Un riche éditeur enferme neuf traducteurs dans un bunker de luxe afin qu’ils traduisent le dernier roman d’un célèbre auteur. Malgré ces conditions d’enfermement et de surveillance drastiques, les dix premières pages du roman apparaissent sur internet.
Jojo est un jeune garçon allemand enrôlé dans les jeunesses Hitleriennes au tournant de la Seconde Guerre mondiale. Vivant seul avec sa mère, son idole n’est autre que le Führer. Un sujet risqué, inspiré de celui du roman Caging skies de Christine Leunen, mais qui fait sens dans l’œuvre de Taika Waititi. Avec Hunt for the wilderpeople ou Boy, le réalisateur néo-zélandais explorait déjà cette admiration bornée d’un fils pour une figure paternelle très peu méritante. En choisissant le point de vue de l’enfant, il donne à son film l’aspect d’un « coming of age movie » dans lequel le jeune héros devra s’émanciper de cet ascendant malsain.
En 2016, tel un signe annonciateur de l’affaire Weinstein et du mouvement #MeToo, le comportement du patron de la chaîne conservatrice et républicaine Fox News, Roger Ailes, était dévoilé au grand jour. Accusé de harcèlement sexuel par Gretchen Carlson, présentatrice de la chaîne, il se voyait alors obligé de démissionner. Elle n’était pas sa seule victime : plusieurs voix de femmes au sein de la rédaction se sont jointes à la sienne, dénonçant les agissements scandaleux de leur patron. En retraçant cette glaçante histoire vraie, Scandale est-il le film post-MeToo que l’on attendait venant d’Hollywood ?
Monsieur X est un homme âgé qui vit dans un appartement décrépi. Il se réveille du mauvais pied, s’apprête à répondre au cérémonial quotidien d’une journée solitaire. Rien d’énigmatique, à priori. Seulement, quelque chose détonne dès lors qu’il tente de se lever. L’univers balisé se met en branle, le lit devient un instrument de musique, et tous les objets, à sa suite, prendront vie. Quand Monsieur X est incarné par Pierre Richard, il ne peut pas être Monsieur Tout-le-monde.
Le jeune Paul vit avec sa mère, dans une maison proche de la clinique psychiatrique où celle-ci travaille. Un jour, il surprend Gloria, une patiente de son âge, en train de tenter de s’enfuir. Fasciné par la jeune fille et bien qu’il lui soit interdit de la fréquenter, il décide pour la revoir de braver les interdits.
Certains films annoncent dès leur sujet la singularité qui va les caractériser. Dans Swallow, Hunter attend un enfant de son mari, qui ne la voit guère que comme une femme au foyer. Elle se trouve bientôt atteinte d’un étrange syndrome, qui existe réellement : la maladie de pica, qui consiste à ingurgiter des objets non comestibles. Une vis, une bille, une épingle…
Deux soldats britanniques sont chargés de porter un message à un autre bataillon afin d’éviter qu’ils se retrouvent piégés par les allemands. Pour que l’ordre parvienne au colonel concerné, les deux jeunes amis devront risquer leur vie en traversant le no man’s land… Mission suicidaire qui s’inspire en réalité de l’histoire du grand-père du réalisateur. 1917 est non seulement un film très personnel pour Sam Mendes, mais il s’agit aussi de son tout premier scénario.
Revisiter les grandes figures littéraires ou historiques pour la télévision est un passe-temps qui s’est avéré productif pour Steven Moffat et Mark Gatiss. Après avoir fait apparaître ces personnages dans leurs épisodes de Doctor Who et adapté la vie de Sherlock Holmes au XXIe siècle, le duo britannique revient cette année avec leur très attendue adaptation de Dracula.
Préparer une rencontre avec Abel Ferrara est un exercice en soi. D’abord parce qu’il est connu pour être difficile à interviewer (« Publier une interview en bonne et due forme d’Abel Ferrara relève de l’impossible ou du prix Pulitzer » dixit Frédéric Bonnaud dans lesInrocks). Ensuite, parce que passer trente minutes avec un pilier du cinéma américain, ça n’arrive pas tous les jours. Le rendez-vous était pris dans un café du 9e arrondissement de Paris, en début d’après-midi, pour parler de son nouveau film Tommaso, long-métrage très autobiographique qui fait le portrait d’un artiste torturé incarné par Willem Dafoe. Entouré de Cristina Chiriac, son épouse qui joue l’autre rôle principal, et de leur fille de cinq ans Anna Ferrara, également dans le film, c’est un homme apaisé que nous avons rencontré, différent de la légende que l’on fabrique encore autour de sa personnalité.
[Alors que l’entretien commence, Abel Ferrara est sorti du bar, Cristina Chiriac prend place]
Avant la première projection du film à Cannes l’année dernière, vous aviez dit « n’ayez pas trop d’attentes » ! C’était une entrée en matière surprenante.
Cristina Chiriac : C’est vrai ! Je pense que ne pas avoir d’attentes avant de regarder un film est la meilleure façon de le découvrir.
Le personnage que vous incarnez dans Tommaso semble très proche de vous. L’avez-vous abordé en terme de composition ?
CC : Non, j’étais totalement moi-même. Il y a bien sûr des limites que l’on ne peut pas franchir, mais j’ai essayé d’être la plus vraie et naturelle possible. Abel dirige ses acteurs, mais chacun peut développer sa propre vision. Tout le monde a sa propre manière de percevoir l’art. Je n’ai pas pris le tournage comme un travail, mon rôle faisait partie de moi-même. C’est ce que j’ai appris en faisant Tommaso.
Christopher Walken a raconté que les tournages d’Abel Ferrara étaient chaotiques. Êtes-vous d’accord avec lui ?
Édouard Baer déboule au milieu du public : il joue une pièce dans le théâtre d’à côté mais à cause du regard mal placé d’un spectateur il a été pris de panique. Il s’est alors empressé, nous raconte t-il, de quitter le théâtre et s’est réfugié ici, avec nous. Il s’excuse élégamment de cette interruption et nous demande de lui accorder ce lieu de refuge le temps d’une soirée. Subtilement, il se fraye alors un chemin dans le public et se hisse sur la scène.