Les films-concepts sont souvent séduisants, promesses d’une tension forte et d’une mise en scène capable de réinventer leur point de départ. Loin de cet idéal du genre, Méandre en résume toutes les limites et ferait presque passer Cube (Vincenzo Natali, 1997) pour un chef-d’œuvre.
Figure incontournable du shônen (le manga pour adolescents), l’arrivée sur grand écran de Conan Edogawa ravivera sans doute la nostalgie de bon nombre de grands enfants, déjà impatients de résoudre avec lui sa prochaine enquête. Las, il faudra pour cela passer outre les très nombreuses faiblesses d’un film en retard sur son temps.
Pour venger sa meilleure amie qui s’est donnée la mort après avoir été violée, Cassandra (Carey Mulligan) entreprend de donner une bonne leçon à la gente masculine. Pour ce faire, elle feint d’être considérablement alcoolisée, jusqu’à ce qu’un homme profite de son état. Elle lui révèle alors sa sobriété et l’oblige à se rendre à l’évidence : il s’apprêtait à la violer.
« Si t’avais été acteur dans les années soixante, t’aurais pas arrêté d’enchainer les films ». Jérémie est comédien mais sa carrière ne décolle pas. Il est en couple mais la jalousie le prive de tout bonheur. Une certaine lassitude commence à se faire sentir, sans pour autant être accompagnée d’une quelconque résignation. Révélé au grand public dans la série Dix pour cent, l’acteur Nicolas Maury se transforme en auteur-réalisateur. Son premier film Garçon Chiffon est un roman d’apprentissage filmé, doux et mélancolique.
On avait fini par l’oublier. Celui qui avait signé RoboCopet Total Recalln’était pas américain mais néerlandais. Cela nous est revenu quand l’éternel franc-tireur, plus vraiment en odeur de sainteté à Hollywood qui avait pourtant fait sa gloire, a décidé de revenir dans son pays natal. Un retour plus ou moins forcé mais qui témoigne aussi de sa volonté farouche de rester libre, envers et contre tous. La preuve, en ironie : pour fêter ses retrouvailles avec les Pays-Bas, il signe en 2006 ce film qui raconte une page très sombre et honteuse de l’histoire du pays, à savoir les années d’Occupation. Gonflé, le type. Paul Verhoeven n’a décidément pas froid aux yeux. Il ne s’arrête pas devant l’obstacle, il peut foncer et changer de vie, pourvu que la nouvelle en vaille la peine. C’est un peu la morale de Rachel Stein (Carice van Houten), formidable héroïne, à la fois Mata Hari, justicière et femme fatale.
Mal connu et peu commenté, La Chair et le Sang est un pivot dans l’œuvre de Paul Verhoeven. Les Pays-Bas, où il a réalisé ses premiers films, ne lui permettaient plus de satisfaire ses ambitions de metteur en scène, contrairement aux Etats-Unis qui s’apprêtaient à l’accueillir. Ce film malade du milieu des années 1980 est une transition entre ces deux moments : il vise l’ampleur d’une grande fresque historique située en Europe, issu d’une production américaine, réalisé avec une équipe technique internationale et tourné en Espagne, tandis que sa distribution fait le pont entre les deux continents (Jennifer Jason Leigh et Rutger Hauer sont les protagonistes).
Après RoboCop et Totall Recall, Paul Verhoeven continue sa tournée américaine. Mettant en suspend pendant quelques années les intrigues de science-fiction, il s’attaque au thriller érotique. Et le cinéaste touche juste car, malgré les vives réactions qu’il suscita pour ses scènes sulfureuses, Basic Instinct fut un succès critique et commercial absolument fulgurant.
Si Die Hard, sorti en 1988, est à voir comme les funérailles du héros reaganien, RoboCop, sorti un an avant, fut rétroactivement l’un des premiers clous de son cercueil. Le deuxième film américain de Paul Verhoeven porte déjà la marque d’un regard puissant et aiguisé, celui d’un auteur qui parvient à mêler divertissement hollywoodien et critique de la société capitaliste.
En 1996, les disgracieux Razzie Awards « sacraient » le Hollandais Paul Verhoeven comme Pire Réalisateur pour son film Showgirls, alors échec public et désastre critique. Contre toute attente, le récipiendaire vint en personne récupérer son prix, sourire aux lèvres. Cela en dit long sur le formidable recul d’un électron libre qui aura sciemment parasité le monde formaté d’Hollywood. Aujourd’hui réhabilité, le film s’avère un point culminant dans sa carrière.
Après Call me by your name, Luca Guadagnino continue son exploration des mœurs adolescentes. Dans We are who we are, nous suivons le parcours d’un groupe de jeunes, et plus précisément Fraser et Caitlin dans une base militaire américaine en Italie.