Rencontre avec : Héloïse Pelloquet, Cécile de France et Félix Lefebvre

© Louise Levasseur

Héloïse Pelloquet, forte de son expérience de monteuse (Petite Solange, À l’abordage) présente en ce moment au cinéma La passagère, son premier long-métrage en tant que réalisatrice. Dans le film, Cécile de France incarne une femme mariée dont les sentiments et les certitudes seront remis en cause par l’arrivée d’un jeune apprenti pêcheur, interprété par Félix Lefebvre. Nous avons eu la chance de nous entretenir avec cette jeune cinéaste pétillante, ainsi qu’avec le très 2022 couple cinématographique qu’elle a imaginé.

Héloïse, vous avez une formation de monteuse. Réaliser et monter, ce sont finalement deux écritures différentes d’un film. Quel rôle avez-vous occupé dans le montage de ce premier long-métrage ?

Héloïse Pelloquet : Ce sont deux pratiques qui se complètent. Pour moi, le montage est une écriture, différente de celle du scénario, différente de celle du tournage, mais néanmoins l’une des dernières écritures du film. Forcément, je pense beaucoup au montage puisque c’est le moment où le film se sculpte. Sur La Passagère, c’est Clémence Diard qui était monteuse. J’avais toute confiance en elle et je l’ai laissée travailler. J’étais présente, mais pas plus que si je n’étais pas monteuse.

Dans quelle mesure le montage vous influence-t-il déjà lors de l’écriture ? Avez-vous toujours voulu réaliser des longs-métrages ou est-ce venu au cours de votre carrière de monteuse ?

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White Noise

Disponible sur Netflix

© Netflix

De son premier (Kicking & Screaming) jusqu’à son dernier film (Marriage Story), modestie et délicatesse sont les maîtres-mots de Noah Baumbach. Son cinéma fait la part belle aux différents points de vue et à la banalité du quotidien pour mieux cerner la chaleureuse humanité de ses héros et héroïnes. Il est donc surprenant de voir le jeune Américain revenir sous la tutelle de Netflix avec White Noise, long-métrage au budget conséquent de 80 millions de $ – soit quatre fois supérieur à son précédent – adapté du roman éponyme de Don DeLillo.

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The White Lotus

Disponible sur OSC

© OSC

Le couvert est remis pour cette deuxième saison de The White Lotus. Un soleil éblouissant, des vagues de cristal et un volcan en éruption accueillent une nouvelle fournée de touristes américains, tous plus blancs et plus riches les uns que les autres. Une fois encore, la scène d’ouverture nous présente des corps entassés sur la plage de l’hôtel, annonce du drame qui va se dérouler dans ce paysage un peu trop idyllique.

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Les Banshees d’Inisherin

Au cinéma le 28 décembre 2022

© The Walt Disney Company

Après Trois Billboards, les panneaux de la vengeance, Martin McDonagh revient avec une nouvelle comédie noire. Mais cette fois, retour aux sources pour le cinéaste : Les Banshees d’Inisherin se déroule en Irlande.

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La Passagère

Au cinéma le 28 décembre 2022

© Bac Films

Avec son premier long-métrage, Héloïse Pelloquet poursuit son exploration des amours contrariées. Chiara pêche aux côtés de son mari, Maxence est leur apprenti ; elle est charismatique et taquine, il a le charme et la répartie d’un jeune bourgeois. De cette relation déséquilibrée émerge une aventure amoureuse et sexuelle intense lorsque le mari de Chiara s’absente pour quelques jours.

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Glass Onion – Une histoire à couteaux tirés

Disponible sur Netflix

© Netflix

Finie l’atmosphère automnale de À couteaux tirés et la fausse chaleur de sa grande demeure familiale, Benoit Blanc se frotte désormais à la chaleur estivale et aux faux-semblants des super-riches, sur une île paradisiaque tenue par un magnat multimilliardaire. Plus exubérant et énergique que le premier film, déjà réalisé par Rian Johnson, Glass Onion embrasse les excès de ce nouveau cadre pour mieux exposer son ridicule. Dialogues outranciers, kitsch assumé, jeu de non-dits, name-dropping abusif : Johnson s’en donne à cœur joie et fustige, davantage que son prédécesseur, la superficialité de cette élite autoproclamée, paradoxalement emprisonnée dans l’entre-soi qu’elle a bâtie.

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Les Huit montagnes

Au cinéma le 21 décembre 2022

© Pyramide distribution

Quoi de mieux que la montagne, lieu aux mille reliefs, aussi reclus qu’ouvert sur le monde, pour incarner à l’écran le décor d’une amitié forte et tortueuse, s’écoulant sur plus de vingt ans ? Adaptée du livre Les Huit Montagnes de Paolo Cognetti, cette idée ambitieuse offre à Felix Van Groeningen, co-réalisant pour la première fois avec sa compagne Charlotte Vandermeersch, l’occasion de déplacer son genre de prédilection – le mélodrame – dans le cadre idyllique des Alpes italiennes.

