Les Feuilles mortes

Actuellement au cinéma

© Sputnik

Dans Les Feuilles mortes, Aki Kaurismäki livre un film d’une grande tendresse sur les rencontres furtives entre deux personnages en quête de tout et de rien. Deux personnages qui se trouvent mais qui ont du mal à ne pas se perdre…

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Déserts

Festival Cinemed 2024

© Urban Distribution International

Mehdi et Hamid travaillent pour une agence de recouvrement et sillonnent le Maroc en quête de remboursements. Comme Laurel et Hardy mais identiques, le duo se retrouve dans des situations toutes plus décalées les unes que les autres. Film à sketchs délicieusement absurde puis soudain épopée mystique, le film de Faouzi Bensaïdi n’est pas sans surprises.

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La Zone d’intérêt

Actuellement au cinéma

© A24

La question de comment filmer l’horreur de l’Holocauste a souvent divisé le monde du cinéma. En prenant une approche radicalement opposée, Jonathan Glazer décide d’en révéler l’atrocité sans jamais la montrer, sans même que ses personnages se donnent la peine de la penser. Avec un formalisme à la beauté austère, il retrace la vie mondaine que mènent Rudolf et Hedwig Höss, le commandant du camp d’Auschwitz et sa femme.

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The Sweet East

Actuellement au cinéma

© The Match Factory

Dans The Sweet East, Sean Price Williams nous promène dans une Amérique découpée en différentes idéologies : de punks à islamistes, en passant par néo-nazis et avant-gardistes. Lillian, jeune adolescente désœuvrée, est notre guide à travers ces groupuscules qu’elle intègre, toujours avec un détachement adolescent aussi touchant que frustrant. 

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Le Paradis

Au cinéma le 10 mai 2023

© Rezo Films

Dans Le Paradis, Zeno Graton met en scène les tribulations d’un désir, puis d’un amour, naissant entre deux jeunes en centre de correction. Pourtant, désir ou amour ? Difficile à dire : la relation entre Joe et William semble être la première, l’unique, la dernière et donc tout et rien contenir, tout et rien signifier à la fois. Mais c’est aussi par ce manque de spécificité que pèche le film. Le jeune érotisme homosexuel et la romance de prison étant tous deux des thèmes particulièrement présents sur grand et petit écran. Si le film ne fait qu’emprunter des sentiers battus la majorité du temps, il s’offre un sursaut de poésie à mi-chemin. 

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Rencontre avec : Emin Alper

© Muhsin Akgün

Après un prix du meilleur premier film il y a une dizaine d’années à la Berlinale et trois longs-métrages depuis, Emin Alper revient avec Burning Days. À travers une intrigue faite de sous-entendus et une esthétique tout en contrastes, l’excellent thriller fait état de la corruption politique en Turquie. Le réalisateur nous en dit un peu plus sur l’origine du film, sur sa structure qui flirte avec les codes du polar, sur ces personnages si ambivalents et sur ce qu’il cherche à dénoncer.

Yaniklar est un village fictif, quels étaient les différents éléments qui devaient constituer ce lieu pour que l’histoire puisse y prendre place ?

Il n’y avait pas tant de choses à inclure. Le plus important pour moi était la sécheresse donc j’ai cherché un lieu particulièrement aride. Ensuite, il a fallu trouver le village. Beaucoup des villages en Anatolie se sont modernisés d’une façon assez laide donc je voulais un endroit qui ait gardé son apparence traditionnelle. Celui que nous avons trouvé était proche de Kayseri dans la Cappadoce. En revanche, les gouffres n’existent que dans la région de Konya donc tous ces plans là ont du être tournés autre part. 

Aviez-vous dès le départ l’envie d’alterner enjeux politiques et codes du thriller ? De brouiller la frontière entre vérité et mensonges, d’éliminer les repères moraux pour les personnages mais aussi pour les spectateurs ? 

