Pour l’éternité marque le retour de Roy Andersson sept ans après la fin de sa Trilogie des vivants, débutée par Chansons du deuxième étage (2000) et close par Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence (2014). Un long-métrage sombre et beau, qui a reçu le prix du meilleur metteur en scène à la Mostra de Venise.
Takako, Japonaise, vit à Aceh en Indonésie avec son fils Takashi, où elle aide le pays à se reconstruire après le désastre causé par le tsunami. Alors que sa nièce Sachiko vient leur rendre visite, en quête d’un lieu mystérieux photographié par son père décédé, leur aide est sollicitée : un Japonais apparemment amnésique semble avoir émergé de la mer.
Dans les quartiers nord de Marseille, Nora est entièrement dédiée à son quotidien. Aucun autre espace ne lui est donné : elle élève seule ses enfants, dont l’un d’entre eux est en prison, et travaille comme femme de ménage pour une compagnie aérienne qui ne lui permettra jamais de prendre les avions qu’elle nettoie. Avec ce nouveau film très personnel, Hafsia Herzi affirme son projet de cinéaste.
En 1974, un homme arrive sur une île des Philippines. Il s’enfonce dans la nature, établit un campement, et allume un petit poste qui se met à émettre une chanson japonaise aux accents propagandistes. Le son se diffuse dans la jungle et parvient aux oreilles d’un étrange homme en uniforme et camouflage… le lieutenant Hiroo Onoda, auquel la mélodie rappelle sa propre arrivée sur l’île, 30 ans plus tôt, alors que le conflit mondial touchait à sa fin. Il était chargé de mettre en place une nouvelle stratégie militaire désespérée : la guérilla.
Écrite par Alexandre Dumas d’après Frédéric Gaillardet en 1832, La Tour de Nesle a été jouée des centaines de fois au théâtre. Il faut dire que son intrigue politique et œdipienne située sous le règne de Louis X offre un argument formidable à la fiction : Marguerite de Bourgogne, femme du roi, fait assassiner ses amants pour éviter que sa débauche ne s’ébruite ; les masques ne vont cependant pas tarder à tomber, d’autant plus que l’intrépide et intéressé Buridan ne laissera pas ce manège continuer encore…
En choisissant d’attribuer la Palme d’or à Titane de Julia Ducournau, le jury du 74e festival de Cannes a misé sur une proposition audacieuse qui ne nous a toutefois pas convaincus. Mais nous avons fait d’autres belles découvertes durant le festival, dont voici un tour d’horizon.
Palme d’or inattendue de la 74e édition du festival de Cannes, Titane de Julia Ducournau est sorti en salle avant qu’il ne soit adoubé par le jury présidé par Spike Lee. Long-métrage audacieux par son ambition plastique, il se limite toutefois à la stylisation de sa carrosserie.
Henry McHenry (Adam Driver), acteur de stand-up, et Ann (Marion Cotillard), cantatrice, vivent un amour fusionnel. Leur relation est d’une telle intensité que lorsque des sentiments contraires s’immiscent dans l’harmonie – la jalousie, la méfiance -, le revers est douloureux. Au sommet de son inventivité formelle, Leos Carax revient avec un film musical qui renoue avec la tradition des opéra-rocks.
Entré à la Comédie-Française en 2018, Yoann Gasiorowski est acteur et musicien ; il apparaît cette saison dans pas moins de trois spectacles musicaux : Music-Hall, Mais quelle Comédie ! et Le Bourgeois Gentilhomme.
As-tu commencé par une formation musicale ou théâtrale ?
J’ai commencé par une formation musicale. Je faisais du solfège et de la batterie dans un conservatoire de région. Et puis à un moment donné, j’ai du choisir entre plusieurs activités périscolaires et j’ai choisi le théâtre. Je me souviens très bien du jour où j’ai annoncé à mon professeur au conservatoire que j’arrêtais le solfège car je voulais faire du théâtre. J’ai continué à faire de la batterie chez moi, ce qui m’a permis de me perfectionner. C’est d’ailleurs assez singulier car, généralement, c’est plutôt un instrument qui se travaille en groupe. Mais au fur et à mesure, le théâtre a pris plus de place. Je crois que dès lors que j’ai été pris au conservatoire de ma région, dans une formation théâtrale de deux ans, je me suis dit qu’il fallait que j’arrête les cours à l’université pour me consacrer au théâtre. C’était deux années formidables. On rencontrait des intervenants excellents : Richard Sammut, Anne Théron, Cyril Teste… Je ne voulais pas que ça se termine après seulement deux ans, donc je me suis demandé comment faire pour que ça continue. Ce n’était pas vraiment dans l’idée d’en faire un métier mais simplement pour que ces rencontres ne s’arrêtent pas.
Dans Mais quelle Comédie ! tu lis au public une lettre que tu as écrite plus jeune à l’administrateur pour lui demander d’intégrer la Troupe de la Comédie-Française. Est-ce une histoire véridique ?
Oui, c’était une lettre assez audacieuse ! Après Saint-Étienne, j’ai été comédien au théâtre de Dijon où il y avait cet esprit de troupe, que je retrouvais. Car, avant de commencer la musique, ma mère, actrice, m’emmenait souvent voir sa troupe, dans notre village. J’y allais enfant et je voyais un groupe d’adultes qui se retrouvait tous les ans pour jouer. Déjà, ma pensée du théâtre était façonnée par l’idée de troupe. À Dijon, j’ai retrouvé cette sensation d’appartenir à un lieu dans lequel je venais faire un relai. Et j’ai alors écrit une lettre à la Comédie-Française. Je savais très bien que cette lettre était une goutte d’eau dans un océan mais j’ai voulu tenter. Leur faire entendre ce que je vivais, ce que je ressentais. C’est Serge Bagdassarian et Marina Hands (les metteurs en scène de Mais quelle Comédie !, NDLR) qui m’ont convaincu que lire cette lettre allait réellement dans le sens du spectacle.
Ce n’est pas trop surréaliste de relire une telle lettre sur la scène de la salle Richelieu, devant un public, maintenant que tu fais partie de la Troupe ?
Si, c’est très intimidant car c’est extrêmement intime. Ce sont des sensations que tu n’as pas forcément envie de partager avec neuf cent personnes d’un coup. En répétition, je ne me posais pas trop la question, je ne me projetais pas. Mais la première fois que je l’ai lue devant des gens, j’étais effectivement assez bouleversé. Parce que je ne pouvais pas parler plus de moi qu’en lisant cette lettre. Elle a vraiment été déterminante dans ma vie.
Cela a donc toujours été la visée du spectacle, raconter intimement chaque comédien et son rapport à la Troupe ?
Mais quelle Comédie ! est un spectacle né grâce à la web-télé de la Comédie-Française : durant les confinements, la Troupe, à travers des épisodes diffusés sur Youtube, proposait à son public des lectures, des saynètes. Mais surtout, des moments d’échange. Les comédiens, isolés, se racontaient individuellement et collectivement. La web TV traduisait ce besoin de se sentir troupe, même virtuellement. Mais quelle Comédie ! répond toujours à ces désirs mais les transpose sur scène, devant un public affamé de théâtre.