Sublime

Au cinéma le 17 mai 2023

© Outplay films

C’est dans une petite ville bourgeoise, sur la côte Argentine, au milieu des souvenirs et des photos d’enfance, que la caméra capte les premiers moments de ce qui se révèlera être une ode à l’amitié et à l’amour.

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The Sweet East

Actuellement au cinéma

© The Match Factory

Dans The Sweet East, Sean Price Williams nous promène dans une Amérique découpée en différentes idéologies : de punks à islamistes, en passant par néo-nazis et avant-gardistes. Lillian, jeune adolescente désœuvrée, est notre guide à travers ces groupuscules qu’elle intègre, toujours avec un détachement adolescent aussi touchant que frustrant. 

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War Pony

Au cinéma le 10 mai 2023

© Félix Culpa

Il est des images qui interpellent par leur charge fantastique, étrange, magique. Ainsi en est-il de la vision prenant place sur une large route goudronnée de Dakota du Sud, dans une réserve amérindienne où Bill, vingt-trois ans, la tête encore enfumée par la nuit agitée qu’il vient de vivre, se retrouve devant un bison, imposant, magistral, énigmatique. Des coups de feu retentissent, – léger sursaut du spectateur – coupent court à l’onirisme de la scène, pour la plonger immédiatement dans la réalité, celle de la violence sourde, ténébreuse et fugace : des bambins munis de pistolets traversent le champ. C’est la première rencontre, fugitive, furtive, entre Bill et Matho, douze ans, tous deux enfants du monde, livrés à la dure âpreté de la vie. 

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Fairytale

Au cinéma le 10 mai 2023

© Les films de l’Atalante

Alexandre Sokourov revient après plus de sept ans d’absence avec Fairytale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que du haut de ses 71 ans, le cinéaste n’a jamais été aussi moderne.

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Beau Is Afraid

Au cinéma le 26 avril 2023

© Takashi Seida

Un matin, lorsque parut l’aurore aux doigts moroses en pays d’Amérique, parfois autrement appelé pays des déglingués, un jeune cinéaste songea : « et si je racontais l’Odyssée, telle qu’un Freud sous kéta, meth et subutex l’aurait imaginée, avec un Ulysse dépressif dopé aux cachetons, que son errance trop longue aurait frustré sexuellement au point d’enfler colossalement ses testicules, et dont le retour au foyer serait une corvée subconsciente, sa mère ayant remplacé Pénélope, une mère araignée, sadique et dévoreuse ? ». Alors, elle est pas belle l’idée ?

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Le Jeune imam

Au cinéma le 26 avril 2023

© Copyright Lyly Films – Srab Films

Kim Chapiron poursuit avec Le Jeune Imam la direction prise par Kourtrajmé (Ladj Ly est d’ailleurs coscénariste du film) dans leur exploration des nouvelles problématiques sociales inhérentes à la vie en banlieue. Chapiron et Ly optent ici pour une approche plus sociologique que spectaculaire contrairement aux précédentes productions du collectif. N’oubliant pas en chemin, voire en exacerbant, le style “Kourtrajmé”.

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Rencontre avec : Emin Alper

© Muhsin Akgün

Après un prix du meilleur premier film il y a une dizaine d’années à la Berlinale et trois longs-métrages depuis, Emin Alper revient avec Burning Days. À travers une intrigue faite de sous-entendus et une esthétique tout en contrastes, l’excellent thriller fait état de la corruption politique en Turquie. Le réalisateur nous en dit un peu plus sur l’origine du film, sur sa structure qui flirte avec les codes du polar, sur ces personnages si ambivalents et sur ce qu’il cherche à dénoncer.

Yaniklar est un village fictif, quels étaient les différents éléments qui devaient constituer ce lieu pour que l’histoire puisse y prendre place ?