En fait, l’idée initiale était de raconter une histoire sur la sécheresse en Turquie. Mon inspiration était la pièce d’Ibsen L’ennemi public. Je voulais mettre en scène un homme dont l’unique intérêt est de servir le peuple mais qui est déclaré l’ennemi du peuple par les politiciens manipulateurs. Après cette intrigue de base, les différentes lignes narratives me sont venues assez naturellement. Mais brouiller les pistes était effectivement une de mes volontés. Dans tous mes films, j’aime créer des lignes de transitions entre rêve et réalité, entre vérité et mensonges. Je veux créer des personnages inquiétants, dont les valeurs morales sont difficile à comprendre.

Beaucoup de vos personnages sont en effet très ambigus, très secrets entre eux mais aussi envers le spectateur. Quand vous écrivez les personnages avez-vous besoin de leur inventer une histoire plus complète ou êtesvous capable de les mettre en scène sans vous-même savoir grand chose d’eux ?

Etant donné que le film est un thriller et un néo-noir, je voulais que les spectateurs soient constamment sollicités, qu’ils ne puissent pas faire confiance facilement à mes personnages. C’est aussi une façon d’exprimer les insécurités, les suspicions et la solitude du personnage d’Emre. Je pense mieux connaître les personnages que les spectateurs mais il y a des détails que je ne clarifie pas, même pour moi lors de l’écriture. Tout simplement car parfois les comportements ne peuvent pas être définis, le personnage pourrait faire ci ou ça, c’est impossible à prévoir. C’est un peu comme dans la vie finalement : même pour vos meilleurs amis ou pour vous, dans certaines circonstances on ne peut pas savoir comment on réagira. Donc je ne suis pas déterministe quand j’écris mes personnages, j’aime laisser béantes certaines failles dans leurs âmes, des failles que personne ne sait comment remplir.

On retrouve de nombreuses scènes de diners dans vos films et, dans Burning Days, c’est une séquence majeure de l’intrigue : que révélez-vous de vos personnages en les filmant manger et boire ?

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Burning Days

Au cinéma le 26 avril 2023

© Memento Distribution

Emre arrive dans le petit village de Yaniklar avec une vision de la justice bien différente de celle des locaux. Quand ces derniers lui font des avances en espérant pouvoir le manipuler, Emre défend ardemment son intégrité. Pourtant, une nuit chaude et moite, lors d’un repas bien arrosé, elle sera irrévocablement remise en question. 

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A Streetcar named desire

Phoenix Theatre

© Marc Brenner

Coup de génie promotionnel pour Rebecca Frecknall qui offre le rôle de Stanley Kowalski à Paul Mescal, quelques semaines avant que celui-ci soit nommé aux Oscars. La pièce débute à guichets fermés et se termine par une file de spectateurs devant l’entrée des artistes, désireux d’échanger quelques mots avec l’acteur d’Aftersun. La foule est au rendez-vous, le buzz est assuré et la pièce obtient facilement ses prolongations dans le West End Londonien. 

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La mort de Danton

Comédie-Française

© Christophe Raynaud de Lage

Danton et Robespierre font la révolution différemment. Alors que le premier encourage les débats et la modération, le second prone le soulèvement et la terreur. Simon Delétang met en scène à la Comédie-Française la pièce de Büchner sur un révolutionnaire hanté par ses actions, en quête de repos.

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Eternal Daughter

Au cinéma le 22 mars 2023

© Condor Films

Dans Eternal Daughter, Joanna Hogg met en scène Lucie, et sa mère Rosalind, qui se rendent dans l’ancienne maison de cette dernière. Rosalind y fêtera son anniversaire et Lucie tentera d’y travailler sur un nouveau film, ayant pour sujet sa mère. Dans cette étrange demeure, les ombres précèdent constamment les personnages. Dédoublement du corps, fracture identitaire et, surtout, dualité entre réalité physique et projection mentale.

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