléfique” de Chantons sous la pluie ayant troqué sa joyeuseté pour un portrait doux-amer, Babylon sera une œuvre folle, révélant les coulisses débauchées du vieil Hollywood.

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Ce qu’il faut dire

MC93

© MC93

Sur scène, quatre comédiens se succèdent pour s’adresser directement au public sur ce que l’histoire officielle, l’histoire modelée par l’idée de nation française, a tu. Le discours proclamé est absent des livres d’histoire, dissimulé par l’idéal utopique d’un peuple uni. L’objectif de la pièce est alors clair : réhabiliter les mémoires et montrer le revers de la victoire. Les colonisés, les tirailleurs, les ségrégués sont les grands oubliés de la France triomphante. Au fil des voix qui se délient, une question est alors posée : Comment trouver la fraternité quand les oppresseurs des uns sont les héros des autres ?

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L’immensità

Au cinéma le 11 janvier 2023

© Pathé Films

Sur les toits de Rome, une hostie est tendue vers le soleil :  »le corps du Christ. Amen. » Hostie après hostie, un jeune garçon espère – un miracle, un nouveau corps, une transmutation, qui lui permette d’abandonner  »Adriana », ce prénom qui le suit partout, et de devenir  »Andrea », l’homme qu’il est. Tout ce qu’il reçoit, c’est une crise d’asthme.

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Les Frères Karamazov

Théâtre de l’Odéon

© Simon Gosselin

Sylvain Creuzevault poursuit son cycle dostoïevskien en transposant sur scène le roman Les Frères Karamazov. Le metteur en scène en propose une réécriture délibérément outrancière et une relecture profondément moderne; et – contre toutes attentes, admettons-le – cela fonctionne diablement bien.

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La Ligne

Au cinéma le 11 janvier 2023

© Bandita Films

C’est une déflagration d’objets, de verre, de pots de fleurs qui apparaissent sur fond blanc dans une esthétique qui rappelle l’abstraction. Puis des bouches qui hurlent sans que l’on en entende le cri : cri qui ne sort pas, ou qui ne peut pas sortir, tant la frontière entre amour et haine demeure subtile. C’est une valse de violence, capturée au ralenti, où les corps se cognent et s’entrechoquent, bientôt suspendus par le hurlement de Marion, la cadette de la famille.

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