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Rencontre avec : Nicolas Pariser

Nicolas Pariser façon Hergé © Culture aux Trousses

Entre la bande-dessinée franco-belge et le thriller hitchcockien, Nicolas Pariser crée avec Le Parfum Vert un mélange étonnant de divertissement et d’audace, d’espionnage pictural et d’inspiration rohmerienne. Nous avons eu le plaisir de le rencontrer avant la sortie de son troisième long-métrage, à l’affiche partagée par Vincent Lacoste et Sandrine Kiderlain.

Après Le Grand Jeu et Alice et le maire, plus tournés sur une exploration méthodique des milieux politiques, vous voici le réalisateur d’un thriller aventureux fortement inspiré de Tintin. Qu’est-ce qui a motivé un tel changement ?

Je n’avais pas envie de me répéter. Lorsqu’on fait quelque chose au cinéma, on reçoit ensuite plusieurs propositions dans le même style. On m’a proposé de faire des films sur des ministres ou des députés, ce qui ne m’intéressait pas. Il y avait comme un malentendu : le monde politique ne me passionne pas en soi. Je ne m’intéresse qu’à certains sujets politiques, mais pas dans leur généralité. J’ai alors essayé de sortir de cette impasse, et c’est à ce moment que je relisais Tintin et revoyais des films d’Alfred Hitchcock des années 30. J’y ai relevé une certaine parenté qui m’avait donné envie de faire du cinéma quand j’étais plus jeune. J’ai alors eu envie de réaliser un film dans cette veine, sans tomber dans la copie ou le pastiche. De la même manière qu’on parle aujourd’hui d’une « comédie musicale contemporaine », je me suis demandé si je pouvais réaliser une comédie d’espionnage contemporaine.

Pourtant, même dans ce film, la politique reste importante : les personnages discutant entre autres de l’identité européenne et de la gauche. Pour vous, toute œuvre doit-elle nécessairement s’approprier un questionnement politique, même s’il est relégué au second plan ?

Je ne peux pas m’en empêcher. Je dois aussi avouer que la moitié des discussions que j’ai avec mes amis portent sur la politique. Il me semble qu’à un moment donné, plus jeune, je parlais beaucoup de films ou de livres avec mes amis, mais c’était éreintant. Lorsqu’on était en désaccord, il fallait utiliser des arguments et le ton montait. À l’inverse, je ne me suis jamais disputé en discutant de politique, même en cas de différend. De plus, lorsqu’on parle de littérature ou de cinéma —malgré quelques exceptions—, cela sonne faux et je suis comme embarrassé. Soit les gens racontent des bêtises, soit la discussion est très érudite et donne une impression d’entre-soi. À l’inverse, puisque tout le monde parle de politique, tout le monde dit des bêtises. Qui n’a jamais vu des films de Dreyer ne peut en parler, alors que les discussions politiques ont quelque chose de démocratique. Quand bien même mes personnages se perdent dans leurs débats, cela rejoint la réalité où tout le monde a le droit de raconter ce qu’il veut sur n’importe quel sujet.

Les personnages de votre film sont très représentatifs : leur apparence, leur manière de se déplacer. Vous dites que Tintin vous a beaucoup inspiré, comment avez-vous ensuite choisi des acteurs pour correspondre aux personnages de l’œuvre d’Hergé ?

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Godland

Au cinéma le 21 décembre 2022

© Jour2Fête

Vivement applaudi par une presse enthousiaste au dernier festival de Cannes, Godland s’impose comme une expérience singulière, âpre et saisissante, fascinante et troublante, autant que le périple du prêtre danois Lucas, missionné pour aller construire une église aux confins de l’Islande sauvage. C’est dans une pièce éthérée, sous la lueur faible de fenêtres opaques, que l’on découvre le clerc, à l’écoute de son supérieur qui l’avertit de la lourde et périlleuse tâche à venir. Cernés par les surcadrages, dans un plan long et fixe, les deux garants de la Vérité (au sens divin) apparaissent séparés du monde. À l’écart du réel.

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Le Parfum vert

Au cinéma le 21 décembre 2022

© Bizibi

Bienvenue dans les coulisses de la Comédie-Française, alors que l’institution devient le théâtre d’une scène de crime. L’un des acteurs de la troupe, Martin (Vincent Lacoste), est désorienté entre son divorce, la mort récente de son ami, la police qui le soupçonne et une étrange organisation dont il veut percer le secret… Le chemin du jeune homme étourdi croise celui de Claire (Sandrine Kiberlain), dessinatrice de bandes-dessinées s’impliquant corps et âme pour aider ce mystérieux inconnu qui s’évanouit à répétition.

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