Il n’y avait pas tant de choses à inclure. Le plus important pour moi était la sécheresse donc j’ai cherché un lieu particulièrement aride. Ensuite, il a fallu trouver le village. Beaucoup des villages en Anatolie se sont modernisés d’une façon assez laide donc je voulais un endroit qui ait gardé son apparence traditionnelle. Celui que nous avons trouvé était proche de Kayseri dans la Cappadoce. En revanche, les gouffres n’existent que dans la région de Konya donc tous ces plans là ont du être tournés autre part. 

Aviez-vous dès le départ l’envie d’alterner enjeux politiques et codes du thriller ? De brouiller la frontière entre vérité et mensonges, d’éliminer les repères moraux pour les personnages mais aussi pour les spectateurs ? 

En fait, l’idée initiale était de raconter une histoire sur la sécheresse en Turquie. Mon inspiration était la pièce d’Ibsen L’ennemi public. Je voulais mettre en scène un homme dont l’unique intérêt est de servir le peuple mais qui est déclaré l’ennemi du peuple par les politiciens manipulateurs. Après cette intrigue de base, les différentes lignes narratives me sont venues assez naturellement. Mais brouiller les pistes était effectivement une de mes volontés. Dans tous mes films, j’aime créer des lignes de transitions entre rêve et réalité, entre vérité et mensonges. Je veux créer des personnages inquiétants, dont les valeurs morales sont difficile à comprendre.

Beaucoup de vos personnages sont en effet très ambigus, très secrets entre eux mais aussi envers le spectateur. Quand vous écrivez les personnages avez-vous besoin de leur inventer une histoire plus complète ou êtesvous capable de les mettre en scène sans vous-même savoir grand chose d’eux ?

Etant donné que le film est un thriller et un néo-noir, je voulais que les spectateurs soient constamment sollicités, qu’ils ne puissent pas faire confiance facilement à mes personnages. C’est aussi une façon d’exprimer les insécurités, les suspicions et la solitude du personnage d’Emre. Je pense mieux connaître les personnages que les spectateurs mais il y a des détails que je ne clarifie pas, même pour moi lors de l’écriture. Tout simplement car parfois les comportements ne peuvent pas être définis, le personnage pourrait faire ci ou ça, c’est impossible à prévoir. C’est un peu comme dans la vie finalement : même pour vos meilleurs amis ou pour vous, dans certaines circonstances on ne peut pas savoir comment on réagira. Donc je ne suis pas déterministe quand j’écris mes personnages, j’aime laisser béantes certaines failles dans leurs âmes, des failles que personne ne sait comment remplir.

On retrouve de nombreuses scènes de diners dans vos films et, dans Burning Days, c’est une séquence majeure de l’intrigue : que révélez-vous de vos personnages en les filmant manger et boire ?

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Ganache Festival – 4ème séance

La dernière séance de cette première édition fut l’occasion de valoriser le travail de jeunes cinéastes et de célébrer le cinéma, tous ensemble au cœur d’un des cinémas les plus iconiques de Paris. Au programme :

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Loup et Chien

Au cinéma le 12 avril 2023

© Epicentre Films

Loup et Chien est le premier long-métrage de la réalisatrice portugaise Cláudia Varejão, film qui remporta le prix du Jury de la sélection Giornate degli Autori lors de la dernière édition de la Mostra de Venise. Un format carré et une mise en scène épurée font voguer et danser, au rythme des vagues se brisant à l’approche du rivage d’une île açorienne : une œuvre rare, pudique, et pleine de poésie. Des bribes d’histoires agitent le récit et se regroupent, doucement dans l’écume, par les habiles et amusants parallèles que compose le montage.

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Alma Viva

Au cinéma le 12 avril 2023

© Tandem films

Salomé, neuf ans, scrute derrière la porte vitrée de la maison le rituel que sa grand-mère réalise pour accompagner le défunt qui gît à ses pieds. Déjà, les plans enserrent la fillette, dans une buée d’or, qui la fait devenir voyante, enchanteresse. Puis, c’est enroulée dans un rideau qu’elle est appelée par la vieille dame, qui allume avec elle des cigarettes afin d’apaiser le mort, et chante du bout des lèvres des prières. D’emblée s’amorce une cohabitation entre vivants et morts, réalisme et onirisme.

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